Participants et bénéficiaires exposés à des poursuites
Le Centre national d’investigations numériques (Cnin) alerte sur la multiplication des plateformes d’investissement frauduleuses qui séduisent de nombreuses victimes à travers l’Afrique. Derrière des promesses de gains rapides et de rendements élevés se cachent des réseaux structurés qui finissent, dans la plupart des cas, par disparaître avec les fonds collectés.
Ces systèmes prennent diverses formes : multiplication d’argent en un temps record, investissements à rendement garanti, placements en cryptomonnaies, revenus passifs supposés sans risque, activités rémunérées en ligne, ou encore mécanismes de parrainage où les gains dépendent du recrutement de nouveaux membres.
Selon des informations rapportées par Banouto, invité de l’émission Le Regard Africain, Ouanilo Médégan Fagla, du Cnin, a mis en lumière ces pratiques et leurs mécanismes lors de son intervention. Il explique que les véritables organisateurs de ces réseaux opèrent souvent à distance ou depuis l’étranger. Dans de nombreux cas, ils quittent le pays avant que l’arnaque ne soit révélée, rendant leur interpellation difficile au moment de l’éclatement de l’affaire.
Cependant, l’institution insiste sur un point crucial : les conséquences judiciaires ne concernent pas uniquement les cerveaux de ces opérations. Toutes les personnes impliquées dans le fonctionnement du système peuvent être concernées, notamment les recruteurs de nouveaux membres, les gestionnaires de groupes de promotion sur les réseaux sociaux, les personnes qui utilisent leurs comptes bancaires ou portefeuilles mobiles pour recevoir et transférer les fonds, ainsi que celles qui perçoivent des commissions ou bénéficient directement du système.
Autrement dit, même les participants qui pensent simplement « profiter d’une opportunité » peuvent être exposés à des poursuites s’ils contribuent au fonctionnement ou à la diffusion du réseau frauduleux. « Si les véritables organisateurs parviennent souvent à quitter le pays avant l’éclatement de l’affaire, les personnes impliquées dans le dispositif, qu’elles soient recruteurs, intermédiaires financiers ou bénéficiaires des fonds, restent exposées aux poursuites », rappelle le Cnin. L’institution souligne ainsi que la fuite des principaux responsables ne met pas fin aux enquêtes. Les autorités peuvent remonter les flux financiers, identifier les comptes utilisés et établir les responsabilités de chaque acteur impliqué.
Face à cette menace, le Cnin appelle les populations à la vigilance et recommande de ne jamais prêter son compte bancaire ou son portefeuille mobile pour des opérations douteuses, de se méfier des promesses d’enrichissement rapide et de vérifier la légalité de toute plateforme avant d’y investir. L’organisme encourage enfin les citoyens à signaler toute activité suspecte afin de contribuer à la lutte contre les escroqueries numériques en pleine expansion.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE
