Tous les quatre ans, la Coupe du monde de football rassemble des milliards de passionnés à travers le monde.  Tous les 4 ans, sur un continent et les terres d’une nation, s’affrontent les meilleures sélections de football pour une probable consécration au titre de champion du monde. Après la précédente édition de 2022 qui  s’est soldée par une victoire de l’Argentine face à la France, l’édition de 2026 co-organisée par les Etats-Unis d’Amérique, le Mexique et le Canada débute déjà avec une multitude de questionnements au point de se demander si elle ne serait pas un probable fiasco à venir.

Coupe du monde 2026 : une compétition rattrapée par les tensions géopolitiques

Le sport a souvent été utilisé comme un instrument d’influence politique et diplomatique. La Coupe du monde 2026 n’échappe pas à cette réalité. Organisée en grande partie sur le territoire américain, la compétition se déroule dans un contexte international particulièrement tendu.

En quelques mois, les Etats-Unis ont renforcé leurs politiques migratoires. Malheureusement, le sport n’a pas été épargné par ces nouvelles réformes, au point d’en être une victime collatérale. En effet, le durcissement des politiques migratoires risque d’entrainer la non-autorisation des ressortissants de certaines nations comme la Cote d’ivoire ou l’Haïti à se rendre aux Etats-Unis pour supporter leurs équipes. Autre que les supporters, ces politiques touchent également des secteurs clés de ces compétitions telles que l’arbitrage. A moins de quelques heures du début de la compétition, Omar Artan, le ‘’meilleur’’ arbitre de la confédération africaine de football s’est vu refuser le droit d’entrée sur le sol américain car il était ressortissant d’une nation dite ‘’ blacklistée ‘’ par les Etats-Unis.

Outre les arbitres et les supporters, ces politiques frappent également des sélections de football participantes à la compétition à savoir l’Iran. 

En effet, en raison des conflits actuels au Moyen-Orient, les joueurs iraniens se sont vus refuser l’accès d’entrée sur le sol américain et seront obligés de  rester au Mexique, d’où ils prendront le départ pour jouer chaque match aux Etats-Unis. Ces derniers devront immédiatement remonter dans un avion pour le Mexique à la fin de chaque match.

En ce qui concerne l’Irak, L’attaquant star Aymen Hussein a été retenu et interrogé pendant près de 7 heures à l’aéroport de Chicago, avant d’être finalement autorisé à entrer sur le territoire Etats-Uniens. Le photographe officiel de la délégation irakienne a été retenu plus de 10 heures avant d’être expulsé par la douane américaine. 

Ainsi, bien avant le premier coup de sifflet, la Coupe du monde 2026 apparaît déjà comme un événement fortement influencé par les enjeux géopolitiques contemporains.

Une organisation en proie aux critiques

Entre d’incessantes grèves aux alentours du stade Aztequa au Mexique, une levée de fonds de plusieurs milliards de dollars par le Canada et des problèmes d’emplacement des camps de base des sélections suisse et anglaise aux Etats-Unis ; ce mondial a à peine débuté que l’on se demande si l’organisation sera à la hauteur des attentes.  

De plus, ce format faisant participer 48 équipes ne fait pas énormément rêver les ‘’footeux’’. En effet, entre des affiches à allures de match ennuyeux telle que Equateur-Curaçao, RDC-Ouzbékistan  et des horaires pas très favorables à énormément de monde, beaucoup d’évènements de ce mondial risquent de susciter très peu d’intérêt. 

Le spectacle sportif comme principale raison d’espérer

Bien qu’il soit sujet de beaucoup de critiques, ce mondial cache en effet une saveur particulière pour deux belles raisons.

Premièrement, elle constitue tout comme le mondial de 2006, un passage de flambeau entre l’ancienne génération de joueurs et la nouvelle génération de joueurs. 2006 fut l’année de la dernière coupe du monde pour des légendes du football comme Zidane, Cafu, Figo, Oliver Khan, Ronaldo Nazario, Pauleta, Juninho, Riquelme etc. Elle fut le passage de flambeau à une nouvelle génération de joueurs talentueux comme Cristiano Ronaldo, Lionel Messi,Van Persie, Wayne Rooney… 

Cette compétition pourrait symboliser un véritable passage de témoin entre deux générations. Depuis près de vingt ans, le football mondial a été dominé par des figures emblématiques telles que Cristiano Ronaldo, Lionel Messi, Luka Modrić ou encore Neymar. Même si certains d’entre eux sont encore en activité, le Mondial 2026 pourrait marquer leur dernière apparition sur la scène mondiale.

Parallèlement, une nouvelle génération de talents s’impose progressivement au plus haut niveau. Des joueurs comme Lamine Yamal, Désiré Doué, Vitinha, Jude Bellingham ou encore Jamal Musiala incarnent déjà l’avenir du football international. Cette transition générationnelle pourrait offrir l’un des récits les plus marquants du tournoi.

Deuxièmement, ce mondial risque de nous offrir d’incroyable parcours de rêve de certaines équipes. En effet, ce nouveau format à 48 équipes offrant l’élargissement du nombre de place qualificative permettra  de voir de petits poucets tels que le Curaçao, le Cabo-verde ou l’Ouzbékistan nous offrir des surprises en se frayant un chemin vers les phases à élimination directe de la compétition. On aurait peut-être aussi la chance de voir certains favoris se casser les dents face à des puissances montantes du football telles que le Sénégal, le Japon ou le Maroc qui a été l’auteur d’un remarquable parcours en 2022.

Cette coupe du monde offre de nouvelles perspectives et nous réserve beaucoup de surprise.

La Coupe du monde 2026 s’annonce comme l’une des éditions les plus controversées de l’histoire récente du football. Entre tensions géopolitiques, défis organisationnels, critiques du nouveau format et interrogations logistiques, les sujets de débat ne manquent pas.

Cependant, ces incertitudes ne doivent pas faire oublier l’essentiel : le spectacle sportif. L’émergence de nouvelles nations, le renouvellement générationnel et l’imprévisibilité propre à la Coupe du monde pourraient transformer cette édition en un événement historique.

Fiasco annoncé ou réussite inattendue ? La réponse appartiendra au terrain. Une chose est certaine : le Mondial 2026 ne laissera personne indifférent.

Olabissi NOUDEKE

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