(De l’informel à la production de richesse nationale)
Le paysage économique béninois vit une mutation silencieuse mais profonde. Derrière les remises d’attestations du projet Arch se cache une ambition bien plus vaste que la simple formation technique : une redéfinition complète du statut de l’artisan. Longtemps perçu comme un simple exécutant manuel évoluant dans les marges de l’informel, l’artisan est désormais propulsé au rang de producteur de richesse nationale.
Le passage d’un artisanat de « bricolage » à un artisanat normé constitue la pierre angulaire de cette transformation. Dans un monde globalisé, le savoir-faire ancestral ne suffit plus s’il n’est pas couplé à des standards rigoureux. La normalisation apporte une sécurité au consommateur, mais elle offre surtout à l’artisan une clé d’entrée inédite sur les marchés structurés.
En maîtrisant des normes professionnelles, l’artisan sort de l’invisibilité. Il devient un partenaire fiable pour l’État et le secteur privé, capable de répondre à des cahiers des charges complexes sur les grands chantiers du pays. Cette transition vers le « normé » est le socle de la crédibilité économique du secteur. Ainsi, l’image de l’artisan cantonné à la survie quotidienne s’efface au profit de celle d’un agent économique stratégique. Et c’est à juste titre que le gouvernement affirme que l’artisan est un créateur de richesse.
L’Arch, un instrument de dignité sociale
Au-delà des chiffres et des normes, cette mutation porte en elle une dimension humaine fondamentale : la dignité. Le projet Arch, en plaçant le capital humain au cœur de sa stratégie, restaure la fierté des corps de métiers. Sortir de l’informel, c’est aussi accéder à une reconnaissance sociale et à une protection qui sécurise la famille de l’artisan.
La formation n’est plus seulement un transfert de compétences, elle devient un outil d’autonomisation. En formant plus de 8 500 artisans, le Bénin ne se contente pas de qualifier une main-d’œuvre ; il bâtit une classe moyenne solide, consciente de son rôle dans l’édifice national. L’artisanat béninois n’est plus à la traîne de l’économie ; il en devient l’un des moteurs les plus dynamiques.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE






