L’amour unit les cœurs, mais lorsqu’il ignore certaines réalités biologiques, il peut parfois exposer des familles à de lourdes conséquences. Au Bénin comme dans plusieurs pays africains, la drépanocytose demeure l’une des maladies génétiques les plus fréquentes et continue d’affecter de nombreuses familles, souvent faute d’information ou de dépistage préalable.

Maladie héréditaire du sang, la drépanocytose se transmet des parents aux enfants. Elle survient lorsque deux personnes porteuses du gène drépanocytaire, généralement sans symptômes apparents, conçoivent un enfant. Beaucoup découvrent leur statut seulement après la naissance d’un enfant malade, alors qu’un simple test aurait pu les renseigner bien avant.

Les personnes atteintes vivent avec des crises douloureuses récurrentes, une fatigue chronique, des épisodes d’anémie sévère et une plus grande vulnérabilité aux infections. Pour les familles, la maladie représente un défi permanent. Entre les consultations médicales, les hospitalisations parfois répétées et les précautions quotidiennes à respecter, la drépanocytose impose un lourd fardeau physique, psychologique et financier.

La génétique est pourtant sans équivoque. Lorsque deux porteurs sains de statut AS s’unissent, chaque grossesse comporte 25 % de risque de donner naissance à un enfant drépanocytaire de statut SS. À l’inverse, connaître son statut avant de s’engager dans une relation permet aux couples de prendre des décisions éclairées pour l’avenir de leur foyer.

Face à cet enjeu de santé publique, les campagnes de sensibilisation se multiplient. Associations, professionnels de santé et autorités sanitaires encouragent les jeunes à réaliser une électrophorèse de l’hémoglobine avant le mariage ou la vie de couple. Ce dépistage simple permet de connaître son profil génétique et d’anticiper les risques de transmission.

Si la drépanocytose reste aujourd’hui incurable, une prise en charge précoce améliore considérablement l’espérance et la qualité de vie des patients. Mais la meilleure arme demeure encore la prévention. Dans la lutte contre cette maladie silencieuse, l’information et le dépistage constituent des gestes d’amour tout aussi importants que les promesses échangées entre deux êtres.

Car lorsqu’il s’agit de drépanocytose, aimer ne suffit pas toujours : il faut aussi savoir.

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE

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