Interdit au Maroc, dans l’Union européenne et au Royaume-Uni, le TPO, oxyde de diphényl phosphine, utilisé dans certains vernis et gels semi-permanents, suscite des inquiétudes quant à ses effets potentiels sur la reproduction. En Afrique, la circulation éventuelle de produits contenant cette substance relance le débat sur la sécurité des cosmétiques.
Présent dans certains vernis et gels semi-permanents pour ongles, le TPO est une substance chimique qui permet aux produits de durcir rapidement sous l’effet d’une lampe UV ou LED. Son utilisation dans les cosmétiques fait toutefois l’objet de restrictions en raison des risques identifiés pour la santé reproductive.
En août 2025, l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé a annoncé l’interdiction de la fabrication, de l’importation, de la distribution et de la commercialisation des produits cosmétiques contenant cette substance. Cette décision fait suite à une évaluation des données scientifiques disponibles.
Le TPO a été classé parmi les substances toxiques pour la reproduction, susceptibles d’affecter la fertilité ou le développement embryonnaire. Les professionnels de la beauté ont ainsi été invités à cesser immédiatement l’utilisation des produits concernés et à ne plus les proposer à leur clientèle.
Une interdiction qui s’étend au-delà du Maroc
Le Maroc n’est pas le seul pays à avoir pris des mesures contre cette substance. Dans l’Union européenne, l’interdiction du TPO dans les cosmétiques est entrée en vigueur le 1er septembre 2025. Le Royaume-Uni a également interdit les produits concernés à compter du 15 août 2026.
Ces décisions ont ravivé les préoccupations dans plusieurs pays africains, notamment au Kenya et au Nigeria. Des consommateurs redoutent que des produits retirés des marchés européens ou britanniques soient écoulés dans des pays où la réglementation ne prévoit pas les mêmes restrictions.
Quelle vigilance pour les consommateurs africains ?
Face à ces inquiétudes, la question du contrôle des produits cosmétiques importés se pose avec acuité. Les vernis et gels semi-permanents contenant du TPO pourraient continuer à circuler sur certains marchés si les autorités compétentes ne prennent pas de mesures adaptées.
Pour les consommateurs comme pour les professionnels de la manucure, la vérification de la composition des produits constitue donc un enjeu important. Les autorités sanitaires sont également interpellées sur la nécessité de renforcer la surveillance des cosmétiques commercialisés.
Au Bénin, la question mérite également une attention particulière : il importe de savoir si les produits contenant du TPO sont commercialisés sur le territoire national et si les autorités sanitaires ont prévu des dispositions spécifiques à leur égard.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE


