Les Béninois de la diaspora demandent une juste place à l’Assemblée nationale. L’idée aurait pris corps au lendemain de la rencontre du 4 avril 2026 entre l’équipe de campagne du candidat Romuald Wadagni avec la diaspora béninoise, rapporte le média en ligne Banouto. Le plaidoyer, porté par Kayodé Osséni, ingénieur franco-béninois en génie civil, est actuellement sur la table du président de l’Assemblée nationale. Les Béninois de la diaspora signataires revendiquent leur attachement au pays et leur volonté de contribuer « pleinement à son développement démocratique, économique et institutionnel ». Ils s’appuient sur des expériences internationales et citent en exemple des pays comme la France, le Sénégal ou le Cap-Vert, où des mécanismes de représentation parlementaire de la diaspora ont été instaurés.
Quand on entend cette cause, pour toute personne avertie de la contribution de la diaspora à l’économie béninoise, soit des transferts de fonds dépassant souvent 400 millions de dollars (plus de 230 milliards FCFA) par an, représentant environ 5 % du PIB national, on ne peut que trouver juste l’idée d’un quota au Parlement. En plus, partant du principe que tout électeur est éligible, les Béninois de la diaspora, puisqu’ils votent lors des scrutins, sont dans leur droit de demander que des circonscriptions électorales leur soient dédiées. En plus, ces dernières années, le Bénin a fait des efforts en augmentant le nombre de femmes au Parlement, grâce à une discrimination positive à l’égard de la gent féminine. Aussi, des descendants afro-américains peuvent-ils avoir, s’ils le souhaitent la nationalité béninoise. Cette même logique doit guider l’Assemblée nationale à trouver le mécanisme qu’il faut pour que la diaspora béninoise soit représentée au Parlement.
Dans leur plaidoyer, les Béninois de la diaspora font 4 propositions : initier ou soutenir une réflexion législative et, le cas échéant, constitutionnelle sur la représentation de la diaspora, créer des circonscriptions électorales dédiées aux Béninois de l’étranger, mettre en place des mécanismes permanents d’audition, de consultation et de participation de la diaspora aux travaux parlementaires ou encore favoriser un cadre juridique facilitant l’engagement civique et politique des Béninois établis hors du territoire national ». Le champ est défini. Libre au Parlement, au Sénat, au chef de l’Etat de trouver le juste milieu pour que cette injustice soit corrigée.
Plaidoyer au président de l’assemblée nationale
Bertrand HOUANHO
