Lors de la Conférence Green Cities 2026 de la BERD à Londres, le Maire de Cotonou a martelé ce message avec force devant les décideurs mondiaux. Pour lui, le véritable défi d’une ville comme Cotonou n’est pas de croître, mais de continuer à croître sans pour autant accroître ses vulnérabilités.

Pendant longtemps, le récit dominant du développement urbain, particulièrement dans les métropoles africaines en pleine expansion, a été celui d’une opposition frontale. D’un côté, la nécessité impérieuse de bâtir, de produire, de loger et de créer de la richesse. De l’autre, la contrainte environnementale, perçue comme un frein, un coût additionnel ou une limite à la croissance. Cette vision dualiste est aujourd’hui obsolète. À Cotonou, une nouvelle philosophie émerge, portée par une conviction profonde : la résilience ne constitue pas le contraire du développement, elle en est la condition sine qua non.

Lors de la Conférence Green Cities 2026 de la BERD à Londres, le Maire de Cotonou a martelé ce message avec force devant les décideurs mondiaux. Pour lui, le véritable défi d’une ville comme Cotonou n’est pas de croître – car la dynamique est déjà là, portée par une ambition et une population vibrante. Le défi est de continuer à croître sans pour autant accroître les vulnérabilités. « Le défi est de continuer à croître sans accroître les vulnérabilités », résume-t-il, posant ainsi les jalons d’un nouveau modèle de gouvernance urbaine.

En effet, bâtir sans anticiper les chocs climatiques, c’est condamner l’investissement de demain à la destruction. À quoi sert de construire des infrastructures de transport ou des quartiers résidentiels si, à la moindre montée des eaux ou aux premières inondations, l’économie est paralysée ? Cotonou a choisi de rompre avec cette logique. En réconciliant la ville avec ses éléments naturels – l’océan, la lagune et le lac Nokoué – la municipalité transforme ce qui était autrefois perçu comme un risque en un levier de prospérité.

« Plutôt que de tourner le dos à l’eau, nous voulons faire de l’eau une trajectoire de croissance, de résilience et de transformation urbaine », affirmait le Maire à Londres. Cette approche, qui s’inscrit au cœur de l’agenda « Cotonou 2026–2033 : Changer d’échelle », consiste à intégrer des solutions fondées sur la nature, comme la restauration des zones humides et la protection des corridors écologiques, directement dans le plan de développement de la ville.

Toutefois, cette transition ne peut reposer uniquement sur des infrastructures physiques. Elle exige une révolution dans la manière même de gérer la cité. C’est ici que le Maire introduit un concept fondamental : « La gouvernance est l’infrastructure derrière toutes les autres infrastructures. » Pour que la résilience devienne un moteur de développement, il faut une administration performante, pilotée par la donnée, axée sur les résultats et capable de redevabilité. C’est en structurant cette rigueur institutionnelle que la ville se donne les moyens de ses ambitions pour l’horizon 2030, année de son bicentenaire.

En somme, Cotonou se positionne aujourd’hui comme un véritable laboratoire africain. La ville prouve qu’il est possible, et même nécessaire, de réconcilier l’urgence économique avec la durabilité environnementale. Loin d’être un frein, la résilience est ce qui donne au développement sa pérennité et sa valeur. En apprenant à prospérer avec l’eau plutôt qu’en la subissant, Cotonou trace une voie nouvelle, celle d’une métropole africaine qui ne se contente pas de survivre, mais qui invente son futur.

M.M

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