« Whispers of traditions » ou « Murmures des traditions », c’est le titre de l’exposition collective des artistes Midegbeyan Ojisua du Nigéria et Leonel Zadji du Bénin à l’Espace Culturel Le Centre. Le vernissage a eu lieu, vendredi 15 mai 2026, en présence d’autorités, amoureux de l’art et usagers de l’Espace Culturel Le Centre.

Après 6 semaines de résidence de créations à l’Espace Culturel Le Centre, les artistes nigérian Midegbeyan Ojisua et béninois Leonel Zadji exposent leurs œuvres au public. « Whispers of traditions » ou « Murmures des traditions » est le titre de cette exposition collective à visiter à l’Espace Culturel Le Centre jusqu’au 30 août 2026.
Artiste peintre nigérian, Midegbeyan Ojisua fait une peinture figurative avec des regards frontaux ou silencieux en filigrane. Ses portraits interrogent le corps, archive vivante porteur d’histoires et d’émotions. Dans « Whispers of traditions », Midegbeyan Ojisua aborde, les aspects négligés de la culture, entre autres, les scarifications et les rites. Il a exposé cinq œuvres, compte tenu du délai court, par rapport à son rythme de création. « Mes pièces parlent beaucoup plus de l’impact émotionnel que la négligence de certains aspects de la culture a sur nous en tant qu’Africains, l’impact émotionnel de voir une partie de notre culture disparaître. Et à travers ces pièces, je voudrais que toutes les personnes qui viennent visiter puissent se rendre compte de cette disparition-là et essayer de réintégrer cette partie-là de la culture dans leur quotidien » a laissé entendre Midegbeyan Ojisua. A ses dires, tout aujourd’hui est plus tourné vers le tourisme, alors que la culture doit être plus que ça.
Son binôme, le béninois Leonel Zadji fait de la peinture sous-verre, mêlant symboles, chiffres et fragments recyclés pour explorer les scarifications comme langage artistique, marqueur identitaire et spirituel, menacées de disparition. Pour cette exposition, Leonel Zadji a à son actif une dizaine d’œuvres, toutes portées sur la scarification. « Par une technique miroir, c’est-à-dire je fais de la peinture sur verre, mettre la peinture sur le verre, tourner et avoir le résultat, j’ai essayé d’explorer les différentes scarifications qu’on peut retrouver dans la sous-région. J’ai essayé de voir ce que je vois au quotidien. Les scarifiés, comment ils se comprennent. Combien de scarifiés on voit encore dans la ville de Cotonou… » a laissé entendre Leonel Zadji.
Directeur de l’Espace Culturel Le Centre, Berthold Hinkati voit en cette collaboration entre un artiste nigérian et un béninois la magie de l’art. « Avec l’art, on arrive à faire de la magie. Nous avons pu combiner deux artistes qui viennent d’horizons divers. Un Nigérian qui n’arrive pas à parler français. Un Béninois qui ne s’exprime pas du tout en anglais. C’est pour montrer que l’art peut gommer les barrières linguistiques. On n’a pas besoin de comprendre une langue pour créer dans un pays donné » a-t-il expliqué.
Deux techniques innovantes…
Pour Yassine Agnikè Lassissi, Directrice des Arts Visuels à l’Agence de Développement des Arts et de la Culture (ADAC), la problématique de la scarification est fortement partagée par le Nigéria et le Bénin. « Ce sont deux pays, deux cultures, et c’est heureux de montrer à quel point à travers l’art on peut aborder notre culture, notre patrimoine, notre art, la valoriser, la faire voir au monde, et faire voir surtout un pan de notre culture au monde ». Au sujet des artistes, Yassine Agnikè Lassissi trouve la technique de Leonel Zadji innovante. « Ce que nous conseillons aux artistes émergents, c’est de trouver leur voie, c’est d’aborder une singularité dans leur travail, que ce ne soit pas la copie des aînés. Il faut qu’ils puissent nous proposer une vision nouvelle, un regard nouveau sur la création artistique contemporaine, et c’est ce que nous propose Leonel Zadji » a-t-elle laissé entendre. Pour le nigérian Midegbeyan Ojisua, Yassine Agnikè Lassissi trouve sa peinture sur toile avec une approche assez singulière. A ses dires, bien que les deux artistes abordent une thématique commune, qui est la scarification, ils ont chacun une approche particulière pour l’aborder.
Bertrand HOUANHO







