Une organisation marocaine de défense des droits humains a estimé que la procédure judiciaire engagée contre des ressortissants sénégalais à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations respecte les normes d’un procès équitable.
Dans un rapport publié jeudi, l’Organisation marocaine des droits de l’Homme (OMDH) affirme que les principes universels et constitutionnels relatifs à l’équité judiciaire ont été globalement respectés durant toute la procédure engagée devant les juridictions marocaines.
Respect de l’indépendance judiciaire
Selon l’organisation, l’instance judiciaire saisie du dossier a fait preuve d’indépendance et d’impartialité dans le traitement de l’affaire, en veillant à maintenir un équilibre entre les droits de la défense et ceux du ministère public.
L’OMDH souligne notamment que la présomption d’innocence a été respectée. Les prévenus ont pu répondre librement aux questions qui leur étaient posées et ont bénéficié d’un délai jugé suffisant pour exposer leur version des faits lors de la phase d’enquête.
La défense, ajoute le rapport, a disposé de tout le temps nécessaire pour présenter ses arguments devant la juridiction. Les avocats ont également pu intervenir sans interruption et exercer leur droit de réplique chaque fois qu’ils l’estimaient nécessaire.
Des audiences publiques et accessibles
L’organisation met également en avant le respect du principe de publicité des audiences. Les séances se sont déroulées publiquement, avec un accès libre et fluide au tribunal, depuis l’entrée principale jusqu’à la salle d’audience, sans restrictions particulières pour les observateurs et les citoyens.
Les différents reports enregistrés dans l’affaire auraient été accordés à la demande des accusés eux-mêmes. Ils visaient notamment à leur permettre de se faire assister par un avocat ou à donner davantage de temps à la défense pour préparer ses plaidoiries.
Une juridiction attentive aux conditions des accusés
Le rapport souligne par ailleurs la réactivité du tribunal face aux requêtes formulées par les parties. Lors de l’audience du 19 février 2026, la juridiction a accepté une demande de la défense autorisant les accusés à rester assis durant la séance, estimant que la position debout pouvait provoquer une fatigue excessive, d’autant plus que cette audience coïncidait avec le premier jour du Ramadan.
Un incident sanitaire a également été signalé lors de l’audience du 5 février 2026. L’un des prévenus ayant manifesté des signes de malaise, le président de séance a immédiatement ordonné l’intervention de la médecin de la clinique du tribunal. Après les premiers soins, l’intéressé a été transféré vers l’infirmerie de l’établissement à l’aide d’un fauteuil médical.
Des prévenus majoritairement dans le déni
Au cours des audiences, la plupart des accusés ont nié les faits qui leur sont reprochés. Certains ont expliqué qu’ils étaient entrés sur la pelouse dans le but d’inciter leurs compatriotes à regagner les tribunes, tandis que d’autres ont affirmé vouloir récupérer des objets personnels tombés sur le terrain.
Plusieurs prévenus ont également déclaré avoir été poussés par la foule et être tombés involontairement sur la pelouse. Quelques-uns ont toutefois reconnu leur part de responsabilité et présenté leurs excuses pour les incidents survenus.
D’après le rapport, certains accusés ont aussi tenu à saluer la qualité des relations entre le Sénégal et le Maroc, tout en exprimant leurs regrets face aux tensions provoquées par ces événements.
Un procès sous observation
Enfin, l’OMDH indique que les accusés, conduits au tribunal sous escorte sécuritaire conformément aux procédures en vigueur, ont vu leurs menottes retirées avant l’ouverture officielle des audiences et l’entrée de la formation judiciaire.
Pour l’organisation, l’ensemble de ces éléments témoigne d’un effort de la juridiction pour garantir le respect des droits fondamentaux des prévenus et assurer un déroulement conforme aux standards internationaux d’un procès équitable.
