(Premier filtre de sélection de l’Unité d’élite de la Présidence?)
C’est un séisme dans le milieu professionnel béninois. Désormais, pour tous les recrutements liés aux projets au Bénin, les attestations de Baccalauréat, Licence, Master ou Doctorat sont systématiquement rejetées. Seul le diplôme définitif est accepté. Par un communiqué officiel, le Ministère du travail et de la fonction publique (Mtfp) a tapé du poing sur la table.
Pendant longtemps, l’attestation de succès a servi de béquille aux diplômés en attente de leur parchemin. Mais face à la prolifération des faux documents et à la nécessité de garantir l’intégrité des compétences sur les projets nationaux, le gouvernement béninois passe à la vitesse supérieure. L’objectif est clair : assainir le marché de l’emploi. En exigeant le diplôme officiel, l’État s’assure que chaque agent a suivi un cursus vérifié et validé par le Centre national de vérification des diplômes (Cnvd).
Premier filtre de sélection de l’Unité d’élite de la Présidence
Cette décision du rejet des attestations pour les recrutements de projets prend tout son sens quand on regarde ce qui se passe à la Présidence. Avec l’annonce de la création de la nouvelle Unité d’appui en ressources humaines, le pays cherche à attirer les meilleurs profils. Pour une structure de ce niveau, il n’y a pas de place pour l’imprécision ou le doute sur les documents.
Le lien est simple : pour trouver et placer des experts sur des dossiers importants, la Présidence veut des dossiers parfaits. Le diplôme devient donc le premier filtre. On ne peut pas entrer dans une « réserve d’élite » avec un document provisoire. L’État s’assure que chaque talent est en règle administrativement avant de lui confier des missions de conseil au plus haut niveau. La règle est désormais claire : pour travailler sur les grands projets du pays, l’attestation ne passe plus. Le diplôme officiel est devenu la preuve obligatoire pour prouver sa valeur.
Le piège du calendrier
C’est ici que le bât blesse pour beaucoup. Le délai de délivrance d’un diplôme après enregistrement est d’environ un mois. Imaginez le scénario : l’offre d’emploi de vos rêves est publiée demain, mais vous n’avez que votre attestation. Le temps de lancer la procédure et d’obtenir votre diplôme, la date limite de dépôt des dossiers sera largement dépassée. En clair : ne pas agir aujourd’hui, c’est accepter d’être disqualifié demain. Il est à espérer que la diligence prenne le pas sur les débats.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE
