Dans sa ferme au village, on dit qu’il s’est retranché. Est-ce pour un retrait définitif de la politique ou il prépare un retour dans l’arène ?
La rumeur, que seul le chroniqueur a entendu, n’a pas eu besoin de courir, de serpenter et de s’amplifier : Corentin Kohoué aurait disparu des radars urbains. Plus de réunions, plus de discours… On dit qu’il s’est retranché dans sa ferme au village, comme un général en exil qui prépare son retour… ou comme un cultivateur qui a enfin trouvé la paix dans le bêchage ?
Certains affirment l’avoir vu, silhouette discrète, entre deux rangées de maïs. Il parlait aux poules avec un sérieux présidentiel : « Mesdames, l’ordre du jour : pondre avec discipline ! ». Les pintades, elles, semblaient voter à l’unanimité. D’autres racontent qu’il médite sous un manguier, attendant que la pluie lui souffle la stratégie ultime.
Pendant que la ville s’agite, lui savoure le silence rural : café au feu de bois, sourire aux chèvres, et réunion improvisée avec les cabris. On ne sait plus s’il prépare un retour triomphal ou simplement la meilleure omelette du Couffo.
En 2021, il a franchi le pas après plusieurs années de réflexion. Notre CK, pas Calvin Klein, mais bien Corentin Kohoué, a été entraîné dans la danse par un certain Irénée Agossa. Les mauvaises langues disent que cette aventure c’était pour sauver la face à un ami de Irénée, le qualiticien passé par le mouvement étudiant avec sa moto P50. La Haac lui a souri, aussi entre temps.
Revenons à notre CK. Ses voisins disent que désormais au village, il n’a plus besoin d’eau courante. Paradoxe pour celui qui fut DG de la Sbee, quand cette société fournissait de l’eau. Corentin lui, délaye son gari avec son eau de puits.
Hésitant entre admiration et perplexité, des gens du village racontent qu’il est là, mais il n’est pas là. Un banabana, avec son air sérieux, a dit l’avoir croisé parfois au marché, achetant des tomates avec la gravité d’un chef d’État en négociation. Puis il disparaît à nouveau, comme une légende qui refuse de se laisser attraper.
Alors, où est Corentin Kohoué ? Peut-être qu’il a trouvé la vraie retraite politique : un fauteuil en bambou, une radio grésillante, et le pouvoir absolu… sur ses légumes. Ou peut-être qu’il prépare un grand retour, avec un discours rédigé par ses poules et validé par ses pintades.
En attendant, la question reste ouverte, presque mythique : Corentin est-il devenu ermite, stratège, ou simple fermier heureux ? Une chose est sûre : dans son village, il règne déjà. Non pas sur les hommes, mais sur les tomates, les mangues et les pintades. Et avouons-le : c’est peut-être là le vrai pouvoir.
Irénée Agossa peut lui vendre autre chose demain. On ne sait jamais.
Marie-Ange SÈDOLO

