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JICA/Programme “Ecole Pour Tous“ au Bénin: Pour une implication des communautés dans la gestion scolaire

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L’Agence japonaise de coopération internationale (Jica), consciente des défis liés à l’éducation en Afrique notamment l’accès à une éducation de qualité pour tous, a lancé depuis 2004, un vaste programme intitulé “Ecole pour tous“. Une initiative dont la finalité est de contribuer significativement à une amélioration d’accès et de la qualité d’apprentissage dans le système éducatif à travers une implication des communautés. Depuis 2024, le Bénin fait partie des onze (11) pays africains bénéficiaires de ce programme impactant à travers une phase pilote…

Officiellement lancée en septembre 2024 au Bénin, la phase pilote du projet “Ecole pour tous“, qui s’étend sur une période allant jusqu’en mai 2026, est mise en œuvre dans soixante-et-un (61) écoles notamment 30 écoles de Zangnanado dans le département du Zou (au centre du Bénin) et 31 écoles de Sakété dans le département du plateau (au sud du Bénin). A travers cette phase pilote, l’Agence japonaise de coopération internationale entend implémenter dans les écoles cibles, un modèle d’amélioration de la qualité des apprentissages à travers la collaboration de l’ensemble de la communauté.

Concrètement, il s’agit d’œuvrer à une implication effective des communautés dans la gestion scolaire. Ceci s’est traduit notamment dès la première année de mise en œuvre par le renforcement de compétences de l’Association des Parents d’Elèves (APE) avant d’axer les interventions autour de la mise en place d’un Comité de gestion de l’école (CGE). Ledit comité est mis en place de façon démocratique suite à un vote anonyme au cours d’une Assemblée générale. Le bureau est composé des différents acteurs dont des représentants de l’Association des parents d’élèves, une représentante des femmes, des représentants des confessions religieuses, du Directeur de l’école ainsi que du délégué de l’école. Dès lors, la résolution des problèmes de l’école n’incombe plus uniquement au bureau de l’APE mais plutôt à toute la communauté.

Le Comité de gestion pourra donc, sur la base des problèmes et solutions réalistes et réalisables, procéder à l’élaboration, la validation et la mise en œuvre du Plan d’action et la gestion financière. Le suivi-évaluation de la mise en œuvre des activités du Plan d’actions incombe à l’Assemblée générale. Une approche qui se veut la garantie d’une gestion dynamique de l’école à travers la collaboration et l’implication de l’ensemble de la communauté.

Durant la mise en œuvre de la phase pilote du Projet “Ecole pour tous“ au Bénin et au titre de l’année scolaire 2024-2025, le plan d’activité scolaire a été élaboré par toutes les écoles cibles, avec un taux de réalisation de 93 % à Zagnanado et de 91 % à Sakété.

 Des interventions résultant d’un diagnostic qui révèle un manque de leadership, d’appui externe, de communication transparente et qui permettront, à terme, de rendre fonctionnelles non seulement les Associations des parents d’élèves mais surtout les Comités de gestion des écoles. Ceux-ci seront également mises en réseau dans l’optique d’un fonctionnement durable grâce à des partages d’expériences et de bonnes pratiques. En conséquence, la marche sereine vers une gestion scolaire impliquant les communautés devient une évidence avec à la clé, l’émergence d’un leadership fort, le partage d’informations sur la situation de l’école entre les parties concernées ainsi qu’entre les comités de gestion scolaire.

Amélioration des acquis scolaires en Mathématique…

L’autre principale intervention de la phase pilote du projet “Ecole pour tous“ est relative à l’amélioration des acquis scolaires en mathématique notamment les opérations mathématiques dans les écoles cibles des communes de Zagnanado et de Sakété. Il est donc envisagé des cours de renforcement ou des cours supplémentaires, organisés par le Comité de gestion de l’école en collaboration avec la communauté ainsi que le renforcement des compétences des facilitateurs à travers des formations ciblées. A l’origine de cette intervention, le diagnostic révélant une faible compréhension des mathématiques par les élèves.

Faut-il le préciser, le programme “Ecole pour tous“, mis en œuvre par l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA) se veut une initiative de développement des capacités d’apprentissage des enfants.  Lancé au Niger en 2004, le programme s’est étendu à plus de 75 000 écoles dans 11 pays africains afin d’assurer une éducation de qualité pour tous. Entre autres pays bénéficiaires, le Niger, le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, la Côte d’ivoire, le Madagascar, le Ghana, Djibouti, Ethiopie, Malawi puis le Bénin. Ledit programme vise l’amélioration de l’environnement pédagogique par la mise en place des comités de gestion scolaire et dès lors, la gestion des écoles devient l’affaire de tous avec une réelle implication des communautés.

Des témoignages fusent déjà et attestent de l’impact de ce programme dont la phase pilote soulage plus ou moins non seulement les parents d’élèves mais également le personnel enseignant. De meilleures capacités de lecture à l’amélioration des notes en mathématique, les élèves excellent et les communautés s’en réjouissent.

DES ACTEURS EN PARLENT ET TEMOIGNENT

Laurent Hotingni, Chef Circonscription scolaire de Sakété

On a toujours pensé que la chose de l’école, en termes de participation de la communauté, c’était réservé aux parents d’élèves… Mais grâce à ce projet, nous avons compris que désormais, c’est toute la communauté qui devrait se mobiliser autour de la vie de l’école… Il s’agit d’un modèle qui mérite d’être généralisé au niveau de notre pays, parce qu’il y avait un vide, je dirais…Auparavant, ces écoles ne disposaient pas, par exemple, d’un groupe électrogène pour pomper l’eau dans le tank. Maintenant, avec le projet, les parents ont compris, la population a compris qu’ils ont intérêt à mettre la main à la pâte, comme nous le disons, afin que ces écoles puissent disposer d’un groupe électrogène afin d’améliorer les conditions de travail et d’études pour les apprenants…certaines écoles, certaines communautés ont compris qu’elles peuvent désormais faire photocopier des cahiers, certains cahiers, certains livrets aux apprenants. Certaines communautés ont compris également qu’elles peuvent appuyer les coûts de renforcement au niveau de ces écoles…les enfants s’améliorent en termes de performances en arithmétique. Il est nécessaire que ce projet puisse se poursuivre, puisse s’étendre, pour que cela puisse impacter toutes les écoles du pays.

Alexis Vetosseho, Directeur de l’EPP Dra

Nous étions très contents de recevoir ce projet…Il fallait prendre part à une assemblée générale informative où tous les parents devaient être conviés pour qu’on puisse leur expliquer les critères de désignation, les modes d’élection parce que ces élections devaient être basées sur un mode démocratique. Après cela, nous étions passés à une assemblée générale élective où nous avons effectivement mis en place le comité de gestion de l’école…nous avions appris maintenant comment identifier les différents problèmes auxquels l’école est confrontée. Après cela, nous allons chercher les solutions…Notre foi est vraiment grande en ce projet.

Taffa Agué Adelakoun, Coordonnateur Projet Japon 6 et Point focal du projet pilote/MEMP

Le modèle mis en place est un bon modèle parce que ça permet à la communauté d’intégrer les problèmes à travers les plans d’action, de les résoudre et on part de la base à travers les assemblées générales. Donc ce n’est pas un groupuscule qui décide, c’est plutôt toute la communauté qui décide de la résolution des problèmes. Et quand c’est pris comme ça, il n’y a pas de raison que ça ne prospère. Et ce qui est important dedans, c’est que vu que ça émane de la volonté même de la communauté, même après le projet, on est sûr que la communauté pourra quand même pérenniser les acquis du projet…nous sommes en train de penser actuellement à la généralisation du projet, mais tout dépend des résultats que nous aurons après l’évaluation de la phase pilote…Mais déjà, le Ministère des enseignements maternelle et primaire a déjà anticipé et a déjà envoyé une requête d’extension de ce projet à l’Agence japonaise de coopération internationale. Nous espérons que nous aurons une bonne suite.

Junko NAKAZAWA, Conseillère technique en gestion d’école/JICA-Bénin

En collaboration avec le ministère de l’enseignement maternel et primaire, la JICA a conduit le projet pilote pour l’amélioration des acquis scolaires à travers la participation communautaire. C’est-à-dire, souvent en général, on considérait que l’amélioration de qualité de l’apprentissage, les acteurs principaux, ce sont les enseignants et les élèves. Mais dans notre projet pilote, on travaille beaucoup avec les parents d’élèves et la communauté, parce que l’éducation, ça concerne tout le monde….il y avait beaucoup de participation communautaire, mais surtout les parents d’élèves qui contribuaient à l’amélioration de l’environnement scolaire… Mais depuis le démarrage de notre projet pilote, les contributions des parents d’élèves et de la communauté, c’est vraiment magnifique…

Mathias Savoeda, Président du Comité de gestion d’école de Dra

Concernant le projet Ecole pour tous, la mise en place du Comité de gestion de l’école est une avancée, selon nous et nous en sommes ravis. Autrefois, on ne s’appuyait que l’Association des parents d’élèves. Avec la Jica, il a été question d’une implication communautaire dans la gestion scolaire. Après les formations, nous avions convoqué une assise générale informative puis après nous avions décidé de la composition du Comité de gestion de l’école. Il y a trois représentants du bureau APE, le directeur d’école et le délégué de l’école ainsi la représentante des femmes, un représentant des églises, un représentant des religions endogènes. Donc, onze (11) personnes au total composent le comité de gestion…Avec ce projet, on s’est rendu qu’on pouvait résoudre assez de problèmes mais qu’on ne faisait pas.

Bonou Chitou, Président du bureau APE/EPP Illasso-Sahoro Centre

J’ai été désigné à l’issue d’un vote démocratique. Avec ce projet de la Jica, nous avions pu compter sur la contribution des populations pour la construction d’un château d’eau et aujourd’hui, les enfants ont accès à une eau potable. Grace à ce projet, nous avons appris à résoudre certains problèmes sans attendre que les autorités nous viennent forcément en appui.

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