Longtemps synonyme de labyrinthe judiciaire et de désespoir financier, l’obtention d’un acte de naissance hors délai change radicalement de visage. Grâce à l’enrôlement sur témoignage instauré par l’Agence nationale d’identification des personnesl (Anip), l’État béninois siffle la fin d’un parcours du combattant qui a trop longtemps pesé sur les familles les plus vulnérables.
Pendant des décennies, ne pas déclarer un enfant dans les délais légaux condamnait ce dernier à une forme d’errance administrative. Pour régulariser sa situation, le parent devait s’armer de patience et de ressources, affrontant des requêtes auprès des tribunaux, la recherche complexe de témoins et des frais de procédure souvent prohibitifs. Pour de nombreuses familles rurales, ce processus était si décourageant qu’elles finissaient par y renoncer, laissant leurs enfants dans une invisibilité totale face à la nation.
Du tribunal au témoignage de proximité
La réforme portée par l’Agence nationale d’identification des personnes brise enfin ces chaînes. En permettant aux enfants de 0 à 13 ans d’être enrôlés sur simple témoignage, l’administration substitue la confiance et la proximité à la lourdeur judiciaire. Ce n’est plus à la famille de prouver, au prix de mille efforts, l’existence de l’enfant devant une cour ; c’est l’État qui se rapproche d’elle. Ce changement de paradigme transforme le quotidien : ce qui prenait autrefois des mois se règle désormais par une démarche simplifiée, sécurisée et accessible à tous.
Ce parcours du combattant qui s’achève est avant tout une victoire sur l’exclusion. L’acte de naissance n’est plus un luxe mais un bouclier. Il marque la fin de l’angoisse scolaire, ce moment critique où l’absence de documents empêchait l’inscription aux examens nationaux comme le Certificat d’études primaires. Au-delà de l’école, c’est aussi la fin de l’invisibilité sociale, permettant un accès facilité aux soins de santé et aux programmes de protection.
L’humain placé au cœur de la technologie
Dans l’ouvrage de la modernisation du Bénin, cette transition restera comme le moment où la technologie a simplifié la vie là où la bureaucratie l’avait autrefois complexifiée. L’Anip le rappelle avec force dans ses communications officielles : « Des milliers d’enfants grandissent sans document d’identité, sans preuve officielle de leur existence. C’est ça, la proximité numérique : donner une identité à ceux qui n’en ont jamais eue, rapprocher l’État des familles, ouvrir la porte à l’école, aux soins, à la protection. Parce que derrière chaque acte sécurisé, il y a une vie, une dignité, un espoir».
Le mérite revient au gouvernement du Président Patrice Talon qui rend leur dignité à des milliers de jeunes citoyens, à l’identité fantôme. L’acte de naissance sécurisé n’est plus un trophée obtenu après une lutte acharnée, mais un droit naturel garantissant que plus aucun enfant ne soit laissé au bord du chemin par simple défaut de papier.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE


