Africa Corps met le Mali en difficulté

Après les attaques coordonnées du JNIM et du FLA le 25 avril dernier, L’armée malienne et ses partenaires russes de l’Africa Corps ont fait recours à des armes prohibées pour se défendre. Selon plusieurs sources, ils ont fait usage des bombes à sous-munitions pourtant interdites par le traité d’Oslo ratifié par le Mali.

Les images recueillies sur le terrain permettent d’identifier une bombe RBK-500-2.5 et des sous-munitions ShOAB-0.5. Il s’agit de modèles de fabrication russe récemment utilisés en Ukraine ou en Syrie. Selon les démineurs du site spécialisé Cat-Uxo, la bombe principale libère 565 sous-munitions qui se dispersent ensuite sur de vastes étendues autour de la cible visée, et n’explosent pas toutes au sol. Elles constituent dès lors une menace de long terme pour les populations.

Dans un communiqué en date du 19 mai, les indépendantistes du FLA (Front de libération de l’Azawad) avaient dénoncé l’utilisation de cet armement et affirmé avoir « collecté des restes de ces munitions non explosées » pour en conserver des preuves. Selon le Collectif pour la défense des droits des peuples de l’Azawad, ces armes ont été employées à deux reprises ces dernières semaines en mai dans la région de Tombouctou et dans celle de Kidal, bastion touareg. « L’objectif est de faire le maximum de victimes, parce que ces bombes explosent sur une vaste zone, analyse Tilla Ag Zeini. C’est la politique de la terre brûlée pour terroriser les populations civiles. »

L’origine de ces armes a été retracée dans une enquête de Jeune Afrique(Nouvelle fenêtre) menée avec le média d’investigation Bellingcat et à laquelle a participé le journaliste Matteo Maillard. « Nous avons obtenu des dizaines de photos et vidéos qui montraient des marquages assez typiques des bombes soviétiques de l’époque, raconte-t-il. Il y avait la ville de fabrication de la bombe, Dzerjinsk à l’est de Moscou, et le numéro 81 qui est l’année de fabrication, il y a plus de quarante ans. On voit qu’ils font les fonds de caisse, si l’on peut dire. »

Gros risque pour le Mali

L’usage de ces armes met plus le Mali en difficulté. Interdites par le traité d’Oslo depuis 2008, les armes à sous munitions ont de graves conséquences sur la l’environnement et les populations. Leurs usages exposent le Mai à de graves sanctions internationales dans le futur puisque le Mali, contrairement à la Russie, a ratifié ce traité. Œuvre d’Africa Corps, l’usage de ces armes prouve à suffisance jusqu’où peut aller le groupe paramilitaire russe en commettant des crimes de guerre qui seront préjudiciables au Mali dans le futur. 

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