Longtemps présenté comme l’un des projets les plus structurants pour l’économie béninoise, le Port Sec de Parakou est désormais une réalité opérationnelle. Le mardi 23 juin 2026, les premières opérations de chargement de conteneurs ont officiellement marqué le lancement des activités de cette infrastructure stratégique appelée à transformer durablement les échanges commerciaux entre le Port de Cotonou et les pays de l’hinterland ouest-africain.

Pendant plusieurs années, le Port Sec de Parakou a alimenté les débats économiques, suscité les attentes et nourri les espoirs des acteurs du commerce régional. Dix ans après sa réalisation, cette infrastructure portée par le Groupe Petrolin de Samuel Dossou-Aworet quitte définitivement le stade des promesses pour entrer dans celui des opérations concrètes. Le lancement effectif des activités symbolise l’aboutissement d’une vision ambitieuse : faire de Parakou une plateforme logistique majeure reliant le littoral béninois aux marchés du Niger, du Burkina Faso, du Nigeria et, plus largement, de l’Afrique de l’Ouest intérieure.

La société Atral, spécialisée dans le transport et la manutention, est devenue le premier opérateur à utiliser officiellement la plateforme. Pour le compte de la Société pour le Développement du Coton (SODECO), elle a procédé au chargement des premiers conteneurs destinés au Port autonome de Cotonou.

Pour Rodrigue Alia, directeur du Port Sec de Parakou, cette première opération marque le début d’une nouvelle dynamique économique. « Nous avons effectivement lancé les opérations du Port Sec de Parakou à travers une première exportation de coton assurée par notre manutentionnaire Atral pour le compte de SODECO. Les opérations d’empotage et de chargement des premiers conteneurs à destination du Port de Cotonou se déroulent dans d’excellentes conditions », a-t-il indiqué.

Conçu pour décongestionner le Port de Cotonou et rapprocher les services logistiques des opérateurs économiques du Nord-Bénin, le Port Sec de Parakou ambitionne également de renforcer la compétitivité du corridor béninois face aux autres plateformes de la sous-région. Après plusieurs années marquées par des démarches administratives et réglementaires, toutes les conditions sont aujourd’hui réunies pour permettre le fonctionnement effectif de l’infrastructure.

Les espaces de stockage, les équipements de manutention et les procédures opérationnelles sont désormais prêts à accueillir des flux commerciaux de grande envergure. Les premiers utilisateurs se montrent déjà satisfaits des conditions offertes par le site. Présent lors du lancement, Saturnin Sokpo, gestionnaire de stock d’Atral, a salué la qualité de l’accompagnement assuré par les équipes du Port Sec.

« Dans l’ensemble, tout se déroule dans de très bonnes conditions. J’invite les opérateurs économiques du Bénin à faire confiance au Port Sec de Parakou. Grâce à la disponibilité des équipes dirigeantes et à la qualité de l’accompagnement sur le terrain, les opérations se déroulent sans contraintes majeures », a-t-il affirmé.

Ces premiers retours positifs renforcent la crédibilité de la plateforme auprès des futurs utilisateurs. Pour les responsables du Port Sec, l’ambition dépasse largement le cadre national. La plateforme est désormais ouverte aux opérations d’importation et d’exportation en provenance ou à destination de l’Asie, de l’Europe, des Amériques ainsi que des pays de l’hinterland. Selon Rodrigue Alia, les infrastructures disponibles permettent déjà de répondre aux exigences du commerce international moderne.

Le Port Sec de Parakou entend ainsi devenir une porte d’entrée privilégiée pour les marchandises destinées au nord du Nigeria, au Niger et au Burkina Faso, tout en facilitant l’exportation des produits béninois vers les marchés internationaux. Au-delà des conteneurs et des statistiques, le démarrage des activités du Port Sec représente un tournant pour le développement territorial du Nord-Bénin.

Cette infrastructure est appelée à générer de nouvelles opportunités économiques, attirer des investissements, stimuler les activités de transport, de stockage et de commerce, tout en renforçant l’attractivité de Parakou comme pôle économique régional.

Fayçal DRAMANE

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