Au-delà de la création des marchés financiers, l’enjeu est désormais de les mettre pleinement au service des entreprises et du développement économique. C’est le message défendu par le président du Conseil économique et social (CES), Abdoulaye BIO TCHANE, ce lundi 26 octobre 2026, au Capital Reach Forum, organisé au Sofitel Cotonou Marina Hôtel par Africaine de Gestion et d’Intermédiation (AGI). Invité à intervenir lors de cette rencontre internationale, il a présenté une communication sur les perspectives de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) et les moyens de renforcer sa contribution à l’économie réelle.

Intitulée « Des marchés créés aux marchés pleinement utilisés : quelle prochaine étape pour le financement de l’Afrique ? (Cas de la BRVM) », son intervention est intervenue à l’issue de la cérémonie officielle d’ouverture des travaux, présidée par le ministre de l’Économie et des Finances.
Un marché financier créé, mais encore sous-exploité
Acteur majeur de la création de la BRVM en 1998, Abdoulaye BIO TCHANE a rappelé les avancées réalisées par ce marché régional dans la mobilisation de l’épargne et l’accompagnement des économies de l’Union. Entre 2021 et 2025, sa capitalisation a enregistré une progression significative.

Toutefois, ces avancées ne suffisent pas à répondre aux besoins du secteur productif. La concentration des sociétés cotées dans quelques secteurs, la prédominance des émissions obligataires souveraines et les difficultés d’accès des entreprises privées aux capitaux constituent autant de défis à relever.
Mobiliser l’épargne et renforcer la confiance
Pour Abdoulaye BIO TCHANE, la prochaine étape consiste à faciliter l’accès des entreprises aux marchés de capitaux, notamment grâce à des mécanismes de garantie et de partage des risques. Il préconise également une mobilisation accrue de l’épargne des investisseurs institutionnels, de la diaspora et des particuliers, ainsi qu’un renforcement de la transparence financière et de la confiance des investisseurs.
L’objectif est de transformer le potentiel des marchés financiers en investissements productifs, créateurs d’emplois et de richesses pour les populations africaines.

Rapprocher les capitaux des besoins des entreprises
Le président du CES a également souligné la nécessité de créer des passerelles efficaces entre les entreprises en quête de ressources, les investisseurs disposant de capitaux et les acteurs capables de structurer des opérations viables. Cette synergie est essentielle pour orienter davantage les ressources vers les entreprises, les infrastructures et les projets porteurs de croissance.
À travers cette communication, Abdoulaye BIO TCHANE a mis en lumière un enjeu majeur pour l’avenir du continent : dépasser la simple existence des marchés financiers pour en faire de véritables moteurs de transformation économique.
Le défi de l’Afrique n’est donc plus seulement de disposer de marchés de capitaux, mais de les rendre pleinement opérationnels au service des entreprises, de la croissance et du mieux-être des populations.




