(Incandescente, magnétique, envoûtante, audacieuse, sensuelle, foudroyante)
La nuit tombe à peine sur la Zone Street Arts du MASA que déjà, quelque chose crépite. Une tension douce, presque électrique. Puis elle arrive. Silhouette affirmée, regard brûlant, démarche lente et maîtrisée. Nabashu n’entre pas en scène, elle s’y installe comme une évidence.
Le premier beat claque. Derrière elle, DJ Tef tisse une toile sonore dense et vibrante. Et puis la voix surgit. Le wolof roule, percute, caresse. Une langue chantée, scandée, portée par un flow précis, tranchant, mais étrangement sensuel. Oui, sensuel. Car Nabashu joue avec les contrastes : elle rappe avec puissance, mais son corps raconte autre chose. Une gestuelle fluide, des ondulations assumées, une présence presque charnelle qui enveloppe chaque mot.
Le spectacle devient alors une traversée. Entre playback et live, les morceaux s’enchaînent sans rupture, dans une mécanique parfaitement huilée, mais jamais froide. Chaque titre est une montée, chaque refrain une vague. Et le public ? Il chavire.
Ça danse. Ça crie. Ça répond.
“My dott !” jaillit comme un cri de ralliement.
“Bissé !” explose en fin de morceau, comme pour retenir encore un peu la chaleur.
La foule ne regarde plus, elle participe. Elle apprend, elle imite, elle s’abandonne. Nabashu guide, provoque, partage. À un moment, la scène devient presque une salle de danse à ciel ouvert : quelques pas lancés, aussitôt repris, amplifiés, transformés. Une énergie collective, brute, joyeuse.
Et au milieu de cette effervescence, Nabashu reste le cœur battant. Charismatique, libre, insaisissable. Elle ne force rien, elle impose tout. Son rap est une pulsation, son corps une extension du rythme, sa voix une invitation à ressentir plus qu’à comprendre.
Sur la Scène Décalée du MASA, Nabashu n’a pas simplement performé.
Elle a fait vibrer l’air, onduler les corps, et battre les cœurs à l’unisson.
Par Grâce Akpédjé AVIMADJE(depuis Abidjan)






