Ce dimanche 12 avril 2026, dans la salle Christian Lattier du Palais de la Culture d’Abidjan, s’est tenue l’une des premières rencontres professionnelles du MASA 2026. Consacré à la thématique « Les fonds d’aide à la mobilité : cartographie et bonnes pratiques au profit des artistes, des œuvres et des professionnels africains », ce panel a réuni experts et acteurs clés du secteur culturel autour d’enjeux structurants pour les industries créatives africaines.
Modérée par Béatrice Waruinge, la table ronde a donné la parole à Ouafa Belgacem, Diana Ramarohetra et Mantchini Traoré, qui ont partagé leurs analyses et expériences sur les dynamiques de mobilité artistique en Afrique.
Une définition plurielle de la mobilité culturelle
D’entrée, les intervenants ont insisté sur la nécessité de clarifier la notion de mobilité culturelle. Celle-ci ne se limite pas au simple déplacement des artistes, mais englobe :
- la circulation des œuvres et des spectacles,
- les résidences de création,
- les échanges professionnels et les tournées,
- ainsi que les opportunités de formation et de collaboration internationale.
Cette mobilité apparaît aujourd’hui comme un levier essentiel pour la visibilité des artistes africains et leur insertion dans les circuits internationaux, en cohérence avec la mission du MASA qui vise notamment à renforcer la circulation des œuvres et des artistes sur le continent et au-delà.
Cartographie des mécanismes existants
Le panel a permis de dresser une cartographie des principaux dispositifs de soutien à la mobilité. Parmi les mécanismes évoqués :
- Les fonds institutionnels internationaux (Organisation internationale de la Francophonie, instituts culturels, programmes européens)
- Les initiatives panafricaines et régionales
- Les programmes spécifiques comme le Fonds d’Appui à la Mobilité Artistique du MASA, qui favorise la circulation des créations scéniques africaines.
Les intervenants ont souligné que, malgré leur diversité, ces dispositifs restent souvent fragmentés, peu visibles et inégalement accessibles, notamment pour les artistes émergents.
Des obstacles persistants à lever
Malgré les opportunités existantes, plusieurs freins majeurs continuent de limiter la mobilité des artistes africains :
- Les contraintes administratives et de visa, encore très lourdes
- Le manque d’information centralisée sur les financements disponibles
- L’insuffisance de ressources financières adaptées aux réalités africaines
- Les inégalités d’accès entre pays et entre disciplines artistiques
Les panélistes ont également évoqué la nécessité de mieux structurer les écosystèmes culturels africains pour permettre aux artistes de bénéficier pleinement de ces dispositifs.
Vers de nouvelles bonnes pratiques
Face à ces défis, plusieurs pistes de solutions ont été proposées :
- Développer des plateformes de cartographie des fonds accessibles
- Renforcer les partenariats entre institutions africaines et internationales
- Simplifier les procédures administratives
- Accompagner les artistes dans le montage de dossiers de mobilité
- Encourager des fonds africains autonomes et durables
Pour Béatrice Waruinge, la mobilité doit être pensée comme un outil stratégique de développement, et non comme une opportunité ponctuelle.
Une dynamique au cœur du MASA 2026
Ce premier panel s’inscrit pleinement dans l’esprit du MASA 2026, dont le thème met en avant les arts du spectacle comme moteur d’intégration économique et sociale en Afrique .
En réunissant experts, institutions et professionnels, cette rencontre a posé les bases d’une réflexion collective sur la mobilité artistique, désormais reconnue comme un enjeu central pour l’avenir des industries culturelles et créatives africaines.
Par Akpédjé Grâce AVIMADJE
(depuis Abidjan)
