Désormais installés, les maires de la 5e mandature de la décentralisation entament un mandat de sept ans. Une première depuis l’avènement du pouvoir décentralisé au Bénin. L’autre première, les désignations des nouveaux édiles par les partis Union progressiste le Renouvellement (Up-R) et le Bloc Républicain (BR) ont fait émerger de jeunes leaders politiques. On peut dire que le renouvellement de la classe politique tant souhaitée, la population béninoise étant majoritairement jeune, devient une réalité. Et cela est à l’actif du chef de l’État Patrice Talon et des partis Up-R et BR.

Ils ont donc rempli leur part, même si on aurait souhaité que ce rajeunissement de la classe politique étende ses tentacules jusqu’au Parlement. Mais puisqu’ il faut commencer quelque part, la 5e mandature de la décentralisation servira désormais de baromètre à l’action des jeunes en politique. Certains ont déjà donné un avant-goût de ce à quoi s’attendre tout au long de leur magistère. C’est le cas par exemple des jeunes maires de Parakou Zul-Kifly Zacharie, celui d’Abomey Franck Kpassassi qui, au lendemain de leur installation, sont déjà descendus sur le terrain pour mesurer l’ampleur de la tâche à eux confiée. Sortir des bureaux climatisés de la mairie pour aller au contact des populations, recenser leurs besoins et les intégrer au Plan de développement communal, c’est de cette gouvernance de proximité que les populations ont besoin. Et les jeunes ont cette énergie pour le faire. Pour cette première expérience, ils ont l’obligation d’être à la hauteur de l’enjeu. Car, c’est une chose de vouloir que de plus en plus de jeunes soient au centre des décisions qui impactent l’avenir du Bénin, c’en est une autre d’être à la hauteur de la confiance placée en cette jeunesse. Les premiers à qui cette responsabilité incombe désormais n’ont donc pas droit à l’erreur. Il ne s’agit donc pas d’aller à l’école de certains de leurs aînés en matière de prévarication des ressources publiques. Il ne s’agit pas, non plus, de vouloir grandir trop vite en nouant des deals incestueux avec certains Secrétaires exécutifs pour se faire octroyer des marchés publics, créer des sociétés avec des prête-noms pour avoir des marchés gré à gré ou toute autre forme de conflit d’intérêts qui ont cours dans certaines administrations communales. Les jeunes maires installés ont la responsabilité de faire la politique autrement. De leur réussite ou échec dépend le sort de milliers d’autres jeunes qui attendent cette main tendue pour montrer à la face de la nation l’étendue de leur talent. S’ils réussissent donc leur mandat, ils ouvriront la porte à d’autres jeunes qui peuvent faire mieux pour le bien des communautés à la base.

Bertrand HOUANHO

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