La Cour constitutionnelle a proclamé hier, lundi 19 janvier 2026, les résultats définitifs des élections législatives du 11 janvier 2026. Elle a confirmé la répartition faite par la Commission électorale nationale autonome (Céna), laquelle octroie 60 députés à l’Union progressiste le Renouveau (Up-R) et 49 députés au Bloc Républicain (BR). Cette proclamation ouvre la voie au contentieux électoral. Les candidats qui désirent contester ces résultats ont 10 jours pour formuler des recours. Le contentieux vidé, la prochaine étape sera l’installation officielle des députés de la 10e législature, prévue pour le 8 février 2026.
Au vu de ces résultats, la 10e législature comporte des visages nouveaux mais aussi familiers, bien trop familiers d’ailleurs car certains totalisent déjà près d’une vingtaine d’années à l’Assemblée nationale. Dans le lot de députés carriéristes, il y a :

Edmond Agoua
Si on s’en tient aux informations glanées çà et là, ce sera la 6e fois consécutive que le député Up-R de la 10e circonscription électorale Edmond Agoua est élu au Parlement. Elu pour la première fois en 2007, Edmond Agoua totalise à ce jour 19 ans de présence à l’Assemblée nationale (2007, 2011, 2015, 2019, 2023). Réélu en 2026 pour un mandat de 7 ans, Edmond Agoua réunira en 2033, 26 ans de présence sans discontinuer au Parlement.
Sofiatou Schanou
Comme Edmond Agoua, sa première expérience parlementaire remonte à la 5e législature. De 2007 à aujourd’hui, si entre temps, il n’y a pas eu de rupture dans son parcours parlementaire, Sofiatou Schanou totaliserait également 19 ans de présence consécutive à l’Assemblée nationale. En 2007, elle était élue sous la bannière du parti Fcbe. Depuis, la députée BR de la 19e circonscription électorale n’a cédé sa place à personne. En 2033, ça lui fera également 26 ans de carrière à l’Assemblée nationale.
N’Ouémou Domitien
Réélu sous la bannière de l’Up-R, N’Ouémou Domitien est un vieux routier de l’Assemblée nationale. Sa première expérience remonterait aussi en 2007, à la 5e législature où il a été élu député Fcbe. De la 5e à la 10e législature, N’Ouémou Domitien garde son rang. En 2026, il est le seul élu Up-R de la 3e circonscription électorale.
N’Da Antoine N’Da
Premier titulaire sur la liste BR dans la 4e circonscription électorale, N’Da Antoine N’Da fait son retour pour la 6e fois à l’Assemblée nationale. Il totalise, comme les autres 19 ans de pratique parlementaire et s’apprête à faire 7 ans de plus.
Augustin Ahouanvoébla
Il est l’un des architectes des nouvelles lois électorales aux conditions plus corsées. Ancien membre influent du Prd, Augustin Ahouanvoebla a fait sa mue aux premières heures de l’avènement du régime de la Rupture, devenant ainsi l’un des barons de l’Up-R dans la 20e circonscription électorale. Si les informations sont justes, la première expérience parlementaire de Augustin Ahouanvoébla remonte aussi à 2007, à la 5e législature où il était élu sous la bannière du Prd. Aujourd’hui encore, il est tête de liste Up-R dans la 20e circonscription électorale, réélu pour un mandat de 7 ans, après avoir déjà cumulé 19 ans à l’Assemblée nationale.
Benoît Dègla
Tête de liste BR dans la 10e circonscription électorale, Benoit Dègla revient au Parlement en 2026 pour un mandat de 7 ans. Comme les autres, il était membre de la 5e législature en 2007. Mais l’homme n’a pas toujours été député depuis 2007, contrairement à d’autres. Sous le président Boni Yayi (2006-2016), il a été ministre de l’intérieur et de la sécurité publique. Son nom réapparait à la 7e législature en 2015, la 8e puis la 9e.
Barthélémy Kassa
Il doit être l’un des plus anciens députés actuellement encore réélus. La première expérience parlementaire de Barthélémy Kassa remonte en 2003 à la 4e législature. Mais le mandat qui a suivi, la 5e législature en 2007, il n’a pu se faire réélire. Mais en 2011, il fait son come-back, élu député de la 3e circonscription électorale. Mandat qu’il a laissé à son suppléant en 2012 pour rejoindre le gouvernement de Boni Yayi, en tant que ministre de l’énergie, de l’eau et des mines. Fonction qu’il a occupée jusqu’en 2015 après le déclenchement de l’affaire PPEAII. Réélu député à la 7e législature en 2015, il a fait face à une demande de levée d’immunité parlementaire en juillet 2015 suite à l’affaire de détournement de fonds liés au projet PPEA II (eau et assainissement). L’Assemblée nationale a toutefois rejeté cette demande par 45 voix contre 38. Conforté dans ses fonctions, Barthélémy Kassa est réélu député à la 8e législature, à la 9e législature puis maintenant à la 10e législature pour un mandat de 7 ans.
A ces anciens, considérés comme les doyens de l’Assemblée nationale, leur première élection remontant en 2007 pour la plupart, 2003 pour Barthélémy Kassa, s’ajoutent d’autres pas moins doyens. Ils ont nom, Aké Natondé, Adomahou Jérémie, Gérard Gbénonchi, Okoundé Jean-Eudes, Dakpè Sossou, Assan Séibou Hyppolite Hazoumè, Mathias Kouwanou… la liste n’est pas exhaustive. Ceux-ci cumulent au moins trois mandatures, les noms de certains remontant pour la première fois à la 7e mandature en 2015. La nouvelle Constitution n’ayant pas limité le nombre de mandat pour les députés, s’ils sont encore positionnés en 2033, ils peuvent même battre le record de ceux qui sont leurs doyens aujourd’hui.
L’exemple Issa Salifou
Comme les doyens Edmond Agoua, Sofiatou Schanou, Barthélémy Kassa, le député Up-R Issa Salifou a été aussi élu pour la première fois en 2007. Après avoir passé 5 mandats consécutifs à l’Assemblée nationale (2007, 2011, 2015, 2019, 2023), il lui était loisible de revenir en 2026 pour un 6e mandat sans discontinuer. Mais non. Issa Salifou a jugé qu’il était temps de passer le relai. Même si on peut regretter que ce relai soit passé à son fils et non à l’un de ceux qui ont été tout le temps son suppléant, c’est quand même un geste noble de savoir quitter les choses pendant qu’il est encore temps. Il a choisi de ne pas se représenter, ouvrant ainsi la voie à la jeunesse pour faire ses armes. Avant lui, Charles Toko, Samou Adambi et Rachidi Gbadamassi avaient aussi renoncé à se présenter aux législatives. Ils ont pensé à la relève, pendant qu’ils sont encore actifs. Cela est à saluer.
M.M