La décision du jury d’appel de la Confédération Africaine de Football (CAF) de destituer le Sénégal, vainqueur sur le terrain de la CAN Maroc 2025, alimente les critiques sur la gouvernance du football africain.
En déclarant le Maroc champion sur le score de 3-0, sans match joué, cette sentence repose sur les articles 82 et 84 du règlement de la compétition. Or, ces dispositions ne prévoient aucun cas similaire à celui d’une équipe quittant temporairement le terrain pour protester avant de revenir. Cette décision, plus politique que juridique, manque de fondement objectif et ouvre la porte à des précédents périlleux pour la CAF.
« The world knows the true champions » (Le monde connaît les vrais champions), a posté Sadio Mané sur Instagram, résumant le sentiment général après l’annonce. Le Sénégal a conquis son titre après 120 minutes d’un combat acharné sur le rectangle vert. Toute consécration administrative risque de discréditer l’institution. Ce feuilleton n’en est qu’à son deuxième épisode, après les sentences du jury disciplinaire et d’appel. Le prochain acte se jouera au Tribunal Arbitral du Sport (TAS) : la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a annoncé sa saisine dans les 48 heures, via un courrier du 17 mars 2026 réclamant l’annulation et un sursis à exécution.
Réactions des fédérations impliquées
Les deux parties ont réagi avec fermeté. Du côté sénégalais, Abdoulaye Sow, secrétaire général de la FSF, tonne : « La CAF est pourrie. Les réactions mondiales confirment une indignation totale. Le président discute avec tous les acteurs concernés. Le combat est loin d’être perdu. Le Sénégal a le droit et la victoire avec lui. »La Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) adopte un ton mesuré : elle prend acte de la décision tout en rappelant que sa requête visait uniquement l’application stricte du règlement, sans contester les performances sportives. « La FRMF réaffirme son attachement au respect des règles, à la clarté du cadre compétitif et à la stabilité des compétitions africaines », lit-on dans son communiqué.
Perspectives au Tribunal Arbitral du Sport
Le TAS, basé à Lausanne, pourrait trancher de trois façons :Confirmation (valider la CAF et sacrer le Maroc champion de la 35e édition),infirmation( réintégrer le Sénégal, option la plus plausible au vu des précédents rendus par le TAS en matière de litiges sportifs ou annulation pure (déclarer la finale nulle sans vainqueur, préservant l’intégrité de la compétition).
En attendant, cette saga entache l’image de la CAN et interroge la crédibilité des instances africaines.
Jeraud LANGANFIN GLELE






