Dépistage précoce, reconnaissance des signes d’alerte et connaissance des facteurs de risque: ce sont les maîtres mots de la mobilisation menée ce vendredi 16 octobre 2026 à la place de l’Amazone à Cotonou. Le Ministère de la Santé à travers le Programme national de lutte contre les maladies non transmissibles (Pnlmnt) et ses partenaires, ont mobilisé les populations autour de la lutte contre le cancer du sein et les autres cancers féminins. Les spécialistes ont notamment insisté sur l’importance du dépistage précoce pour améliorer les chances de guérison.

 Le cancer du sein reste une préoccupation majeure de santé publique. Pour mieux lutter contre cette maladie, l’identification des facteurs de risque et le dépistage précoce constituent des leviers essentiels. C’est dans cette perspective que s’inscrit la mobilisation organisée à Cotonou dans le cadre d’Octobre rose, une campagne annuelle consacrée à la sensibilisation et à la lutte contre le cancer du sein et autres cancers féminins.

Tout au long de cette journée, plusieurs activités ont été proposées, notamment des séances de dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus, la vaccination HPV, le don de sang, une séance de sensibilisation avec des professionnels de santé et une marche de sensibilisation annoncée sous le thème « Tout Cotonou marche en rose ». À travers cette initiative, les organisateurs entendent encourager les femmes à mieux connaître leur corps et à adopter les bons réflexes face à la maladie.

Dr Eulalie Sansuamou, Radiologue au CHU-MEL et experte du cancer du sein, figure parmi les spécialistes intervenu sur cette problématique. La compréhension des mécanismes de la maladie permet notamment de mieux appréhender les facteurs susceptibles d’augmenter le risque et l’importance d’une surveillance adaptée.

Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de développer un cancer du sein. L’âge constitue l’un des principaux facteurs. Les antécédents familiaux et certaines prédispositions génétiques jouent également un rôle important.

L’exposition hormonale au cours de la vie intervient aussi dans le risque de survenue de la maladie. Les premières règles à un âge précoce, la ménopause tardive, l’absence de grossesse menée à terme et une première grossesse à un âge plus avancé font partie des facteurs associés à une variation du risque.

Toutefois, la présence d’un ou de plusieurs facteurs de risque ne signifie pas qu’une femme développera nécessairement un cancer. Inversement, une femme sans facteur de risque connu peut être atteinte de la maladie. D’où l’importance de la vigilance, indépendamment des antécédents personnels.

 Dépistage précoce : trois gestes essentiels

Au cours de la séance de sensibilisation, Dr Patrice Dangbemey, Maître de conférences agrégé en gynécologie-obstétrique, a particulièrement insisté sur l’importance du dépistage et de la consultation médicale.

L’observation des seins et l’autopalpation permettent aux femmes de mieux connaître leur corps et de remarquer d’éventuels changements inhabituels.

 Une nouvelle grosseur dans le sein ou sous l’aisselle, une modification de la forme du sein, une rétraction récente du mamelon ou un changement de l’aspect de la peau doivent notamment attirer l’attention. Un écoulement spontané du mamelon, particulièrement lorsqu’il est sanglant, nécessite également une consultation médicale.

Ces signes ne signifient pas systématiquement qu’il s’agit d’un cancer. Ils doivent néanmoins conduire à une évaluation médicale afin d’en déterminer la cause.

 Les spécialistes ont également souligné l’importance des examens d’imagerie, notamment la mammographie et l’échographie mammaire. La mammographie joue un rôle majeur dans le dépistage, tandis que l’échographie peut être indiquée selon l’âge, les symptômes et les résultats des premiers examens.

Le dépistage, un moyen de limiter les conséquences de la maladie

Le diagnostic tardif du cancer du sein peut compliquer la prise en charge et alourdir les conséquences humaines, psychologiques et financières de la maladie.

Dr Patrice Dangbemey a attiré l’attention sur les difficultés rencontrées par les patientes, notamment lorsque le cancer est découvert à un stade avancé. Les traitements peuvent alors être plus complexes et entraîner des dépenses importantes pour les familles.

À l’inverse, une détection précoce peut permettre de proposer une prise en charge plus rapidement et d’améliorer les chances de survie. Elle ne garantit pas systématiquement la guérison, mais constitue un atout important dans le parcours thérapeutique.

C’est pourquoi les spécialistes appellent à lever les réticences liées aux examens médicaux et à encourager les femmes à consulter dès l’apparition d’un signe suspect.

Une journée pour rapprocher la prévention des populations

Organisée par le ministère de la Santé à travers le Programme national de lutte contre les maladies non transmissibles et ses partenaires, la journée du vendredi 16 octobre a combiné information et activités sanitaires.

Dr Aristide Sohe, médecin santé publique, a pour sa part présenté les objectifs de sensibilisation et souligné l’intérêt suscité par les échanges avec le public. Selon lui, ces initiatives visent à renforcer les connaissances des populations et à encourager le recours aux services de santé.

La journée s’est achevée par la marche « Tout Cotonou marche en rose », une mobilisation destinée à amplifier le message de prévention au sein de la population.

Au-delà de cette journée, l’enjeu, confie-t-il, est de faire de la prévention et du dépistage des réflexes durables. Mieux connaître les facteurs de risque, reconnaître les signes d’alerte et consulter rapidement : autant de gestes essentiels pour lutter contre le cancer du sein et améliorer les chances de prise en charge des femmes touchées par la maladie.

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE

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