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Idrissou Bako: « Le Bénin a besoin aujourd’hui de compétence, d’expérience et de dépassement politique »

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Ex-député à l’Assemblée nationale et figure influente des FCBE dans le Septentrion, Idrissou Bako revient dans cet entretien sur son parcours, les leçons des épreuves politiques, la jeunesse, l’avenir du Nord-Bénin et sa vision de la gouvernance. Sans renier son identité politique, il affiche un discours d’ouverture, de responsabilité et de continuité républicaine.

Monsieur le député, beaucoup vous décrivent aujourd’hui comme l’un des cadres politiques les plus résilients du Nord-Bénin. Quel regard portez-vous sur votre parcours ?  

Je rends grâce à Allah avant tout. Mon parcours est celui d’un homme qui s’est construit dans le travail, sur le terrain et dans les difficultés. Avant d’être directeur général de la SONAPRA, j’ai été coordonnateur national du Projet Racines et Tubercules, puis du Projet de développement agricole des communes. J’ai sillonné le pays profond, travaillé avec les producteurs, les jeunes et les élus locaux.

La politique est venue après, naturellement. J’ai connu des moments de succès, mais aussi des épreuves importantes. Ces expériences m’ont forgé. Aujourd’hui, je suis plus mature, plus patient et plus conscient des responsabilités qu’implique la gestion publique.

Malgré un contexte difficile pour les FCBE, vous avez obtenu près de 15 500 voix aux dernières législatives dans la 1ʳᵉ circonscription électorale. Comment expliquez-vous cette performance ?  

C’est avant tout une victoire de la proximité avec les populations. Beaucoup pensaient que nous étions finis politiquement. Pourtant, face à de grandes figures politiques, aux partis de la mouvance, aux maires en exercice, au préfet et à plusieurs députés, nous avons réussi à maintenir une base solide.

Cela montre qu’au-delà des moyens financiers, les populations restent sensibles à la sincérité, au travail de terrain et à la fidélité. La jeunesse, notamment, continue de nous faire confiance.

Je considère cela comme un encouragement à poursuivre le combat politique avec humilité.

Vous êtes souvent présenté comme un mentor pour de nombreux jeunes cadres du ministère de l’Agriculture et du Dendi Ganda…

Je suis très attaché à la jeunesse parce que moi-même, j’ai émergé dans un environnement où certains aînés ne croyaient pas en nous. J’ai souvent dit : « J’ai émergé au milieu des aînés qui m’ont isolé et minimisé. Je n’avais d’autre choix que de travailler avec des jeunes comme moi. »

Quand Dieu vous élève, vous avez le devoir de tendre la main aux autres. Si aujourd’hui certains jeunes cadres reconnaissent que j’ai contribué à leur parcours, j’en suis heureux.

Le développement du Bénin passera forcément par une nouvelle génération de responsables compétents et préparés.

Quel regard portez-vous sur la gouvernance du président Patrice Talon et la gestion économique portée par Romuald Wadagni ?  

Il faut savoir être objectif en politique. Le Bénin a connu des transformations importantes ces dernières années, notamment en matière d’infrastructures, d’assainissement des finances publiques et de modernisation de l’administration.

Le ministre d’État Romuald Wadagni a également apporté une certaine rigueur dans la gestion économique et financière. Les résultats macroéconomiques du pays sont souvent salués au niveau international.

Maintenant, tout n’est pas parfait. Il reste des défis sociaux importants : emploi des jeunes, pouvoir d’achat, inclusion économique. Mais je crois que le pays a besoin aujourd’hui d’un climat d’apaisement et de rassemblement autour de l’essentiel.

Certains vous voient déjà comme un acteur important d’une éventuelle recomposition politique autour de la continuité. Que leur répondez-vous ?  

Je reste un homme politique responsable. Les FCBE sont un parti structuré, avec ses instances et ses orientations. Mais au-delà des partis, il faut penser au Bénin.

Notre pays a besoin de stabilité, de paix et de continuité dans les réformes utiles au développement. Les querelles permanentes n’apportent rien aux populations.

Je crois au dialogue, au dépassement des clivages et à la construction de consensus républicains.

Pensez-vous que la jeunesse du Nord-Bénin attend aujourd’hui une nouvelle génération de leadership ?  

Oui, clairement. Les jeunes veulent aujourd’hui :

– plus d’écoute ;

– plus d’opportunités ;

– plus de proximité ;

– plus de résultats concrets.

Ils veulent aussi des responsables accessibles, qui comprennent leurs réalités quotidiennes.

Le Nord-Bénin possède énormément de talents. Il faut investir davantage dans :

– l’agriculture moderne ;

– l’entrepreneuriat ;

– la formation technique ;

– les infrastructures ;

– la sécurité.

La jeunesse du Dendi Ganda mérite d’être accompagnée avec sérieux et respect.

Quel homme politique êtes-vous devenu après toutes ces années ?  

Je suis devenu un homme plus serein. La politique vous apprend beaucoup : la patience, l’humilité et parfois le silence.

Aujourd’hui, je crois davantage à la stratégie, à la construction progressive et au dialogue. L’essentiel pour moi reste de servir utilement mon pays et ma région, sans haine ni revanche.

Votre dernier mot ?  

Je veux remercier toutes les populations qui continuent de nous faire confiance malgré les difficultés. Je veux surtout dire à la jeunesse de ne jamais abandonner.

Les épreuves ne doivent pas décourager. Elles doivent renforcer. Avec le travail, la foi et la persévérance, rien n’est impossible.

Propos recueillis par Martial

 Alberique HOUNDJO

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