L’Association WANROU multiplie ses initiatives pour lutter contre les cancers féminins. À l’occasion d’Octobre Rose, l’Association WANROU et Health Access Initiative (HAI) ont mobilisé la communauté universitaire le samedi 24 Octobre autour de la prévention des cancers du sein et du col de l’utérus. Entre sensibilisation, échanges scientifiques et promotion du dépistage précoce, l’initiative entend briser les tabous et faire de la prévention un réflexe salvateur.
Le Centre des Jeunes Amour & Vie de l’Université de Parakou a servi de cadre à une importante journée de sensibilisation consacrée aux cancers féminins. Portée par l’Association WANROU, en collaboration avec Health Access Initiative (HAI), cette initiative inscrite dans le cadre de la campagne Octobre Rose a réuni des responsables associatifs, des professionnels de santé et de nombreuses étudiantes autour d’un enjeu majeur de santé publique pour prévenir et mieux protéger les vies.
Face aux ravages des cancers du sein et du col de l’utérus, les organisateurs ont misé sur l’information, le dialogue et le dépistage précoce. Une démarche qui repose sur une meilleure connaissance des risques et des moyens de prévention pour contribuer à sauver des vies. D’où ce mot d’ordre évocateur : « Un geste aujourd’hui, une vie préservée pour demain ».
WANROU, au cœur d’un engagement social durable
Pour Hayaath Barres Fousseni, présidente de l’Association WANROU, cette mobilisation répond à une nécessité sociale qui touche particulièrement les jeunes filles. La méconnaissance des facteurs de risque, les idées reçues et les tabous entourant la santé sexuelle constituent encore des obstacles à la prévention et à une prise en charge adéquate.
L’ambition de l’association est donc de rapprocher l’information médicale des communautés, en encourageant les femmes à mieux connaître leur corps et à prendre leur santé en main. La présidente de WANROU a également insisté sur l’importance d’un suivi médical régulier, rappelant que la prévention ne saurait se limiter au seul mois d’octobre. Le dépistage doit s’inscrire dans la durée et devenir un véritable réflexe de santé.
Des explications scientifiques pour mieux prévenir
Au-delà de la sensibilisation, la rencontre a accordé une place importante à l’information médicale, avec l’intervention de la Dr Salimatou Daouda, spécialiste en gynécologie.
Dans sa communication, la praticienne a expliqué les mécanismes de développement du cancer du sein et présenté plusieurs facteurs susceptibles d’influencer son apparition, notamment l’âge, les prédispositions génétiques, certains facteurs hormonaux et le mode de vie.
S’agissant du cancer du col de l’utérus, elle a souligné le rôle déterminant d’une infection persistante par certains papillomavirus humains (HPV) à haut risque. Elle a également évoqué les facteurs susceptibles de favoriser l’évolution de lésions précancéreuses, insistant sur l’importance d’un suivi médical approprié.
Pour prévenir ces pathologies, la spécialiste a mis en avant plusieurs moyens : la vaccination contre les HPV, recommandée notamment aux filles de 9 à 14 ans selon les programmes en vigueur, le dépistage régulier du cancer du col de l’utérus et l’adoption de comportements favorables à la santé sexuelle. Son message aux participantes était sans équivoque. « Il ne faut pas attendre l’apparition de symptômes pour se faire dépister. Notre sexualité nous appartient », a déclaré Dr Salimatou Daouda.
Des étudiantes prêtes à devenir des relais de sensibilisation
La pertinence des échanges a suscité un vif intérêt chez les participantes. Raïssa Ago et Pierrette Azagba, entre autres, ont exprimé leur volonté de partager les connaissances acquises avec leur entourage.
Au-delà de la satisfaction exprimée à l’issue de la rencontre, plusieurs étudiantes ont manifesté leur détermination à contribuer à la lutte contre les cancers féminins en devenant des relais d’information auprès de leurs camarades, de leurs familles et de leurs communautés. Une dynamique qui témoigne de la capacité de la jeunesse à participer activement à la promotion de la santé et à la déconstruction des préjugés.
Le dépistage gratuit, pour passer de la parole à l’action
Pour donner une portée concrète à cette mobilisation, l’Association WANROU, en partenariat avec la Clinique Médicale du Campus, a annoncé une campagne de dépistage entièrement gratuite au profit des femmes, du 1er au 31 octobre, de 8 h à 16 h. Cette initiative traduit la volonté des organisateurs de dépasser le cadre des discours pour faciliter l’accès aux services de prévention. Elle rappelle surtout qu’en matière de cancers féminins, l’information, la vigilance et le dépistage adapté jouent un rôle déterminant.
À l’Université de Parakou, l’Association WANROU et ses partenaires font ainsi le pari d’une prévention de proximité, portée par la connaissance, la solidarité et l’engagement communautaire. Car derrière chaque message de sensibilisation se trouve un enjeu fondamental : donner à chaque femme les moyens de mieux protéger sa santé et, potentiellement, de préserver sa vie.
Fayçal DRAMANE



