La proposition de loi portant amnistie des personnes détenues dans le cadre de la présidentielle de 2023 a été déposée au Parlement par les députés de l’opposition. Mais depuis quelques mois, la polémique enfle et vire au chantage presque.

En effet, pour les députés du camp de la Mouvance, majoritaires au sein de l’institution, c’est mal parti parce que l’initiative ne devrait pas venir de leurs collègues de l’opposition à qui ils reprochent aussi une position trop rigide sur des dossiers. Sur l’émission Grand Angle diffusée sur la web radio Crystal News, dimanche 26 novembre 2023, le député Comlan Léon Ahossi du parti Les Démocrates a été interpellé sur les chances du vote de cette loi. À bien suivre le deuxième vice-président du Parlement et troisième vice-président du parti Les Démocrates, l’enjeu ne doit pas être ces querelles de clochers mais plutôt l’intérêt que cette loi présente pour le pays.

Pour Léon Ahossi, ces personnalités politiques et ces étudiants détenus, y compris les exilés sont indéniablement proches des députés de la majorité parlementaire qui proviennent également des 24 circonscriptions électorales du pays. « Je ne souhaite pas qu’un système de règlement de compte cyclique s’installe », prévient le colonel des douanes à la retraite. « Trouvons la formule pour sortir ces gens de là où ils sont et que les exilés reviennent. Ce sont des Béninois et ils souffrent de là où ils sont… », poursuit-il en soulignant que la mise en liberté et le retour au pays des personnes concernées ne fera pas tomber le pouvoir de Patrice Talon avant la fin de ses mandats en 2026. À la question du journaliste Virgile Ahouansè de savoir l’attitude qu’adopteraient les députés de l’opposition au cas où la Mouvance leur demanderait, en échange à la loi sur l’amnistie, de voter pour la révision de la Constitution, le deuxième vice-président de l’Assemblée nationale déclare que les députés du groupe parlementaire Les Démocrates ne sont pas braqués.

Mais pour lui, il ne sera pas question de les amener à réviser la Constitution pour qu’en retour ils obtiennent le vote de la loi sur l’amnistie. « Nous ferons ce qui nous paraît bon pour le pays. La loi portant amnistie nous paraît bonne pour le pays. Si la révision vient, si les choses qu’on veut y introduire nous paraissent bonnes, on va les voter. Mais nous ne voulons pas lier les deux. Si c’est parce qu’on doit mettre le pays en péril qu’il faut demander aux autres de voter la loi sur l’amnistie, moi je ne suis pas preneur. Moi je veux ce qui arrange le pays. J’estime qu’on n’a pas à combiner les deux », martèle-t-il.

 

 W.B

 

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