Invité de l’émission « Alternatives » sur Medi1 TV ce samedi 4 avril 2026, le journaliste Léonce Houngbadji a livré un plaidoyer fort en faveur d’une transformation du traitement médiatique de l’Afrique. Aux côtés de Moussa Ngom, il a défendu une approche plus équilibrée de l’information, axée sur les solutions, l’innovation et la responsabilité.
Dès les premières minutes de l’émission, le fondateur de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) a posé un constat sans détour : « Pendant trop longtemps, l’Afrique a été racontée à travers ses crises. » Selon lui, cette représentation partielle alimente des stéréotypes persistants, avec des conséquences directes sur l’image du continent, mais aussi sur les investissements et les dynamiques économiques.
Face à ce constat, Léonce Houngbadji appelle à « changer le narratif » en valorisant les initiatives concrètes qui transforment les sociétés africaines. Il met en avant des innovations dans plusieurs secteurs clés, notamment la santé avec la télémédecine, l’agriculture grâce aux technologies connectées, ou encore l’environnement à travers des solutions de gestion des déchets et de mobilité durable. « Raconter l’Afrique autrement, c’est redonner la parole aux Africains sur leurs propres réussites », a-t-il insisté.
Un journalisme en mutation, entre innovation et responsabilité
Au cœur des échanges, la mutation du métier de journaliste en Afrique a occupé une place centrale. Pour Léonce Houngbadji, le rôle des médias ne peut plus se limiter à relayer des faits. Il s’agit désormais d’innover, de contextualiser et de susciter l’engagement des publics.
À travers le média Notre Voix, il développe des formats éditoriaux variés allant des reportages interactifs aux portraits inspirants, en passant par des événements dédiés aux initiatives à impact. Une stratégie qui vise notamment à capter l’attention des jeunes générations et à rendre l’information plus accessible.
Dans des contextes marqués par des tensions ou des conflits, il a également insisté sur l’impératif éthique. « Informer sans sensationnalisme, protéger les sources et respecter l’éthique est essentiel », a-t-il rappelé, soulignant que le journalisme peut contribuer à la cohésion sociale et à la reconstruction des sociétés.
Des défis structurels, mais des opportunités à saisir
L’émission a aussi permis d’aborder les défis auxquels font face les médias africains, notamment en matière de financement, de ressources humaines et d’accès aux technologies. Des contraintes qui peuvent fragiliser l’indépendance éditoriale.
Pour autant, Léonce Houngbadji défend une vision résolument optimiste. Il mise sur l’innovation, la collaboration et les partenariats pour transformer ces difficultés en opportunités. « Il est indispensable de structurer des entreprises de presse solides, tout en développant des modèles économiques participatifs et innovants », a-t-il expliqué.
Dans cette dynamique, la SAS apparaît comme un exemple de mobilisation collective réunissant journalistes, entrepreneurs et acteurs du changement, avec l’ambition de faire des médias de véritables leviers de transformation sociale et économique.
Un appel à transformer durablement les récits sur l’Afrique
En conclusion, Léonce Houngbadji a rappelé que la prochaine édition de la SAS se tiendra à Paris les 23 et 24 octobre 2026. Bien au-delà d’un simple événement, il s’agit selon lui d’un véritable mouvement visant à réinventer la manière dont l’Afrique est racontée.
Cette intervention sur Medi1 TV met en lumière un enjeu majeur pour le continent : face à la désinformation et aux récits souvent réducteurs, promouvoir une information fiable, équilibrée et constructive s’impose comme une nécessité. Elle souligne également le rôle stratégique des médias dans la construction des imaginaires collectifs et dans la valorisation des initiatives porteuses d’avenir en Afrique.
Th.A.





