Home Bénin Calavi Aïfa: Quand l’obscurité défie le progrès

Calavi Aïfa: Quand l’obscurité défie le progrès

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(Un quotidien entre « drôle » et « ridicule »)

 À Calavi Aïfa quartier résidentiel en pleine croissance situé dans la commune d’Abomey-Calavi, département de l’Atlantique au Bénin, le quotidien des habitants est rythmé par un invité indésirable : la coupure de courant. Ce n’est plus une perturbation occasionnelle, c’est devenu une routine épuisante. En l’espace de 24 heures, il n’est pas rare de compter plus de six interruptions. Une situation qui frise le ridicule et suscite une incompréhension totale chez les populations.

Ce qui choque le plus les résidents d’Aïfa, c’est le décalage flagrant entre leur réalité et la dynamique de développement actuelle du pays. Sous l’impulsion du gouvernement du Président Patrice Talon, des investissements massifs ont été consentis pour faire de l’autonomie énergétique une priorité nationale. Pourtant, sur le terrain, le sentiment est tout autre. On ne se croirait plus au Bénin, du moins pas dans ce Bénin qui aspire à la modernité et à l’excellence infrastructurelle. L’électricité, moteur essentiel de l’économie et du confort domestique, y est devenue une denrée rare.

Le vécu des riverains confirme cette anomalie au cœur de la modernisation : « C’est toujours comme ça ici », s’emporte une riveraine suite encore à une coupure. Dans la zone, il n’est pas rare de constater de nombreuses maisons avec des lampes solaires prêtes à prendre timidement le relai.

Un quotidien entre « drôle » et « ridicule »

La répétition de ces coupures de jour comme de nuit finit par donner un aspect tragi-comique à la situation. Pour les ménages : c’est une gestion permanente de l’incertitude pour conserver les vivres ou simplement s’éclairer. Pour les artisans et entrepreneurs, c’est une perte de productivité qui freine l’élan économique local. Le plus frustrant pour les résidents est la proximité immédiate des grands chantiers de la rupture. À quelques pas de ces foyers privés de lumière, le quartier se transforme : l’Hôpital « Chic », symbole d’une médecine moderne et de pointe ; le projet asphaltage où des voies se tracent et se modernisent, changeant le visage de la commune. C’est là que réside le caractère « drôle et ridicule » de la situation. Comment un secteur qui bénéficie de tels investissements structurants peut-il encore subir une instabilité électrique digne d’une autre époque ? On ne se croirait tout simplement pas dans le Bénin de 2026, celui qui affiche fièrement ses ambitions de hub énergétique régional.

Sauver les populations d’Aïfa

Pourtant, les populations d’Aïfa ne demandent pas l’impossible, mais simplement que la qualité du service soit à la hauteur des ambitions affichées par le sommet de l’État. Il est urgent que les causes techniques de cette instabilité chronique soient identifiées et corrigées pour que le courant ne soit plus un luxe, mais une réalité continue. Car, alors que le gouvernement du President Patrice Talon multiplie les efforts pour stabiliser le réseau national, le cas de Calavi Aïfa fait figure d’exception regrettable. Pourtant, ce rythme effréné de développement urbain ne pourra être soutenu si l’énergie reste une denrée rare. Les populations attendent que la lumière suive enfin le goudron. Le progrès ne se mesure, en effet, pas seulement à la hauteur des pylônes, mais à la constance de la lumière dans chaque foyer.

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE

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