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  • Vernissage :  « Molimo » en exposition à Le Centre jusqu’au 21 septembre (Une œuvre de Achille Adonon et Paty Masiapa)

    Vernissage : « Molimo » en exposition à Le Centre jusqu’au 21 septembre (Une œuvre de Achille Adonon et Paty Masiapa)

    Vendredi 28 juin 2024, s’est ouvert à l’espace culturel Le Centre le Vernissage de l’Exposition collective « Molímo » des artistes Achille Adonon du Bénin et Paty Masiapa de la RDC. Un parterre d’invités ont honoré de leur présence l’ouverture de ce vernissage qui prend fin le 21 septembre prochain.

    Après un mois de résidence de recherches et de créations à l’espace culturel Le Centre, les artistes Achille Adonon du Bénin et Paty Masiapa de la RDC exposent leurs performances au public, amoureux des arts. C’est à travers le vernissage intitulé « Molimo, Esprit et Muse » qui a ouvert ses portes ce vendredi 28 juin et dure jusqu’au 21 septembre 2024. Pendant leur résidence, les deux artistes ont exploré l’« Esprit » comme principe immatériel universel, par opposition au corps, à la matière et à la « muse » qui est l’énergie incarnant l’inspiration artistique.

    « L’œuvre que j’ai présentée est une création. J’appelle tout un chacun de nous à se plonger dans ces œuvres-là et de lire leur ressenti. Nous avons travaillé sur l’esprit purement dit « Aziza » et nous avons questionné le temps, ce temps qui est complice avec la muse, avec les esprits », laisse entendre Achille Adonon. A ses dires, on ne peut jamais fait quelque chose sans ces esprits-là. « Tous au tant que nous sommes, c’est un maître qui nous conduit. Ce maître réside en nous et c’est ça la muse qui nous guide. Nous sommes ses « esclaves ». Après tout, nous irons rendre compte à ces esprits », explique l’artiste. Achille Adonon affirme pourtant ne pas, pour le moment, oser s’appeler artiste, car il estime faire son petit chemin dans l’art. « Je m’exprime avec la peinture, le dessin, la sculpture et les installations. C’est une belle expérience de travailler avec l’artiste congolais. Nous avons partagé de bons moments d’échange, de connaissance, de culture. Cela enrichit tout un chacun de nous », laisse-t-il Achille Adonon.

    « Je suis un écocitoyen et l’espace culturel Le Centre m’a donné la chance de m’exprimer et de communiquer avec le Bénin », a laissé entendre l’artiste Paty Masiapa de la RDC. Expliquant ces œuvres, l’artiste explique que son travail est basé sur la récupération. « Il y a trop de déchets et en tant qu’artiste performant, plasticien, j’ai une démarche où j’utilise ce que je ramasse et je transforme en œuvre d’art. Je me base sur ça, pour montrer que les déchets, on peut les recycler et qu’ils peuvent devenir réutilisables », a confié Paty Masiapa.

    Pour le Directeur de l’espace culturel Le Centre Berthaud Hinkati, on sent aisément, de par les œuvres, que c’est un brassage entre le Bénin et la République démocratique du Congo. « La thématique El -Munlim qui est lingala, écrit en fongbè, c’est déjà une manière pour nous de signifier ce brassage entre ces deux nations et l’autre chose, les deux artistes ont travaillé ensemble du début à la fin et si vous regardez bien il y a des œuvres similaires. Les artistes ont développé la thématique Esprit et Muse du début de l’exposition jusqu’à la fin. Toute les œuvres parlent de cette thématique-là donc il y a une véritable symbiose entre ces deux artistes », a laissé entendre Berthaud Hinkati. A ses dires, les attentes du public sont comblées, de même que celles de l’équipe de l’espace culturel Le Centre parce que c’est beaucoup de concentration, beaucoup de travail pour des résultats escomptés.

    B.H

  • Joué à l’espace culturel : Le Centre « Serenity Off », une invite à valoriser l’humain

    Joué à l’espace culturel : Le Centre « Serenity Off », une invite à valoriser l’humain

     Culture

    Malgré les fines gouttelettes de ce vendredi soir à l’espace culturel Le Centre, le public n’a pas décroché. Il est resté jusqu’au bout pour connaître le fin mot de l’histoire de « Serenity Off ». Elle parle de catastrophe humanitaire en Europe. Les Occidentaux fuient alors vers de nouveaux horizons. L’Afrique est le parfait refuge parce que socio-économiquement stable. Mais quelle sera alors la réaction des Etats africains et des groupes d’intérêt face à ce flux migratoire qui bouleverse la donne. Quelle décision, il faut prendre ? C’est alors qu’au lieu que sauver d’abord l’humain soit le réflexe, les calculs entrent en jeu. Le groupe Serenity décide de prendre les choses en mains afin d’influencer la décision du gouvernement. Mais entre eux, des divergences apparaissent entre ceux qui sont favorables à l’accueil des migrants et ceux qui veulent préserver leurs intérêts, profiter de la situation pour s’enrichir.

    Pour Mariame Darra, la metteuse en scène, « Serenity Off » une invitation à tout humain à faire taire cette douleur, mettre de côté le passé. « Qu’on soit noir, gris, jaune, nous sommes nés en tant que humain, on doit pouvoir mourir en tant qu’humain. Et on doit pouvoir résoudre les équations existentielles, on doit passer dans cette vie en se disant ce n’est pas l’humain qui doit s’entretuer pour une raison ou une autre. L’humain doit être une force où qu’il soit pour les uns et les autres pour pouvoir bien vivre dans ce monde. C’est notre message, c’est notre objectif » a laissé entendre Mariame Darra. Revenant sur l’idée au départ de l’histoire, elle souligne que cette pièce vient de plusieurs parcours. « Nous avons commencé en mars 2021 avec 15 comédiens à Cotonou et 12 à Parakou. On était parti sur le principe de ça ne va dans le monde. Les rapports noirs et blancs ne sont pas de bons rapports. En tant qu’artiste qu’est-ce que nous pouvons faire ? ».

    Se prononçant sur le spectacle, le Directeur général de l’espace culturel Le Centre, Berthold Hinkati, a laissé entendre que l’espace culturel Le Centre fait la promotion des arts en général y compris le théâtre. « Et là nous sommes à notre premier spectacle de théâtre de l’année. Quand les équipes de « Serenity Off » nous ont demandé de bien vouloir faire la programmation, moi je n’ai pas du tout hésité parce que les échos concernant ce spectacle étaient déjà très favorables. C’est un spectacle qui est d’actualité et qui véhicule des messages qui touchent tout d’un africain. Dans la vie, la roue peut tourner. Aujourd’hui, l’Afrique est traitée de tous les noms, misère, insécurité, mauvaise gouvernance, etc. On se dit que le continent européen est plus prospère que l’Afrique alors qu’un jour ça pourrait être le contraire. On pourrait avoir la vie plus prospère en Afrique qu’en Europe. Ce spectacle montre qu’il faudrait avoir de l’empathie pour l’autre, parce que l’humanité elle est une, en réalité il n’y a pas de noir, ni de blanc, ni de jaune pas de nationalité en cas de catastrophe », soutient Berthold Hinkati.

    « Serenity Off » est un texte original de Sèdjro Giovanni Houansou, coproduit par Germes de Pensées (Bénin) et Kuckuck Production (Suise).  Mise en scène Mariame Darra et Roger Nydegger. Ornela Fagnon, Sidouane Agoua, Bardol Migan, Victor Goudahouandji et Judicaël Avaligbé sont les comédiens.

    Quelques impressions

     

    Amandine Djaho, comédienne

    « Serenity Off » est un très beau spectacle qu’on a envie de voir et de revoir. On a des acteurs professionnels qui donnent une certaine qualité au spectacle, un metteur en scène qui fait un très bon travail. C’est une soirée que j’ai beaucoup aimée, un spectacle que j’ai apprécié, qui aborde un sujet d’actualité. Un spectacle qui vous fait voyager dans le temps et qui met la lumière sur les questions qu’on se pose et qu’on n’ose pas exprimer et moi, au-delà du spectacle c’est une invite à une réflexion mature dans un monde aujourd’hui qui va vite et qui balaie du revers de main tout ce qui est norme ».

    Ronnie Médégan, comédien, marionnettiste

    « Je félicite toute l’équipe parce que c’est un spectacle de qualité. De la mise en scène, en passant par les jeux d’acteurs et tout ce qui va avec, j’ai beaucoup apprécié. Le spectacle met l’accent sur l’humain à valoriser. Nous devons faire fi de nos différences, quels que soient la couleur de peau, le sexe, la race et autres, chacun doit se sentir chez lui, quel que soit là où il est. La terre nous appartient à nous tous ».

    Bertrand HOUANHO

  • Débat littéraire au Ceg 1 Godomey : L’espace culturel Le Centre se rapproche du public

    Débat littéraire au Ceg 1 Godomey : L’espace culturel Le Centre se rapproche du public

    L’espace culturel Le Centre a tenu le 1er numéro de son programme « Hors les murs », mercredi 15 mai 2024. C’est le Ceg 1 Godomey qui a abrité le débat littéraire au tour de l’œuvre « La Naissance de Fa : l’enfant qui parle dans le ventre de sa mère ». Ceci en présence de l’auteur, Mahougnon Kakpo.

    Rapprocher les auteurs béninois de leur jeune lectorat, promouvoir la littérature en milieu scolaire, étendre les activités de l’espace culturel Le Centre au public éloigné. Tels sont les objectifs de l’espace culturel Le Centre en initiant, en collaboration avec La Dynamique du livre, le programme « Hors les murs ». Le programme tourne autour d’un débat littéraire, rencontre avec l’auteur de l’ouvrage pour des échanges et discussions. Ce mercredi 15 mai au Ceg 1 Godomey, le livre « La Naissance de Fa : l’enfant qui parle dans le ventre de sa mère » de Mahougnon Kakpo est décortiqué en présence de l’auteur. C’est un livre qui est au programme dans les classes de 3ème. Pour ce faire, les élèves des 10 classes de 3ème du Ceg Godomey ont été conviés à partager leur retour de lecture, les questions qui trônent dans leur tête avec l’auteur, homme des lettres, homme politique et spirituellement engagé pour la cause des religions et cultures béninoises.

    Dans son mot de bienvenue, la directrice du Ceg1 Godomey, Emma-Alice Laourou, a souligné que l’intérêt de la manifestation est certes didactique mais aussi d’une grande portée par-delà les obédiences, puisqu’il s’agit d’un sujet qui concerne les valeurs spirituelles, notre africanité, notre identité : le Fa, science divinatoire, science du développement personnel.

    Partageant avec ses élèves des récits du livre à l’honneur, le professeur de français Jean Fandé a salué l’engouement constaté dans leur rang à l’annonce de l’événement. A ses dires, le Fa n’est pas du Vodun. C’est un couloir pour se connaître soi-même et connaître les traditions béninoises.

    Pour le professeur Mahougnon Kakpo, l’émotion est grande de se retrouver au cœur de cette grande manifestation qui marque la vie des apprenants. « La chance d’avoir devant vous un auteur, celui qui a écrit le livre que vous étudiez, nous, on n’avait pas cette chance », laisse-t-il entendre. Le Fa, aux dires de Mahougnon Kakpo, est un domaine vaste de riches connaissances. Il intervient dans les domaines de la littérature, les techniques narratives, les mathématiques d’un niveau très élevé, la philosophie, le développement personnel, la cuisine, la botanique, la médecine, etc. Pour lui, la divination n’est qu’une infirme partie des potentialité du Fa. C’est la connaissance de l’univers, le respect des principes de la vie. « Lorsque vous allez dans la globalisation ou mondialisation, vous êtes obligé d’y aller avec votre culture. Si vous n’apportez, rien vous ne serez rien. Le Fâ étant le socle des humanités classiques africaines cela ne peut que nous comporter nous-même, c’est-à-dire notre culture, notre façon d’être, notre façon de penser », a laissé entendre Mahougnon Kakpo.

    Du programme…

    Revenant sur l’idée derrière le programme « Hors les murs », le Directeur général de l’espace culturel Le Centre, Berthold Hinkati, a souligné que c’est un programme dédié aux pratiques artistiques en général. « Nous aurons des hors les murs dans d’autres champs artistiques au cours des mois à venir. Vous n’êtes pas sans savoir qu’on a plusieurs programmes, plusieurs activités et événements qui se déroulent au sein de l’espace culturel Le Centre et nous avons constaté que nos publics éloignés n’arrivent pas toujours à fréquenter notre espace pour suivre ces différents programmes, raison pour laquelle nous avons décidé de nous déplacer et d’aller vers ces publics éloignés », a-t-il précisé.

    Des impressions

     

    Coucoudou Richard, Tle B1

    « De cette discussion, je retiens qu’ils ont parlé du Fâ et qu’ils ont porté des apports sur la notion du Fâ et ils ont plus explicité les élèves de la classe de 3e sur ce sujet. Selon moi le Fâ est une bonne chose, il faut faire recours à ça parce que ça aide beaucoup’ »

     

    Kpanou Thaïny, 3ème M2

    « Je retiens que le Fâ n’est pas une divinité. C’est un message de Dieu. Le Fâ nous aide à la cuisine, en mathématiques ainsi qu’en philosophie ».

    B.H

  • Spectacle d’humour « Nùkiko Kèdè » : Eléphant Mouillé en prestation à Le Centre

    Spectacle d’humour « Nùkiko Kèdè » : Eléphant Mouillé en prestation à Le Centre

    L’espace culturel Le Centre a reçu, pour le deuxième acte de son programme intitulé « Nùkiko Kèdè », l’artiste humoriste Eléphant Mouillé, samedi 06 avril 2024. Pendant plus de 2 heures d’horloge, le comédien et son groupe ont fait rire, les plus de 350 personnes qui ont fait le déplacement de Lobozounkpa. Une satisfaction pour le Directeur général de Le Centre, Berthold Hinkati.

    Objectif atteint pour l’espace culturel Le Centre. Plus de 350 personnes ont fait le déplacement, ce samedi 06 avril 2024, pour vivre en direct la prestation du comédien-humoriste Eléphant Mouillé. Venu avec son groupe composé des comédiens Paulin, Afountountoun, Dangbé et autres, Eléphant Mouillé a tenu le public en haleine. Adolescents, jeunes et adultes ont passé un bon moment de rire, tout au long des deux tableaux servis par Eléphant Mouillé.

    « L’objectif, c’est amener les gens à rire, le fou-rire. Nous avons constaté que nos usagers, du lundi au dimanche, s’adonnent à leurs différentes activités, les vicissitudes de la vie s’y mêlent et parfois ils n’ont pas le temps de s’amuser, de rire, alors que le rire est véritablement thérapeutique », a laissé entendre le Directeur général de l’espace culturel Le Centre, Berthold Hinkati. Pour lui, le travail amène à perdre de vue l’essentiel qui est le bien-être. Le fou-rire, à ses dires, participe à ce bien-être et c’est pour cela que l’espace culturel Le Centre a créé ce programme humoristique dénommé « Nukiko Kèdè ».

     Content du déplacement massif des populations, l’artiste Eléphant Mouillé trouve que les populations ont besoin du spectacle : « Je ne croyais pas quand j’ai vu ce public. On a eu que 7 jours pour communiquer autour du spectacle. Si les gens ont pu se déplacer massivement comme ça, c’est la preuve que les populations ont envie de sortir pour voir du spectacle. Il faut du spectacle pour cette population. Ça fait un moment que j’ai donné un spectacle à Cotonou parce que là où nous avons l’habitude de produire des spectacles, ces endroits sont en construction. Ce qui fait que depuis un temps, on manque de spectacle », a souligné Eléphant Mouillé.

    Des spectateurs satisfaits

     

    Adjanohoun Laurytama : « Nous sommes stressés dans le pays »

    « Vraiment, ce soir je suis très contente. J’ai l’habitude de le suivre mais particulièrement ce soir, j’ai été épatée. Il nous change les humeurs, nous fait rire et c’est bon pour notre santé. On remercie Le Centre et on les encourage à continuer dans ce sens. Nous sommes stressés dans le pays. On a besoin de ces moments d’humour pour changer un peu ».

    Emmanuel Attignon : « C’est vraiment plaisant »

    « Je suis vraiment content parce que je voyais Eléphant quand j’étais enfant sur les CD. Je ne l’avais jamais vu en vrai. Aujourd’hui, en le voyant, ça me rappelle ces moments, ces souvenirs de beaux sketchs qu’on voyait. C’est vraiment plaisant. Mais ensuite, beaucoup de personnes le connaissent et auraient aimé faire le déplacement ce soir. J’aurai donc préféré qu’il y ait plus de monde. C’est super bien ce que fait Le Centre qui nous concocte des programmes très intéressants. Je les invite à revoir un peu le côté communication. On a le sentiment que beaucoup de personnes ne sont pas informées de tout ce qui se fait ici, alors que c’est des programmes très intéressants ».

    B.H

  • Rencontre-Discussion à Le Centre : Aston se dévoile aux amoureux de l’art

    Rencontre-Discussion à Le Centre : Aston se dévoile aux amoureux de l’art

    Artiste plasticien et musicien, Aston était l’invité de l’espace culturel Le Centre, mercredi 27 mars 2024, pour la première Rencontre-Discussion de l’année 2024. Pendant 2 heures d’horloge, l’artiste aux multiples talents s’est révélé aux étudiants, professionnels et amoureux de l’art, venus à sa rencontre, dans un échange franc et interactif.

    De son vrai nom Serge Mikpon, Aston est un artiste plasticien béninois qui vit et travaille au Bénin. Né en 1964 à Cotonou, il était Autodidacte. Ses débuts dans l’art furent dans la musique, d’où il tient d’ailleurs son surnom Aston, pour ses talents de guitariste. En art plastique, il s’est d’abord intéressé à la peinture avant d’embrasser définitivement la sculpture et l’installation.  À travers sa démarche artistique, Aston se définit aujourd’hui comme un artiste écologiste. Il puise sa matière première de déchets domestiques et industriels, auxquels il redonne vie à travers ses œuvres exposées au Bénin, au Togo, en France… Les propos de l’artiste interrogent entre autres, la mémoire collective, l’histoire des peuples, et dénoncent les maux inhérents à nos sociétés modernes. Et c’est son riche parcours qui a milité en faveur du choix opéré par l’espace culturel Le Centre afin de l’amener à partager son expérience avec la jeune génération amoureuse d’art plastique.

    « J’ai dit à la jeunesse de travailler beaucoup, on ne peut arriver qu’avec le travail. On ne devient pas artiste, on nait artiste. Pas de paresse, il faut travailler. L’expérience est le meilleur maître.  Plus on fait, on y arrive. Il faut se mettre dedans corps et âme », laisse entendre l’artiste Aston.  Son art, il l’a commencé dès le bas-âge. « Depuis enfant j’étais artiste.  Quand j’étais petit, je fabriquais déjà des jouets, de petits instruments. A l’école, je jouais déjà la guitare.  Donc je n’avais plus les études dans la tête. Je ne suis pas allé loin. Je suis allé à l’école de la rue. C’est là j’ai appris à me bagarrer, à me défendre, comment manger sans l’aide de personne.  C’est la rue qui m’a formé », révèle l’artiste aux multiples facettes. Comme projet d’avenir, Aston réserve encore beaucoup de surprises aux amoureux de l’art. « C’est maintenant que je suis plus inspiré. Je suis dans une autre vision.  Je ne fais plus les trucs alimentaires, les petites pièces. Je fais des grandes installations.  Si je vends une installation, je vis pendant des années. Actuellement, j’ai une œuvre en Martinique mais c’est chère. N’importe qui ne peut pas l’acheter.

    Pour lui, c’est un plaisir d’être reçu à Le Centre.  « Ça me donne de la visibilité encore plus. Je remercie beaucoup le directeur de l’espace. C’est encore un autre lancement. Ça me fait travailler plus. On a fait tout récemment une exposition à la forêt classée de Pahou. Il y a eu des retombées.  Les gens me demandent et viennent à la maison », laisse-t-il entendre.

    Pour le Directeur de l’espace culturel Le Centre, Berthold Hinkati, les rencontres discussions sont des temps réflexifs, de partage et de savoir-faire axés sur un invité dans l’asphère artistique et culturel béninois. « Cette année, nous avons voulu commencer par un artiste de renom. En cherchant, nous sommes tombés sur Aston qui s’est beaucoup investi dans le domaine de la récupération. Le Aston qui passe de tas d’ordures en tas d’ordures, de ruelles en ruelles pour chercher des objets de récupération et en faire des œuvres.  Cela lui a valu le surnom le fou. Mais c’est une belle folie. Une folie qui l’a amené faire des expositions en Europe, en Afrique et au Bénin.  Il était important pour nous de mettre la lumière sur un artiste pareil et de lui permettre de partager ses expériences avec les étudiants, les professionnels et amateurs de l’art, les usagers de Le Centre.

    Quelques impressions

    David Gnonhouévi, historien d’art et critique d’art

    « Je suis venu écouter une fois encore l’artiste et partager avec lui ses moments d’émotion qu’il a l’habitude de transmettre â travers les œuvres qu’il réalise. Aston fait partie des artistes que j’ai étudiés dans le cadre de ma thèse de doctorat que j’ai soutenu sur lui et sur Romuald Hazoumè. La particularité de l’art de Aston, c’est sa capacité à créer des objets avec des formes â partir d’un ensemble d’objets hétéroclites. Il arrive à donner un sens esthétique et surtout parvient à transformer la dimension esthétique et proposer des réalités philosophiques, des idées à travers les œuvres qu’il réalise.  Et en l’écoutant ce soir encore, on peut dire que Aston confirme tout ce qu’on dit de lui dans le milieu artistique.  C’est simplement un artiste très talentueux et un artiste sévère dans l’art plastique ».

    Emmanuel Gnonlonfoun, écrivain, journaliste, panafricaniste

    « Je suis ressorti de cette discussion ravi et encore rempli de connaissance.  J’ai écrit plusieurs pages à travers juste une discussion de 2h. Cet artiste m’a appris aujourd’hui que ma vision personnelle n’est pas différente de la sienne. A tous les jeunes qui ont suivi comme moi, cet artiste montre qu’au pays, nous avons toutes les richesses qu’il nous faut. De son art où il transforme tout ce qu’il voit autour de lui, si nous pouvons nous mettre dans cette dynamique, comme avec mon association où on collecte des sachets de pure water avec lesquels on fait des pépinières de semence. Si chacun peut avoir la dynamique de transformer autour de lui, je crois qu’avec la politique du consommer local, nous allions arriver et serons autonomes et libre. »

  • Cinéma béninois : Le film « Le voyage des oubliés » projeté à Le Centre

    Cinéma béninois : Le film « Le voyage des oubliés » projeté à Le Centre

    Comme à son habitude tous les premiers vendredis du mois, l’espace artistique et culturel Le Centre a convié les amoureux du 7e Art autour d’une production cinématographique. Etait à l’honneur, ce vendredi 02 février 2024, le film « Le voyage des oubliés » de Sènami Kpètèhogbé. Après 115 minutes d’immersion dans la vie de « Nnawo », l’actrice principale, le public, satisfait, a eu droit à un échange interactif avec le réalisateur.

     

     Nnawo, une jeune femme musulmane, quitte le nord du Nigéria, où des terroristes sèment la terreur, pour le Bénin dans le but de déplacer Yabani son mari handicapé et sa fille de 11ans qui vivent quotidiennement dans l’insécurité. Elle sera recueillie comme femme de ménage, nourrie, logée avec payement de salaire par un couple de chrétiens. Non sans la méfiance de la femme mais qui, sur insistance de son mari, a fini par accepter d’héberger chez eux la jeune dame. Mais face à la pression d’un mari jaloux qui la presse de revenir, Nnawo a fini par cambrioler à l’arme blanche ses bienfaiteurs. Seulement, le temps de retourner dans son pays, elle découvre que, las d’attendre, son mari a concocté un plan pour faire avec sa fille, le grand voyage.

    Elle est venue découvrir les corps inanimés de sa fille de 11 ans et de son mari ». Tout ce risque, pour en arriver là ? Telle est la trame du film « Le voyage des oubliés » que les amoureux du cinéma ont vécu, à travers une projection écran géant, ce vendredi 02 février 2024 à l’espace artistique et culturel Le Centre situé à Lobozounkpa, Godomey (Zone PK14), commune d’Abomey-Calavi. « Le voyage des oubliés » est un long métrage de 115 minutes, réalisé par Sènami Kpètèhogbé, produit par Eric Todan de la Maison WÀ CINÉMA.

    A la fin du film, un applaudissement nourri du public atteste de la qualité de l’œuvre dans laquelle des acteurs connus du cinéma béninois tels que Sèna Agbofoun, Rosita Ogba, Florisse Adjanohoun, Eliane Chagas et autres ont partagé les rôles. Le réalisateur Sènami Kpètèhogbé s’est ensuite prêté aux questions des cinéphiles qui ont voulu savoir les motivations derrière le chef-d’œuvre et le message qu’il entend délivrer.  « Le voyage des oubliés, c’est un film pour faire un clin d’œil à toutes les personnes, un peu partout dans le monde, qui vivent comme piégées à cause du terrorisme et qui cherchent une solution, partir.  Ce film prône la tolérance entre les humains, entre les sociétés et ce n’est pas sans dénoncer les problèmes qui peuvent se poser dans ce besoin de vivre ensemble », laisse entendre Sènami Kpètèhogbé. Pour lui, les problèmes que peuvent engendrer le vivre ensemble ne doivent pas amener les gens à se méfier de tout le monde, à traiter l’étranger comme le rat, une caricature que Sènami Kpètèhogbé tire de « Le Complexe de Thénardier » de José Pliya.

    L’espace artistique Le Centre promeut le cinéma béninois

    Pour Mora Gaba, chargé de communication de Le Centre, le film « Le voyage des oubliés », réalisé en 2017, passe assez de messages et véhicule tellement d’émotions, vu le visage des cinéphiles. A ses dires, l’objectif principal de ce premier rendez-vous cinématographique de l’année 2024, c’est de faire la promotion des productions cinématographiques béninoises, faire la promotion des jeunes cinéastes béninois, africains. « De base, WA Cinéma a été initié en 2021 pour raviver la culture du cinéma à Lobozounkpa ici mais également dans le Bénin en général. Nous sommes très contents que ce film ait reçu l’aval du public. Les cinéphiles ont aimé et ont apporté beaucoup d’observations directement au réalisateur.

    Le 1er Mars, nous allons accueilli une autre production qui est tout aussi de qualité que le film que nous avons vu ce soir. Récemment, nous avons lancé un appel à film international pour que de jeunes cinéastes, peu ou pas connus du public, puissent faire valoir leur talent. Ils pourront nous envoyer leurs productions », a laissé entendre Mora Gaba. Rendez-vous le 1er vendredi du mois de Mars pour une autre projection à l’espace artistique et culturel Le Centre.

    Bertrand HOUANHO