L’Union européenne renforce son dispositif sécuritaire dans le golfe de Guinée et procède à un changement stratégique à la tête de sa composante civile. À compter du 20 octobre 2026, c’est le diplomate portugais Paulo Antonio Pereira Soares qui dirigera la cellule civile de commandement et de soutien de l’Initiative de Sécurité et de Défense de l’UE (EUSDI Golfe de Guinée).

La nomination a été officialisée par la Décision (PESC) 2026/2320 du Comité politique et de sécurité, adoptée à Bruxelles le 13 octobre dernier. Une décision qui ne concerne pas que le Bénin, mais l’ensemble des quatre pays bénéficiaires de l’initiative sur le littoral ouest-africain : le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Togo.

Une transition dans la continuité

Proposé le 22 septembre par le Haut Représentant de l’UE pour les affaires étrangères, Paulo Antonio Pereira Soares est nommé pour un mandat d’un an, courant du 20 octobre 2026 au 19 octobre 2027. Il succède au Français Philippe Chevet, en poste depuis octobre 2023 et dont le mandat a été prorogé à plusieurs reprises jusqu’à ce 19 octobre 2026.

Ce changement de leadership intervient alors que le Conseil de l’Union européenne a prolongé la durée globale de l’initiative EUSDI jusqu’au 31 décembre 2027. Une preuve de la volonté de Bruxelles de s’inscrire dans la durée aux côtés de ses partenaires ouest-africains, face à la poussée des groupes armés extrémistes venus du Sahel.

Le nouveau chef de cellule aura une mission centrale : piloter la coordination stratégique, mobiliser les expertises et assurer le suivi opérationnel des programmes civils déployés au profit des quatre Etats. Sur le terrain béninois, cet appui se traduit déjà par des missions d’expertise, de formation professionnelle au profit des forces de défense et de sécurité intérieure, notamment dans les zones vulnérables du septentrion.

Il faut toutefois distinguer les activités de la composante civile de l’EUSDI des autres canaux de soutien européen. L’UE mobilise en parallèle des instruments financiers comme la Facilité Européenne pour la Paix (FEP), qui permet de financer des mesures d’assistance militaire directe.

Un timing qui n’est pas anodin

Cette nomination intervient à un moment charnière pour la coopération sécuritaire entre Cotonou et Bruxelles. Le 13 octobre dernier, soit le même jour que l’adoption de la décision européenne, le ministre délégué béninois à la Défense nationale, Gildas Agonkan, recevait en audience le coordinateur de l’UE pour la lutte contre le terrorisme, Bartjan Wegter.

Une rencontre de haut niveau qui a permis de passer en revue les vulnérabilités de la sous-région et d’harmoniser les besoins prioritaires du Bénin en matière de défense, de renseignement et de résilience.

Car au-delà des ajustements de commandement à Bruxelles, l’enjeu est sur le terrain. Alors que le Bénin et ses voisins poursuivent la consolidation de leur dispositif de défense face à la menace djihadiste, la réussite du mandat de Paulo Antonio Pereira Soares se mesurera à sa capacité à renforcer concrètement la résilience opérationnelle des forces et à mieux protéger les populations locales.

Avec cette nouvelle direction, l’UE entend envoyer un signal clair : son engagement pour la stabilité du golfe de Guinée est durable, structuré et adapté aux menaces émergentes.

Th.A. 

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