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  Licence d’Agent Confédéral Fotso Rosvelt : « Un agent de joueurs c’est quelqu’un qui est formé pour, qui connaît les rouages de la discipline »  

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Longtemps laissé ouvert aux profanes, le monde des défenseurs des droits des joueurs au niveau du handball est depuis 25 octobre 2025 réglementé par la Confédération africaine du handball. La faîtière du handball africain a sifflé la fin de l’auto proclamation d’agent de joueurs. Au terme d’une session de formation organisée au profit des agents de joueurs du 20 au 25 octobre 2025 à Rabat, au Maroc, la Confédération Africaine de Handball (CAHB) a dévoilé la liste des africains détenteurs de la licence d’Agent Confédéral de handball. Ils sont six africains dont un béninois à obtenir ce sésame.

Dans cet entretien exclusif, nous avons fait une incursion dans le monde des défenseurs des droits des joueurs au niveau du handball, avec Rosevelt Doudou Fotso, le seul agent de joueurs béninois reconnu par la Confédération africaine du handball. Biographie, métier d’agent de joueurs, ses prérogatives et avantages, tous les contours de l’agent de joueurs ont été scrutés.

Matin Libre : Qui est Rosvelt Doudou Fotso?

Rosevelt Doudou Fotso: « Alors, Rosevelt Doudou Fotso, je suis béninois. Je suis juriste, juriste de profession, titulaire d’une maîtrise en droit, en option droit des affaires et carrière judiciaire, ensuite de master également en droit et institutions judiciaires. J’ai été clair principal de notaire pendant environ 7 ans, donc voilà, j’ai fait le dos rond dans les cabinets, comme on le dit, pour pouvoir acquérir un certain nombre de connaissances dans la manipulation contractuelle. Depuis quelques années, je suis Manager général d’un cabinet d’expertise juridique et comptable étranger au Bénin. Voilà en quelques mots mon parcours professionnel et universitaire. Par contre, sur le plan sportif, j’ai commencé à Volcan à Akpakpa, il y a très longtemps, environ 18 ans déjà de cela. J’ai passé deux ans en deuxième division avec Volcan, nous avons eu la chance de monter en première division et nous avons fini équipe vice-championne la même année. Je suis passé de Volcan à Aspac, l’association sportive du port autonome de Cotonou, leur session handball, où j’ai joué environ 8 à 9 années. J’ai participé avec ASPAC à plusieurs compétitions africaines des clubs champions. Ensuite, je suis passé à l’équipe que tout le monde connaît, Flowers, qui est aujourd’hui Flowers CNSS de Cotonou, où j’ai joué environ 3 à 4 saisons, avant d’être enrôlé par Adjidja, l’équipe des forces armées béninoises. Une formation avec laquelle j’ai trois fois champions sur les quatre dernières saisons. J’ai eu la chance de porter le brassard de cette équipe-là, une équipe jeune avec laquelle j’ai eu à partager un peu de tout mon vécu. Aujourd’hui, comme vous venez de le dire, je suis agent de joueur de la Confédération africaine de handball. »

Alors que la quasi-totalité des anciens handballeurs embrassent le métier de technicien à la fin de leur carrière, vous avez choisi, vous autre empruntez le chemin d’agent de joueurs. Pourquoi ce choix ?

‎ »Depuis toujours, je ne me suis jamais vu dans la peau d’un entraîneur, parce que parfois je ne suis pas très patient, il faut le reconnaître. Donc je ne me suis jamais projeté en tant qu’entraîneur. Pour moi, les métiers autour d’une équipe, ce sont les métiers qui m’intéressent le plus. Manager général, directeur sportif, directeur administratif de club professionnel, être dans la structuration. Je vais peut-être dire que c’est un peu lié aussi à ma profession de juriste qui fait que j’ai toujours eu ce penchant-là pour administrer des équipes professionnelles, la structuration. J’ai toujours été attiré par les contrats des joueurs. On entend des sommes mirobolantes, on veut savoir comment ils font, comment c’est ficelé ces contrats-là. Du coup, c’est tout naturellement que ce chemin-là s’est ouvert à moi, puisque depuis quelques années, l’essor que le handball est en train de prendre au Bénin tout le monde, beaucoup se forment dans le métier de techniciens, par contre, moi, ça ne m’a pas vraiment intéressé. Donc j’attendais le bon moment pour choisir la bonne direction. »

Qu’est-ce qu’un agent de joueurs dans le handball ?

‎‎ »Un agent de joueurs c’est quelqu’un qui est formé pour, qui connaît un peu les rouages de chaque discipline, puisque je suis agent de joueurs de handball. Donc c’est  quelqu’un qui connaît les rouages de la discipline Handball et qui sait comment intermédier, comment mener les échanges pour que toutes les parties puissent être satisfaites au bout des échanges entre joueurs, entraîneurs et clubs. Au-delà de ça, on a aussi la mission de conseiller. La mission de conseil pour gérer la carrière des joueurs parce que tout dépend des choix que vous faites. Vous faites, un bon choix, vous pouvez avoir une très longue carrière, mais si vous faites un mauvais choix, vous pouvez écourter votre carrière. Donc c’est tout cet environnement là qui gravite autour du sport professionnel que l’agent de joueurs se doit de faire, de connaître et de pouvoir manipuler au bout des doigts. »

‎Vous venez de nous faire part des prérogatives d’un agent de joueur. Pourquoi un agent de joueur devient indispensable dans la vie d’un athlète ?

« Un agent de joueur, il devient indispensable parce que nous sommes déjà dans le contexte de la professionnalisation du sport. Et donc, aujourd’hui, le joueur est comme un produit. Le joueur est un produit qu’il faut commercialiser. Quand vous avez un produit, il faut savoir le vendre, il faut savoir le présenter. Du coup, c’est un peu comme dans toutes les autres domaines, il faut savoir faire de la publicité. Le joueur, étant donné qu’il est devenu un produit, qu’il est devenu quelque chose qu’on peut commercialiser, il faut le connaître, il faut le façonner, il faut l’orienter pour que ce produit-là, qui est l’athlète, devienne attractif, attrayant afin de pouvoir intéresser les grands clubs. Si vous avez une marchandise que personne ne sait que vous l’avez, vous la vendez. Vous n’allez jamais la vendre, cette marchandise. Mais si vous avez une marchandise et que vous savez vers qui aller, à qui proposer cette marchandise, à des personnes qui sont dans le besoin, si vous avez le flair, si vous pouvez sentir qui est dans le besoin de quoi et faire les propositions qu’il faut avec les conditions qu’il faut, je crois que vous aurez réussi votre mission. »

Depuis le 25 octobre 2025, vous figurez parmi le cercle très restreint des six (6) agents de joueurs reconnus par la CAHB. Racontez-nous comment vous vous y êtes arrivé et quel attribut cette reconnaissance vous confère.

« Alors pour moi, c’est une responsabilité. Parce que quand je regarde un peu l’environnement du handball béninois, qui avec l’impulsion du gouvernement, qui a une politique sportive bien structurée sans parler de ce leadership-là qu’incarne le président de la fédération, M. Karimou Sidikou, pour moi c’est tout logiquement que l’agent de joueur devrait venir également jouer sa partition dans cet écosystème-là pour permettre à notre destination de handball d’être une destination prisée par tout le monde. Nous le sommes déjà, mais aujourd’hui, ce que l’agent de joueur peut apporter, c’est beaucoup plus de clarté dans les échanges pour éviter que les joueurs, que les parties ne se retrouvent lésées dans des échanges avec d’autres parties, parce que nous visons loin. Si nous visons loin, il faut aller vers ce genre de choses-là. C’est vrai qu’aujourd’hui, peut-être que l’impact d’un agent de joueur ne va peut-être pas se faire ressentir de si tôt, mais forcément, progressivement, ça va venir. Si un agent de joueur arrive à faire sortir un ou deux joueurs qui vont jouer dans d’autres championnats pour acquérir de l’expérience, vous voyez, c’est tout le pays qui gagne. Ce sont les sélections nationales qui sont en train de gagner et ça crée également de l’émulation au niveau des plus jeunes qui vont se sentir, qui seront un peu plus intéressés par la chose. Ils vont se dire, aujourd’hui, on peut faire du sport, on peut faire du handball, on peut réussir, on peut en vivre. L’objectif premier, c’est cela. Moi, je viendrai apporter ma touche. J’essaierai de faire en sorte que cette politique sportive, cette émulation qui existe actuellement autour du handball béninois, puisse aller encore de l’avant et pour que les échanges avec la fédération, les clubs, les joueurs, les fédérations sœurs dans la sous-région et même de par le monde puissent profiter au bénin. »

Comment fait pour devenir un agent de joueurs reconnu par la CAHB?

« C’est  une politique mise en place par la Confédération, déjà pour mieux organiser le handball africain et assainir le milieu. Parce que nous, on n’a pas d’écho, mais il y a beaucoup de situations déplorables que les joueurs peuvent endurer. Il y a des gens qui se font passer pour des agents, qui démarchent des joueurs. Vous quittez votre pays, vous arrivez dans un autre pays et vous vous rendez compte que ce qu’on vous a promis, ce n’est pas ça. Et donc, vous vous retrouvez en difficulté. Les conditions initiales, qu’on vous a présentées, ne sont plus les mêmes. Vous avez du mal, vous ne savez plus vers qui vous retournez. Et dans ce contexte-là, ça devient très compliqué. Les exemples sont légions, même si ce n’est pas encore le cas dans notre championnat.

Alors, quand vous êtes un joueur et que vous avez un agent, vous êtes un peu plus respecté. Le club sait qu’il ne peut pas se comporter n’importe comment avec vous. Et également, vous aussi, les clubs sont protégés parce qu’ils savent que le joueur, il ne peut pas se comporter n’importe comment. Il ne peut pas se lever du jour au lendemain et dire, je m’en vais. Non, il est lié par un contrat. Et en ce moment-là, son agent a l’obligation de lui rappeler que vous avez un contrat et voilà les clauses qui sont prévues pour résilier le contrat aujourd’hui si vous ne vous entendez plus avec votre employeur qui est le club, bien sûr. Et c’est dans les deux sens, vice-versa. Alors, aujourd’hui, l’agent, pour revenir dessus, c’est que la Confédération, dans cette logique-là, comme je le disais au départ, a voulu assainir le milieu et a lancé un avis à candidature. C’est partant de là où il fallait fournir votre parcours professionnel en tant que handballeur, également votre parcours intellectuel. C’est comme ça que j’ai fourni tous les documents avec l’accord, bien entendu, de la Fédération béninoise de handball, que je remercie, au passage, qui a envoyé le dossier. Voilà un peu le processus. Et au tri, j’ai été sélectionné pour faire la formation, qui s’est  déroulée au Maroc. Au terme de cette formation nous avons été six à être retenus et à être accrédités par la Confédération africaine de handball. Donc, pour conseiller les jeunes, c’est dire, si vous avez une direction, choisissez-la. Si vous voulez devenir entraîneur, vous savez le chemin que vous devez prendre. Si vous ne voulez pas devenir entraîneur et que vous voulez graviter autour des autres professions, autour du sport professionnel, vous devez vous attendre à faire déjà du sport, comme ils le font déjà, et également avoir un parcours professionnel, avoir un certain niveau intellectuel pour pouvoir aspirer à ces postes de responsabilité. »

‎À l’heure actuelle, est-ce que Rosvelt Doudou Fotso a déjà des joueurs à sa charge ?

‎ »Oui, je peux le dire ainsi. J’ai déjà été contacté par plusieurs joueurs. Des clubs également qui m’ont déjà contacté. Et pas que ici. Et c’est l’occasion de remercier la Confédération africaine de handball pour le fait de nous accorder cette notoriété et cette légitimité dont nous avons besoin pour pouvoir convenablement exercer. Je crois que depuis que l’information a été officialisée par la Confédération, j’ai reçu beaucoup de coups de fil des joueurs, des clubs également. On travaille dessus. On espère que ces pistes vont aboutir et que d’ici là, on va avoir des arrivées comme des départs dans notre championnat pour le bien-être de tous les amoureux du handball béninois. »

‎Quels sont vos prochains projets?

‎ »Alors, pour moi, imminament, c’est de structurer convenablement l’agence qui va être mise en place pour pouvoir véritablement avoir une agence bien structurée administrativement. Ensuite, élargir les partenariats dans les pays de la sous-région et également vers les pays de l’Hexagone, pourquoi pas. Après ça, maintenant, voir déjà avec le championnat local, avec la fédération ici, qu’est-ce qu’il faut faire déjà ici par rapport à nos joueurs pour pouvoir permettre à chacun de vivre comme ils le font déjà de leur sport, mais dans un environnement juridique un peu plus sécurisé. »

‎Comment un athlète peut vous contacter?

‎ »Alors, ce n’est pas compliqué. Mon contact est connu de tous. Dans le milieu du handball, tout le monde me connaît. Je suis presque sur tous les forums de handball. Ces joueurs-là, ils n’ont juste qu’à me contacter. Même sur les réseaux sociaux, sur mes réseaux sociaux, je suis très actif. Je réponds moi-même, personnellement, à tout le monde. Il suffit juste de me contacter et après, on pourra enclencher les discussions. Je leur dirai exactement la procédure à adopter pour entrer en contact avec moi, pour que je vienne les représenter et veiller à leurs intérêts. »

‎Nous avons fait le tour de votre actualité, est-ce que vous avez déjà un mot à placer pour conclure cet entretien ?

‎ »Alors mon mot de fin va être déjà, comme je l’ai dit tout à l’heure, de remercier la Confédération africaine de handball pour cette confiance qu’elle nous a octroyée. Ensuite, de remercier la Fédération béninoise de Handball également pour tout le travail qu’ils accomplissent et de leur dire que la disponibilité y est et que je suis prêt à travailler avec eux à n’importe quel moment ou cela ou le besoin se fera sentir. Je suis prêt à faire le travail et à faire en sorte que notre Handball continue à se porter de mieux tant sur le plan national que sur le plan international. »

‎Propos recueillis et transcrits par : Jeraud LANGANFIN GLELE

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