Les autorités communales de Kpomassè et Glazoué ont récemment pris des mesures inédites visant à encadrer les manifestations liées aux cultes traditionnels Egoun-goun, Zangbéto et assimilés. Deux décisions différentes dans leurs motivations, mais qui suscitent déjà de nombreuses réactions au sein des populations et des dignitaires traditionnels.
À Kpomassè, le maire Kénam Mensah a signé un arrêté communal suspendant jusqu’à fin septembre toutes les manifestations, parades et spectacles liés aux cultes Egoun-goun, Zangbéto, Abikou et autres pratiques assimilées. Selon l’autorité communale, certaines pratiques mystiques seraient susceptibles d’empêcher les précipitations en cette période cruciale pour les activités agricoles.
La mairie justifie cette mesure par la nécessité de préserver la saison des pluies et de protéger les récoltes des agriculteurs. L’arrêté avertit également que toute personne se présentant comme « spécialiste de la pluie » et prise en flagrant délit de pratiques visant à empêcher les pluies sera traduite devant la justice. Cette décision, qualifiée d’inhabituelle par plusieurs observateurs, alimente déjà les débats entre défenseurs des traditions ancestrales et partisans d’une gestion prioritaire des enjeux agricoles.
Dans la commune de Glazoué, la démarche adoptée est différente. Ici, il ne s’agit pas d’une interdiction, mais plutôt d’un encadrement administratif des sorties d’Egoun-goun. Lors d’une rencontre tenue avec les chefs de couvents, le Chef de l’arrondissement central, Eugène Obossa, a annoncé l’instauration d’une autorisation préalable fixée à 20 000 F Cfa par jour pour chaque sortie. Toute manifestation non autorisée exposera désormais les organisateurs à une amende de 100 000 F Cfa par jour d’infraction.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE






