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  • Cours en ligne dans les universités publiques au Bénin : E-learning : une initiative à pérenniser

    Cours en ligne dans les universités publiques au Bénin : E-learning : une initiative à pérenniser

    Présentée comme une solution innovante pour garantir la continuité académique dans les universités, c’est-à-dire la poursuite des cours face à la nécessité de respecter les mesures barrières à la Covid-19, la plateforme E-learning se révèle comme une initiative dont la pérennisation est plus qu’indispensable. Bien que le déploiement de la plateforme dans les universités se soit révélé telle une expérience au goût d’inachevé, le E-learning s’impose face aux réalités sur les campus universitaires.

    Dans la salle en face par exemple, après une heure de cours, je n’arrive pas à supporter la chaleur et je suis obligé de rentrer. Ce n’est qu’après que je me rapproche des camarades pour avoir le cours“ confie Renaud G (nom d’emprunt), étudiant en sociologie-anthropologie à l’Université de Porto-Novo. Selon ce dernier, la salle est assez exiguë pour contenir tous les étudiants en sociologie. Erigée un peu en retrait, la salle en question est semblable à une salle de classe dans les collèges d’enseignement général. Et pourtant, plus de 200 étudiants devront s’y engouffrer pour suivre les cours, témoigne Renaud.

    En effet, dans les universités publiques béninoises, le problème des gros effectifs constitue une préoccupation majeure. Il n’est pas rare de voir des étudiants assis à même le sol pour suivre les cours, faute de mobiliers scolaires suffisants et de places pour accueillir tous les étudiants dans les amphis. Amphithéâtres surchargés, manque d’équipements, manque de ressources financières, telle est la réalité des universités publiques au Bénin. Toute chose qui n’offre pas de meilleures conditions d’apprentissage aux étudiants.

    Dans un tel contexte, le E-learning se présente comme une meilleure alternative. Et selon le projet “E-learning au Bénin“ des jeunes cadres de la Banque mondiale mis en œuvre en 2016, la formation en ligne apparaît comme un atout de taille pour offrir aux étudiants de nouvelles perspectives en termes d’apprentissage et de développement de compétences, leur permettant de mieux s’intégrer sur le marché du travail local, régional et international. Une initiative pilote dont la finalité est de promouvoir la formation en ligne et élargir les possibilités d’apprentissage pour les étudiants béninois, en mettant à disposition une gamme de cours en ligne massifs et ouverts (MOOC), dont plusieurs sont gratuits. Des acquis de ce projet auraient toutefois pu être d’une grande utilité en vue d’un meilleur déploiement de la plateforme dans les universités publiques.

    La seule évidence est que l’option du E-learning se révèle indispensable aujourd’hui pour faire face durablement à la problématique des gros effectifs dans les amphithéâtres. Et le projet Réseau béninois d’éducation et de recherche (Rber) visant à interconnecter les universités et les centres de recherche du Bénin devrait être crucial dans la dynamique de pérennisation du E-learning dans les universités publiques au Bénin.

    Aziz BADAROU

  • Pérenniser Talon ou ses acquis…  : Armand Gansè dans la confusion

    Pérenniser Talon ou ses acquis… : Armand Gansè dans la confusion

    « Boni Yayi 10 ans, c’est maintenant fini ». On était en 2015, à un an de la fin du second et dernier mandat de Boni Yayi, quand Sacca Lafia, soutien du régime Yayi, a annoncé les couleurs de 2016. En fin de règne, la pratique veut que le landernau politique se reconstitue.

    Et dans ce repositionnement, le président sortant ne peut plus logiquement jouer les premiers rôles. Il peut vouloir légitimement chercher à maintenir son système. Ça peut lui réussir ou pas, mais l’évidence ce n’est plus lui qui décide. Et c’est ce qu’a compris très tôt Sacca Lafia. Aujourd’hui, on peut dire que ça lui a réussi.

    Comme Sacca Lafia en 2015, le député du Bloc républicain Armand Gansè lance un mouvement à 2 ans de la fin du second et dernier mandat de Patrice Talon. Mais contrairement au message véhiculé en son temps par l’actuel président de la Céna, la campagne de Armand Gansè vise à mettre plutôt le président sortant au cœur du landernau politique béninois en 2026, année où il doit faire ses adieux au Palais de la Marina. En effet, ce lundi 06 Mai à Bohicon, selon les informations rapportées par le journal Fraternité, le député Armand Gansè a lancé la Campagne « Plus jamais l’éviction du mécène en politique au Bénin », « Talon ou rien ».

    Aux dires de l’initiateur, la campagne entre dans le cadre des élections générales de 2026 et vise à soutenir le président Talon considéré comme un mécène politique au Bénin. « On ne change pas l’équipe qui gagne. Le président Talon a su donner un nouveau look à notre nation. Il mérite bien la pérennisation de ses acquis. Le Bénin ne peut pas se permettre de perdre un leader fort comme Talon », a laissé entendre Armand Gansè. Il n’a pas manqué de souligner que les prochains mois seront décisifs pour la campagne.

    C’est normal et légitime de vouloir la pérennisation des acquis de son leader au-delà du règne de ce dernier. D’ailleurs, Patrice Talon lui-même a dit qu’il sera très actif en 2026. Une manière de faire comprendre aux Béninois qu’il fera en sorte que l’héritage politique qu’il laisse ne tombe pas dans des mains « ennemies ». Mais la campagne lancée par le député appelle deux observations. Il veut qu’il soit pérennisé le système de mécène politique au Bénin. Or, l’essence même de la réforme du système partisan, c’est arrivé à bannir ce système.

    Désormais, les partis politiques reçoivent le financement public. Et cela se chiffre à des centaines de millions par trimestre. Plus donc besoin d’un puissant propriétaire qui finance tout seul le parti et donc décide de tout. A quoi alors répond « Plus jamais l’éviction du mécène en politique au Bénin » ? La deuxième observation, que vient chercher « Talon ou rien » dans la campagne de Armand Gansè ? Pour pérenniser les acquis de son leader, a-t-il besoin de mettre Talon au cœur du jeu politique en 2026, surtout quand on sait qu’il est out en 2026 ? Plus loin, il affirme que le Bénin ne peut pas se permettre de perdre un leader fort comme Talon. Et d’ajouter que les prochains mois seront décisifs pour la campagne.

    A moins que Armand Gansè soit en train de révéler un programme caché qui vise à pérenniser le système Talon avec lui-même à la tête au-delà de 2026, on ne sait vraiment pas à quoi riment ces affirmations. Soit, le député de la 23e circonscription électorale confond totalement pérenniser un système et pérenniser un homme.

    M.M