L’Institut des artisans de justice et de paix du Chant d’oiseau (Iajp/Co), en collaboration avec la Fondation Konrad Adenauer Stiftung, a organisé le vendredi 15 mai 2026 au Chant d’oiseau de Cotonou, une conférence-débat autour du thème : « Les institutions juridiques en Afrique : entre contre-pouvoir et continuité du pouvoir exécutif ».
Le panel était composé du Victor Topanou, maître de conférence en science politique à l’Université d’Abomey-Calavi et ancien ministre de la Justice, de Habibou Woroucoubou, député de la 9e législature, ainsi que de Luc Martin Hounkanrin, avocat au Barreau du Bénin. Au cours des échanges, les panélistes ont confronté leurs analyses sur la capacité des institutions juridiques à jouer pleinement leur rôle de contre-pouvoir dans les démocraties africaines, tout en faisant face aux réalités du pouvoir exécutif. Les débats ont également porté sur les défis liés à l’indépendance de la justice, à la consolidation de l’État de droit et à la confiance des citoyens envers les institutions judiciaires. Les intervenants ont souligné l’importance du dialogue démocratique et de la solidité des institutions dans la préservation de la paix sociale et de la stabilité politique.
Pour les organisateurs, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de promotion de la culture démocratique et de la réflexion citoyenne sur les questions de gouvernance en Afrique. Dans son intervention, le père Éric Aguénounon, directeur de l’Iajp/Co, a mis en lumière les difficultés auxquelles font face plusieurs États africains dans la mise en œuvre effective des principes démocratiques. Selon lui, la précarité économique, le chômage, l’insuffisance des infrastructures sociales de base ainsi que les inégalités constituent des facteurs qui fragilisent la participation citoyenne et le fonctionnement normal des institutions démocratiques. Le religieux estime que la démocratie ne peut produire pleinement ses effets sans une amélioration des conditions de vie des populations. Pour lui, les citoyens confrontés quotidiennement à la pauvreté accordent prioritairement leur attention à la satisfaction de leurs besoins essentiels, ce qui peut limiter leur implication dans les débats publics et le contrôle de l’action politique.
Le père Éric Aguénounon a également plaidé pour une gouvernance davantage centrée sur l’humain, l’éducation citoyenne et la justice sociale. Il a insisté sur la nécessité pour les dirigeants africains de construire des institutions solides capables de garantir à la fois les libertés fondamentales, la transparence et le développement économique. À travers cette réflexion, il invite à repenser les mécanismes démocratiques en tenant compte des réalités propres aux pays en développement, tout en préservant les valeurs de participation, d’équité et d’État de droit.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE





