L’athlétisme béninois avance, et ses dirigeants entendent maintenir la dynamique. Pour Viérin Dégon, les résultats enregistrés cette année témoignent d’un travail qui commence à porter ses fruits, malgré des difficultés persistantes dans l’encadrement des jeunes.
Une saison internationale encourageante
Des championnats d’Afrique à Accra aux compétitions ouest-africaines de Dakar, en passant par Ouagadougou et les Jeux universitaires en Égypte, les athlètes béninois ont multiplié les expériences internationales. Le président de la Fédération retient surtout les progrès réalisés au-delà des médailles obtenues.
« En dehors des médailles que les athlètes ont ramenées au pays, ils ont amélioré leurs performances », souligne-t-il. Il cite notamment Loudi, une athlète de 16 ans qui a réalisé 11 secondes 85 au 100 mètres. Selon lui, cette performance constitue une première pour une Béninoise depuis 1960. La jeune sprinteuse, qui évolue en classe sportive à Pèrèrè, représente ainsi un espoir pour l’avenir. Les 66es championnats nationaux, organisés à Abomey, ont également confirmé cette progression. Le record féminin du 5 000 mètres a été amélioré à trois reprises par la même athlète. Au saut en longueur, Houeho Fidélia, âgée de 17 ans, a atteint 5,71 mètres. Viérin Dégon attribue ces résultats au travail des techniciens et des entraîneurs, notamment Balogun Hakim, responsable national du demi-fond.
Noélie Yarigo, un exemple pour la relève
Autre satisfaction de la saison : le sacre de Noélie Yarigo aux championnats du monde masters de Daegu, en Corée du Sud, où elle a remporté l’or sur 800 mètres dans la catégorie W40. Le président de la Fédération salue une performance historique et rappelle que cinq athlètes béninois évoluant en Europe bénéficient d’un accompagnement fédéral, selon les moyens disponibles. Il évoque également un spécialiste du triple saut, médaillé de bronze aux championnats d’Afrique et désormais au-delà des 17 mètres, qui nourrit des ambitions pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
La relève et le défi de la formation
Pour structurer davantage l’encadrement, la Direction technique nationale a été réorganisée autour d’un directeur technique national, de trois adjoints, de conseillers techniques régionaux et d’entraîneurs nationaux. La Fédération assure notamment le suivi des meilleurs athlètes identifiés après les championnats nationaux. ais une difficulté demeure : la conciliation entre études et entraînements. « En athlétisme, il faut un travail quotidien pendant dix mois dans une saison afin que l’athlète puisse performer », explique Viérin Dégon. Pour y remédier, un camp d’entraînement de dix jours destiné à une vingtaine de jeunes est envisagé en novembre.
2027, une année particulièrement chargée
Le Bénin prépare également l’organisation du championnat des cinq nations, prévu en mai 2027, probablement à Abomey. Cette compétition réunira le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Togo et le Bénin. La Fédération entend en faire une réussite, sur les plans sportif et organisationnel.
À ce rendez-vous s’ajouteront les Jeux de la Francophonie, les Jeux africains, les championnats du monde seniors et les championnats d’Afrique U18 et U20 en Algérie. Entre ambitions internationales et formation de la relève, l’athlétisme béninois veut transformer les promesses de 2026 en performances durables.


