Le duo de la mouvance présidentielle, Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata, a officiellement lancé sa campagne électorale le vendredi 27 mars 2026 à Kandi, dans le département de l’Alibori. Sous le slogan « Plus loin, ensemble », le candidat mise sur un pacte social renouvelé et une croissance inclusive.
Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata ne perdent pas de temps. Après le lancement officiel de la campagne électorale réalisé par la Commission électorale nationale autonome (CENA), le duo de candidats a aussitôt pris le taureau par les cornes. Dans un périple inaugural, ils ont choisi le nord pour lancer les hostilités. Ce périple inaugural dans le septentrion, qui a commencé par Kandi, touchant Banikoara, Segbana, Nikki et Parakou, expose un projet de société axé sur le désenclavement, la sécurité et la transformation structurelle des économies locales. Tout au long de ce périple, Romuald Wadagni s’est employé à redéfinir son identité politique. Conscient de son image de technocrate brillant mais parfois perçu à tort comme déconnecté des réalités quotidiennes, il a multiplié les gestes de proximité. En lançant sa campagne loin des projecteurs de Cotonou, il a affirmé sa volonté d’être le président de tous les territoires, y compris les plus enclavés.
Kandi : promesse d’une érection d’un carrefour économique régional
Le stade omnisports de Kandi a ainsi servi de cadre au lancement officiel de la campagne électorale du duo Wadagni-Talata. Devant une foule de partisans et de curieux venus de toute la région de l’Alibori, Romuald Wadagni a exposé sa vision stratégique pour cette commune qu’il considère comme un verrou essentiel du développement national. Le candidat a longuement insisté sur la position géographique unique de Kandi. Située à proximité de Malanville et donc aux portes du Niger, la ville occupe une place centrale sur les axes d’échanges régionaux, notamment le corridor Kandi-Segbana-Nigeria et l’axe Kandi-Banikoara-Djougou vers le Togo. L’engagement pris devant les populations consiste à transformer la cité des Kandissoun en un véritable carrefour économique, commercial et logistique. Cette ambition ne se limite pas à des mots ; elle repose sur la création de pôles de développement économique spécifiques. Selon le candidat, il s’agit d’identifier les savoir-faire et les atouts propres à chaque terroir pour bâtir autour d’eux un écosystème économique viable. Romuald Wadagni a affirmé sa volonté de renforcer l’attractivité territoriale pour que les pays voisins ne soient plus seulement des partenaires de transit, mais également des clients de l’économie béninoise. Il a notamment évoqué le souhait de voir les ressortissants du Niger ou du Nigeria choisir Kandi comme destination de vacances ou de commerce, stimulant ainsi l’hôtellerie, la restauration et les services locaux.
Banikoara et Segbana : le pacte social au cœur de l’enclavement
Après l’étape de Kandi, la délégation s’est rendue à Banikoara et Segbana, des zones vitales pour l’agriculture béninoise mais confrontées à des défis d’infrastructure et de sécurité. Dans ces localités, le candidat a choisi de placer sa campagne sous le signe du « pacte social ». Le slogan « Plus loin, ensemble » y a été décliné comme une promesse de ne laisser aucune portion du territoire pour compte au cours du septennat sollicité. Romuald Wadagni a axé son discours sur la notion de « croissance inclusive ». Pour les populations de ces zones rurales, souvent éloignées des centres de décision de Cotonou, il promet une réorientation de l’action publique vers la satisfaction des besoins réels. L’un des piliers de son programme économique est l’accès facilité au crédit pour les petits producteurs agricoles, les artisans et les femmes commerçantes des marchés ruraux. Sur le plan de la protection sociale, le projet prévoit de transformer les services de base tels que la santé, l’eau potable et l’éducation de base en priorités budgétaires absolues. Le candidat a martelé que ces secteurs ne doivent plus être des variables d’ajustement, mais des fondements de la justice sociale. En évoquant la menace sécuritaire aux frontières, il a lié la stabilité au développement, s’engageant à renforcer la présence de l’État par des investissements massifs dans les infrastructures communautaires pour prévenir la marginalisation des populations frontalières.
Nikki : vers une capitale internationale du tourisme et de la culture
À Nikki, cité historique et siège de l’empire des Baatombou, l’intervention de Romuald Wadagni s’est concentrée sur la valorisation du patrimoine et la modernisation de l’agro-pastoralisme. Le candidat a projeté de faire de Nikki un pôle d’excellence touristique capable de rayonner au-delà des frontières béninoises. Pour Romuald Wadagni, faire de Nikki une capitale internationale du tourisme implique d’abord de régler définitivement les questions liées aux besoins de base, tels que l’accès universel à l’eau potable et à l’électricité. Le programme prévoit également l’incitation à la construction d’infrastructures d’accueil modernes, comme des hôtels, auberges et centres culturels, qui respectent l’identité architecturale et les traditions locales. Le candidat a également abordé le volet de l’autonomisation économique. Il a évoqué un programme d’excellence pour le monde de la culture et des arts, visant à encadrer les jeunes et les femmes afin que leurs productions artisanales puissent être exportées mondialement. Sur le front agricole, il a promis de soutenir les agriculteurs et les éleveurs par une mécanisation accrue ainsi qu’une fourniture régulière d’engrais et de semences de qualité. L’objectif est d’assurer une rentabilité pour les métiers de la terre en garantissant des débouchés commerciaux stables et des prix rémunérateurs pour les producteurs.
Parakou : l’ambition de la recherche, de l’innovation et de la technologie
Le samedi 28 mars 2026, la campagne a marqué une étape majeure à la place Tabera de Parakou. Dans la métropole du Nord, Romuald Wadagni a dévoilé un volet technologique et scientifique ambitieux de son projet de société. Il a annoncé des investissements massifs destinés à faire de la ville un centre névralgique de la recherche et de l’innovation au Bénin. « Nous allons pousser tellement loin l’investissement dans la recherche et l’innovation à Parakou que tous les jeunes voudront venir ici faire de la recherche, innover, créer des applications », a promis le candidat. Cette vision repose sur la conviction que le développement futur du pays passera par la maîtrise des technologies et la capacité d’innovation des jeunes talents locaux. En promettant de transformer Parakou en un pôle attractif, le duo Wadagni-Talata souhaite créer un environnement propice à l’éclosion de startups et au développement de solutions numériques adaptées aux réalités béninoises. Cette annonce a été accueillie favorablement par une jeunesse mobilisée, y voyant une opportunité de modernisation de l’économie régionale et un frein à l’exode des compétences vers les capitales économiques du littoral.
Trois leviers prioritaires pour Kouandé
Le duo de la mouvance présidentielle, Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata, a effectué une escale de campagne à Kouandé, dans le département de l’Atacora. Devant les populations locales, le candidat a exposé les grandes lignes de son projet de société pour cette commune. Romuald Wadagni a axé son intervention sur la territorialisation de l’action publique. Le candidat a affirmé sa volonté de fonder le développement de chaque localité sur ses atouts spécifiques. Pour Kouandé, il a identifié trois leviers prioritaires : l’industrie de la pierre, les infrastructures routières et le tourisme. Concernant le secteur industriel, Romuald Wadagni a annoncé son intention de promouvoir l’exploitation de la pierre, une ressource qu’il considère comme un moteur de croissance économique pour la région de l’Atacora. Sur le plan des infrastructures, il s’est engagé à poursuivre le désenclavement de la commune afin d’améliorer la circulation des biens et des personnes, condition nécessaire à l’essor des échanges commerciaux. Le volet touristique constitue également un pilier de son offre pour Kouandé. Le duo entend valoriser les richesses culturelles et naturelles de la localité pour en faire une destination attractive capable de générer des revenus directs pour les ménages. Romuald Wadagni a précisé que cette approche vise une transformation structurelle de l’économie locale par une exploitation optimale des potentialités du terroir. En présentant ce programme, les candidats ont réaffirmé leur intention d’amorcer une nouvelle phase de développement basée sur une croissance inclusive. La délégation a ensuite quitté Kouandé pour poursuivre sa mobilisation dans les autres communes de l’Atacora et de la Donga.
J.G


