A Kpomassè, l’autorité communale a pris un arrêté interdisant toutes manifestations liées au culte Egoun-goun, Zangbéto, Abikou et assimilées jusqu’à fin septembre. A Glazoué, toute sortie d’Egoun-goun, non autorisée, expose les organisateurs à une amende de 100 000 FCFA. Ici et là, l’idée, c’est avoir le contrôle sur les spectacles des cultes endogènes avec leur corollaire.
Ce n’est pas tant les cultes qui posent problème, mais le fait que les organisateurs ont recours à des personnes qui empêchent la pluie de tomber en pleine manifestation. Quand on sait que certaines manifestations Egoun-goun, Abikou et autres durent trois à 5 jours, d’une maison à une autre, en saison pluvieuse, il y a matière à interdire. Le drame, ce n’est pas que les organisateurs de spectacles grand public de cultes endogènes qui font recours aux empêcheurs de pluie. Même pour une simple cérémonie d’inhumation, on empêche la pluie de tomber. Au Bénin, la chose est devenue un réflexe. Si une manifestation se profile, il y a toujours quelqu’un pour demander si le facteur pluie a été pris en compte. De sorte que les empêcheurs de pluie sont légion dans les cérémonies dans les villes et villages du sud Bénin. Conséquence, au climat déjà perturbé par le réchauffement, s’ajoute une saison pluvieuse qui ne vient pas à temps et comme il faut. Les récoltes en souffrent, la faim menace. Les autorités locales devraient-elles rester inactives face à un tel risque ? Par un décret d’interdiction, Kpomassè a donné le ton. Mais jusqu’où ? Arrivera-t-on à légiférer sur une pratique endogène, très répandue ?
Bertrand HOUANHO






