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Jif 2026/Entre festivités et réalités: Le défi de la santé mentale et physique

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Le Bénin s’est joint à la communauté internationale pour célébrer la 31ᵉ édition de la Journée internationale des droits des femmes (Jif). Sous le thème porteur « Droits, justice, action pour toutes les femmes et les filles », cette célébration dépasse la simple commémoration pour devenir un appel pressant à l’action concrète. Si cette journée permet de saluer les victoires politiques et économiques arrachées de haute lutte, elle met surtout en lumière un pilier souvent fragilisé : le droit à la santé.

 En effet,  sans une santé robuste, tant physique que mentale, l’exercice des autres droits fondamentaux reste une illusion. Au Bénin, l’heure est au bilan et à la mobilisation face à deux fléaux qui minent le potentiel des citoyennes selon le Programme national de lutte contre les maladies non transmissibles (Pnlmnt) : les cancers féminins et les Violences basées sur le genre (Vbg).

L’urgence sanitaire des cancers féminins

Le paysage de la santé publique au Bénin est marqué par la prédominance de deux pathologies redoutables : le cancer du sein et le cancer du col de l’utérus. Le premier ne possède pas de cause unique mais s’entoure de facteurs de risque identifiés comme l’hérédité, l’âge et les habitudes de vie. Le second, quant à lui, est intrinsèquement lié à l’infection persistante par le papillomavirus humain (Hpv).

Malgré les politiques volontaristes du gouvernement et du ministère de la Santé, un obstacle majeur persiste d’après le tableau peint par le Pnlmnt : le diagnostic tardif. Trop de femmes arrivent encore dans les structures de soins à des stades où la médecine ne peut que pallier la douleur plutôt que de guérir. Ce retard n’est pas seulement dû à un manque de structures, mais à un entrelacement complexe de barrières socioculturelles et de peurs psychologiques. Pour inverser cette tendance, la stratégie nationale mise sur deux leviers. D’une part, la vaccination des jeunes filles de 9 à 14 ans contre le Hpv, véritable bouclier générationnel. D’autre part, la promotion systématique du dépistage précoce via l’auto-examen des seins, l’examen clinique et la mammographie. La détection rapide reste le meilleur garant d’une prise en charge réussie.

La Violence de genre : une menace pour la santé globale

La santé ne se définit pas uniquement par l’absence de maladie, mais par un état de complet bien-être. À cet égard, les violences basées sur le genre constituent une crise sanitaire majeure. Entre 2020 et 2023, les statistiques nationales ont révélé plus de 94 000 cas de Vbg, où les femmes et les filles représentent l’immense majorité des victimes. Qu’elles soient physiques, sexuelles, psychologiques ou économiques, ces agressions laissent des cicatrices profondes.

Les répercussions sont dévastatrices et multiples : traumatismes physiques immédiats, troubles psychiques chroniques, complications gynécologiques sévères, infections sexuellement transmissibles ou encore grossesses non désirées. Au-delà du corps, c’est l’avenir social de la femme qui est percuté par l’abandon scolaire ou la perte d’emploi. La lutte contre ces violences est donc un impératif de santé publique indissociable de la justice sociale. Le Bénin dispose désormais de Procédures opérationnelles standardisées (Pos) qui structurent une réponse holistique. Sous l’impulsion de l’Institut national de la femme et des ministères sectoriels, la victime peut désormais bénéficier d’un circuit intégré incluant soins médicaux, soutien psychologique, appui social et assistance juridique.

Vers une responsabilité collective et inclusive

Garantir le droit à la santé pour chaque Béninoise n’est pas l’apanage des seules institutions ; c’est une responsabilité partagée par les familles, les communautés et les partenaires au développement. Le paquet minimum de soins, désormais disponible dans les formations sanitaires périphériques sur tout le territoire, rend le dépistage et la vaccination accessibles à toutes, selon le Pnlmnt.

L’investissement dans la santé des femmes est le moteur de la stabilité des foyers et du dynamisme économique national. En 2026, l’engagement doit être total pour que chaque femme puisse dire non à la fatalité de la maladie et au silence de la violence. La justice pour les femmes passe par leur capacité à disposer de leur corps en toute sécurité et en pleine santé.

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE

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