En cette période marquée par la Journée mondiale de l’audition le 3 mars, une évidence s’impose : l’établissement scolaire est bien plus qu’un lieu d’instruction. C’est un sanctuaire de santé où se jouent l’avenir physique, cognitif et social des jeunes générations. À travers les récentes directives de l’Organisation mondiale de la santé (Oms), le rôle de l’école est réaffirmé comme le pivot central pour garantir à chaque enfant une audition protégée et une nutrition saine.
L’école constitue le cadre idéal pour repérer les barrières invisibles à l’apprentissage. Concernant l’audition, environ 90 millions d’enfants et d’adolescents souffrent de pertes auditives souvent non diagnostiquées. Parce que les élèves y passent la majeure partie de leur journée, les enseignants et le personnel scolaire sont les mieux placés pour identifier les signes précoces d’une baisse d’audition, souvent causée par des pathologies traitables comme les otites ou les bouchons de cérumen. Intégrer les soins auriculaires directement dans les programmes de santé scolaire permet de transformer un handicap potentiel en une réussite certaine.
L’École comme vecteur d’habitudes de vie saines
Le rôle de l’institution scolaire s’étend également à l’assiette. L’Oms appelle désormais les établissements du monde entier à adopter une approche globale pour favoriser une alimentation saine. Ce n’est pas un enjeu mineur : en 2025, le nombre d’enfants obèses a dépassé celui des enfants en sous-poids, avec 188 millions de jeunes touchés. L’école a le pouvoir d’ancrer durablement des habitudes alimentaires positives. En contrôlant la qualité nutritionnelle des repas servis en cantine et en limitant la disponibilité des boissons sucrées ou des aliments trop gras, elle agit directement sur la santé future de l’adulte. Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus souligne d’ailleurs que l’environnement alimentaire scolaire détermine non seulement l’apprentissage immédiat, mais aussi le bien-être à long terme.
Le défi de 2026
Ainsi, pour que ces initiatives soient efficaces, l’école doit devenir le point de rencontre entre les politiques nationales et l’action locale. Cela passe par plusieurs engagements forts de la part des établissements : d’une part, la mise en place de normes strictes pour garantir des repas nutritifs et la limitation du marketing pour les produits nocifs. D’autre part, la création d’un environnement favorable au choix de la santé, que ce soit par le placement des aliments à la cantine ou par l’accès systématique à des tests de dépistage auditif. L’objectif est de réduire les inégalités sociales. En offrant les mêmes services de santé et la même qualité nutritionnelle à tous les élèves, l’école devient le moteur d’une société plus équitable. « Agir aujourd’hui de la communauté à l’école », c’est s’assurer qu’aucun enfant ne soit laissé pour compte, que ce soit à cause d’un problème auditif non détecté ou d’une nutrition défaillante. Le défi de 2026 est clair : transformer chaque salle de classe en un environnement protecteur et sain pour tous.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE
