Factuel! La finale de la 35è édition de la Coupe d’Afrique des Nations, Maroc 2025 restera l’une des plus longues de l’histoire du football, si ce n’est pas la plus longue. Plus de soixante jours après le coup de sifflet final de l’arbitre congolais Jean Jacques Ndala Ngambo et la finale de la CAN Maroc 2025 continue d’être jouée. Après le rectangle vert, place est désormais faite aux tribunaux sportifs de jouer leur partition. Le 19 Mars dernier, le Jury d’appel de la CAF a rendu public une décision consacrant le Maroc vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations, Maroc 2025. Cette décision qui suscite assez de remous et d’incompréhensions au niveau de certains férus du football n’a rien d’énigmatique selon Me Renaud Duchêne, avocat spécialisé en droit du sport aux barreaux de Bruxelles et de Paris. Pour ce dernier, c’est le droit et le vrai qui est dit par le Jury d’appel de la CAF.
Si la décision du Jury d’appel de la CAF a un caractère incompréhensif dans le subconscient de nombre d’acteurs sportifs, c’est surtout le timing choisi par la faîtière du football béninois pour rendre la décision qui est le plus pointé de doigt. Deux mois, un délai jugé très long pour livrer la sentence s’indignent-ils. Un délai cohérent s’exclame plutôt Me Renaud Duchêne. «Sur le plan sportif, deux mois peuvent paraître longs, et c’est effectivement assez rare, mais cela ne me surprend pas. La procédure a suivi son cours: une première instance, puis un appel introduit par la FRMF. La décision rendue en appel par la CAF est donc cohérente» a-t-il affirmé.
Decision honorante
Après avoir évacué le sujet de la pertinence du temps matériel pris par la CAF pour rendre sa décision, l’avocat aux barreaux de Bruxelles et de Paris, spécialiste en droit du sport, Me Renaud Duchêne revient sur la pertinence de cette sentence dans les colonnes de Le360 Sport. «Ce qui se passe aujourd’hui n’est en réalité que l’application stricte du règlement» a-t-il affirmé. En effet, présent dans les tribunes du Complexe Sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat, au Maroc, le 18 Janvier 2026 lors de la finale de la 35è édition de la Coupe d’Afrique des Nations, Maroc 2025, la décision du jury d’appel de la CAF n’a point un motif de surprise pour Me Renaud Duchêne. D’ailleurs, il ressasse les faits de cet imbroglio survenu en fin de partie. «J’avais personnellement assisté à la finale. Lorsque j’ai vu les joueurs rentrer aux vestiaires, je me suis demandé s’ils mesuraient réellement la portée de leur geste. Selon les règlements, le fait de refuser de reprendre le jeu et de quitter le terrain peut être assimilé à un abandon du match. L’arbitre aurait pu, à ce moment-là, mettre un terme définitif à la rencontre et attribuer la victoire au Maroc. Il ne l’a pas fait, sans doute pour des raisons extra-sportives, car c’est une décision très lourde à prendre pour un arbitre. Sur ce point, j’ai été étonné que la situation ait été laissée en suspens».
Regards tournés vers le TAS
Sur la volonté du Sénégal d’intejeter appel, le praticien du droit du sport, Me Renaud Duchêne reste confiant que le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) confirmera la décision du Jury d’appel de la CAF. «Ça devrait se faire» rassure Me Renaud Duchêne la partie marocaine. En effet, pour Renaud Duchêne, le mode opératoire du Tribunal Arbitral du Sport est basé sur l’impartialité. «En principe, le TAS ne rend pas de décisions absurdes. Avec une défense solide et un avocat compétent, la procédure devrait suivre une logique juridique cohérente» a-t-il rappelé avant de poursuivre : «Le TAS dispose de son propre règlement et rend ses propres décisions. Il va examiner la décision d’appel rendue par la CAF et statuer par un arrêt, confirmant ou infirmant cette dernière, poursuit Me Duchêne, et là deux scénarios se dessinent: soit la décision est confirmée et le Maroc conserve son titre de champion d’Afrique, soit elle est infirmée, et le Sénégal pourrait être rétabli dans ses droits. Un retournement de situation initié par le Tribunal n’est donc pas à exclure».
Jeraud LANGANFIN GLELE
