S’il existe un circuit Lawrence d’Arabie à Dinard sur la côte d’Emeraude, imaginons une oasis arboricole de créations gourmandes avec l’écomusée de la Bintinais. Une proposition dans ce sens est actuellement soumise à votation citoyenne dans le cadre du budget participatif soutenu par La fabrique citoyenne – Ville de Rennes.
Le manoir de la Bellangerais, mentionné au XIVe, appartient au XIXe siècle, à la famille Le Bastard, puis à celle de P. Artur, directeur de l’Ouest-Eclair. Celui-ci créa des jardins familiaux pour les employés du journal.
Les maisons alentour ont été construites autour du manoir et de la ferme. Les impasses, aux noms de villes bretonnes, dessinent des arabesques, des crosses, des clés, des croix ou des carrés.
Les terres du domaine, les derniers vergers de Rennes, étaient encore exploitées dans les années 70.
Les nombreux espaces verts et la proximité du canal d’Ille-et-Rance marquent cet endroit, délimité à l’est par la « coulée verte » une grande prairie qui traverse le quartier du nord au sud.
Un parcours horticole à la mémoire d’un grand aventurier et de ses découvertes
Il existe à Dinard un circuit Lawrence d’Arabie en souvenir de ses nombreux séjours d’enfance sur la côte d’Emeraude. Il reste désormais à mieux faire connaître son passage à Rennes pour se rendre sur les Marches de Bretagne jusqu’à Fougères. « Je suis tombé amoureux du canal d’Ille-et-Rance » : le 26 août 1907, Lawrence d’Arabie écrit une lettre à sa mère où il compare le canal aux rives de la Tamise à Londres ainsi qu’à la rivière Isis empruntée par les courses d’aviron de l’université d’Oxford.
Lawrence d’Arabie, ambassadeur du terroir cidricole et arboricole du pays de Rennes ? Lors de son tour de France en 1908, Lawrence d’Arabie s’était pris de passion pour le cidre. Étudiant en archéologie à l’université d’Oxford, il sillonna toute la Bretagne sur son vélo de course pour étudier l’architecture défensive de châteaux (Moncontour, Lamballe, Fougères, Lanleff…) ainsi que des reliques des croisades (issues de la poterie médiévale vitrifiée au plomb).
Comment le périple breton de Lawrence d’Arabie pourrait valoriser les vergers du pays de Rennes en s’inspirant de l’expérience du Blida développée pour le champagne.
À l’origine, les verreries installées aux alentours de Reims fabriquaient des « Blidas », ces petits verres à thé, qu’elles exportaient vers l’Algérie par la ville de Blida pour couvrir l’Afrique et les pays d’Orient. Aussi, ce verre à thé a été détourné de son usage premier par les Ruinard, les Moët, les Taittinger, ces grandes familles qui ont fait la réputation du champagne à travers le monde.
Dans les années 60, le marché s’est effondré et la production invendue s’est retrouvée coincée. Afin de ne pas la gaspiller, les artisans (gobelet) ou vignerons pour le cas de Reims ont choisi de l’adopter. Un esprit pragmatique et du recyclage avant l’heure !
Une transformation qui pourrait inspirer l’artisanat et l’imagination du pays de Rennes, pour attirer des publics curieux et demandeurs de découvertes ou de connaissances pour développer de futures éco-distilleries.
Lawrence d’Arabie entre Rennes et Sétif ?
Comme la fleur de blé noir et d’autres richesses venues d’Orient, Rennes peut nouer un dialogue créatif avec d’autres villes partenaires comme Sétif en Algérie (jumelée depuis 1980).
A noter que le Pôle Fruitier de Bretagne est un centre de ressources sur la conservation, l’étude et la valorisation du patrimoine fruitier breton, initié en 2009 par l’association Les Mordus de la Pomme. Il assure l’animation et la fédération des acteurs pomologiques bretons, accompagne la mise en place de vergers conservatoires, ainsi que tout type de projet individuel ou collectif.
Soumis au vote dès aujourd’hui : https://fabriquecitoyenne.fr/project/budget-participatif-7/collect/le-depot-des-projets/proposals/lawrence-darabie-dans-les-vergers-de-la-bellangerais-et-du-pays-de-rennes-en-longeant-le-canal-dille-et-rance