(Le sanctuaire d’Éric Hounkpatin à Kindonou, symbole d’un cadre de vie transformé)

À côté du CEG Nokoué, à Kindonou, exerce un homme dont le savoir-faire semble aussi profond que les racines des végétaux qu’il chérit. Il s’appelle Éric Hounkpatin, est originaire de Glazoué, et travaille quotidiennement aux côtés de sa femme pour transformer un espace urbain en un véritable sanctuaire de verdure. Bien plus qu’un simple marchand de fleurs, cet homme est un trait d’union entre la nature, l’artisanat et la spiritualité.

Pour Éric, le titre de fleuriste est bien plus qu’une simple étiquette commerciale : « Je fais le métier de fleuriste il y a bien des années déjà. J’ai eu à le faire auprès de plusieurs personnes et là, je suis installé à mon propre compte. » Il précise d’ailleurs que le mot fleuriste désigne à la fois le jardinier, l’horticulteur et le paysagiste.

Son installation est le fruit d’une collaboration avec les autorités : « L’espace m’a été mis à disposition par le gouvernement suite à ma demande. L’État nous l’offre à nous, fleuristes, gratuitement, mais à la seule condition qu’on ne construise pas là. » En bon gardien de la nature, Éric honore ce contrat par une hygiène irréprochable : « Vous aurez constaté que les caniveaux qui sont là, tout est propre. Chaque fois, je prends le soin de les nettoyer, de mettre au propre mon cadre de travail. »

Le pouvoir spirituel : fleurs défensives et offensives

L’expertise d’Éric Hounkpatin touche au sacré. Selon lui, les plantes ne sont pas de simples objets de décoration, elles sont dotées de capacités de protection et de réaction. Les fleurs défensives assurent une protection spirituelle. Dès qu’un esprit maléfique ou malin essaie de nuire, ces fleurs agissent comme un bouclier. Placées dans une maison, elles offrent une protection contre les « flèches de l’ennemi ».

Les fleurs offensives, appelées également fleurs « retour à l’envoyeur », constituent un rempart contre les œuvres des ténèbres. Éric illustre ce pouvoir par des faits concrets : « Constatez qu’il y a des gens pour le vol d’une simple poule ou de quelque chose d’insignifiant, ils sont arrêtés. On se pose la question de savoir : « Mais y a-t-il personne pour les défendre ? ». C’est dire que ces fleurs-là étaient déjà en colère contre ces personnes. » Il explique que ces végétaux incarnent une force spirituelle bienfaisante : lorsqu’un individu commet un acte malveillant dans une demeure protégée, la fleur se venge et retourne le mal.

Les fleurs médicinales : une pharmacie naturelle pour maux complexes

Une dimension primordiale de son métier concerne l’assainissement des espaces de vie, et plus particulièrement des bureaux. Certaines plantes sont recommandées pour leur capacité à absorber le gaz carbonique (CO2) et à éliminer les mauvaises odeurs. En purifiant l’air, elles aident à prévenir les malaises liés à une mauvaise qualité de l’air intérieur, offrant un environnement de travail plus sain. Durant les crises sanitaires comme celle du Covid-19, l’intérêt pour des plantes comme l’Artémisia a crû en raison de leurs vertus protectrices et curatives, renforçant l’idée que le jardin est une véritable pharmacie naturelle.

Certaines plantes soignent des pathologies lourdes selon des protocoles précis. L’Artémisia et autres plantes, par exemple, sont utilisées dans le traitement de l’insuffisance rénale ; elles aident à filtrer les impuretés et à normaliser le fonctionnement des reins. L’Épée de Saint-Georges est également citée comme un élément clé des protocoles de soin naturels, tout comme le Manteau de Jacob (ou Acalypha), reconnue pour ses propriétés thérapeutiques spécifiques.

L’Artisanat et la création de pots

L’expert ne se contente pas de vendre des fleurs ; il est aussi artisan. Il fabrique lui-même ses propres pots en utilisant du ciment. Cette approche artisanale lui permet de proposer des contenants parfaitement adaptés à chaque type de plante, qu’il s’agisse de compositions florales complexes ou de plantes en pot destinées à la décoration intérieure.

Prospérité et philosophie de vie

Pour ceux en quête d’équilibre et d’abondance, Éric propose des plantes comme le Pachira. Surnommé « l’arbre à argent » (money tree), il est réputé pour attirer la prospérité et la chance dans le foyer ou le bureau. La Cordyline, quant à elle, est utilisée pour éloigner les ondes négatives et purifier l’ambiance, signifie-t-il.

Un gouvernement visionnaire et accompagnateur

À travers son témoignage, le fleuriste souligne la pertinence de la vision du gouvernement qui a su transformer l’esthétique urbaine en un levier de promotion sociale. En saluant l’initiative de fleurissement des villes, il reconnaît au Président Patrice Talon le mérite d’avoir restauré la dignité de sa profession, prouvant que le savoir-faire étatique ne se limite pas aux infrastructures, mais s’étend à la valorisation du capital humain. L’intégration de formations techniques dans ce projet démontre une stratégie gouvernementale complète : au-delà de l’embellissement, l’État a su professionnaliser un métier artisanal, offrant aux fleuristes une expertise reconnue et une place centrale dans la modernisation du pays.

Le fleurissement des villes, loin d’être un simple apparat esthétique, s’impose aujourd’hui comme une nécessité vitale. Pour Éric, cette mission est une bouffée d’oxygène qui réconcilie l’asphalte avec la vie, créant un environnement où le bien-être psychologique des citadins fleurit en même temps que les pétales.

Toutefois, au-delà de tout ceci, Eric Hounkpatin prône une véritable philosophie : le jardin comme sanctuaire. Il rappelle l’importance de la connaissance pour éviter de « périr par manque de savoir ». Pour lui, l’homme a été créé pour vivre en harmonie dans un jardin, et s’entourer de fleurs est essentiel à l’équilibre physique et spirituel.

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE

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