L’ascendance Finistérienne de Fustel de Coulanges mérite donc qu’on s’y attarde pour mieux explorer
la prospective entre les continents.
Les Cahiers de l’Iroise ont conservé des éléments biographiques et généalogiques qui peuvent apporter
des signaux pour anticiper l’avenir. Le 18 janvier 1719, Alexandre Lombard, curé de Saint-Sauveur,
bénissait le mariage de Jean-Denis Fustel, garde-magasin des vivres de la Marine au port de Brest et
Jeanne Surville, native de Saint-Malo. De ce mariage est issue une descendance nombreuse qui fut
brestoise jusqu’au père du célèbre historien : Hypolite Jean Bertrand né à Brest le 9 Vendémiaire an
IV, mort à Paris le 8 juin 1831.
Jean Denis Fustel, ou de Fustel, descendait d’une ancienne famille de Citry sur les bords de la Marne,
alliée aux Coulanges, ancêtres de la mère de Madame de Sévigné et aux Daguesseau, ancêtres du
célèbre chancelier de France.
Les Fustels brestois se faisaient appeler de la Villehoux. Le nom de Coulanges fut repris par Hypolite
Jean Bertrand Fustel qui l’avait reçu de son père, lui-même lointain héritier d’une branche collatérale.
Le père de l’historien étant mort jeune, ses enfants ne purent savoir de quelle manière leur était
parvenue cette addition à leur patronyme. La généalogie brestoise des Fustels s’étend donc sur plus
d’un siècle. Elle se sépare en plusieurs branches qui se sont parties dans les Picaud, les Laporterie, les
Huet, les Duchesnes, les Bergot, les Pellé, les Le Faou, familles connues à Brest au siècle dernier. On y
trouve surtout des marins : le grand-père de l’historien, Denis Marie, était capitaine de vaisseau. Un
Fustel participa à la guerre de l’indépendance américaine ; un autre commandait un navire à la
malheureuse tentative de débarquement en Irlande avec Hoche.
Les Fustel habitèrent d’abord le quartier brestois de Recouvrance, puis vinrent s’installer dans celui
des Sept-Saints. Une branche issue d’un oncle du grand-père de Fustel de Coulanges s’était fixée à
Gouesnou. Le 26 juillet 1837, Denis Jacques Fustel, propriétaire à Gouesnou vendait à la ville de Brest
une portion d’immeuble rue Charronnière (rue Monge) en vue de l’extension de l’école des Frères
(depuis école publique de garçons).
Une très courte notice sur cette famille, signée de Daniel Bertrand, a paru dans la nouvelle revue de
Bretagne en 1947. La Revue Chercheurs et Curieux a publié dans un numéro de mai 1952 un assez long
exposé signé Edmond Bondis. Monsieur Bondis, descendant du grand historien, a provoqué les
recherches sur le plan brestois, ce qui a permis de constituer aux Archives municipales de Brest un
important dossier sur Fustel de Coulanges et ses ancêtres.
Siège de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), Yaoundé est décrite par certains
prospectivistes comme la futur Tel Aviv de l’Afrique. Une vision de l’avenir qui fait sens avec l’histoire
de Fustel de Coulanges qui porte le nom du lycée français de la capitale politique du Cameroun. Entre
Harmattan et rives du Ponant, une rue Fustel de Coulanges dans la ville océane de Brest souffle aux
vents du monde la mémoire du célèbre historien français, ancien directeur de l’École normale
supérieure et titulaire de la première chaire d’histoire médiévale à la Sorbonne. Tout commence en
Finistère ?
Dans son œuvre La Cité antique, Fustel de Coulanges voit dans la religion et le culte des morts les
fondations des institutions des sociétés anciennes. Issu d’une famille bretonne, Fustel de Coulanges
jouit d’une grande ascendance brestoise. Or, sa vision de Fustel de Coulanges présente un parallélisme
étonnant entre mythologie antique voire celtique d’un côté, et cosmogonie africaine de l’autre. Dans
ces deux univers, la place des morts et de la religion est cruciale car elle guide les règles d’héritage, detransmission. Demain, ce paradigme peut guider l’Afrique à mieux valoriser son patrimoine immatériel,
la transformation de ses actifs du visible à l’invisible. Dans ses travaux, le physicien Antoine Lavoisier
écrivait : « Rien ne se perd, rien ne se crée : tout se transforme ».
Aucune entreprise ne peut prospérer dans un désert. Si la vision de Tel Aviv de l’Afrique entend
explorer des enjeux d’innovation, d’agriculture régénérative et de forêts connectés et comestibles
grâce aux nouvelles technologies, elle doit s’appuyer sur des éléments mémoriels et plus largement
une toile historique. Fustel de Coulanges nourrit une réflexion profonde du passage de témoin entre
les civilisations, la transmission des savoir-faire et le croisement entre aventures humaines
audacieuses. L’origine de l’abbaye Saint-Mathieu de Fine-Terre remonterait à des reliques ramenées
d’Égypte par des marins bretons. Le Finistère est un territoire breton de l’Arc Atlantique riche de ses
chemins de mémoire avec l’Afrique.
