Les longues files d’attente devant les stations-service ne découlent pas d’un manque de stock global mais de graves défaillances dans la distribution….
La rencontre d’urgence entre le ministère de l’Industrie et du Commerce, la Direction générale des Dépôts pétroliers du Bénin (Dpb) et les acteurs du secteur le confirme : le carburant est disponible, mais sa chaîne d’acheminement et son contrôle sur le terrain posent problème.
En exigeant un retour à la normale sous 48 heures et en sommant les distributeurs de remobiliser leurs moyens logistiques, l’autorité publique confirme en filigrane une réalité technique : les cuves centrales du pays ne sont pas vides. Si le Bénin traversait une réelle rupture d’importation, imposer un tel délai serait irréaliste. Le carburant est bel et bien présent sur le territoire national, mais la chaîne d’acheminement vers le consommateur final souffre de deux blocages majeurs.
Le premier obstacle est d’ordre logistique et administratif. Les sociétés pétrolières peinent à adapter le rythme de rotation des camions-citernes au volume réel de la demande locale. À cela s’ajoutent des lourdeurs procédurales tout au long de la chaîne de transit, qui ralentissent la livraison des dépôts vers les points de vente secondaires. La promesse gouvernementale d’accélérer les formalités administratives vient d’ailleurs reconnaître l’impact de ces goulots d’étranglement sur la régularité des approvisionnements.
Le second frein, plus critique, touche à l’éthique des opérations en station. Des pratiques de détournement nocturne au profit du marché informel, notamment par le remplissage clandestin de bidons, assèchent artificiellement les stocks officiels. Ce siphonnage prive les usagers réguliers du carburant disponible et alimente la spéculation, créant l’illusion d’une pénurie sèche au niveau des pompes.
Files d’attente aux stations-service : l’éternel recommencement
Ce n’est malheureusement pas la première fois que les usagers subissent ce calvaire, obligés de gaspiller leur temps et leur énergie dans des files d’attente interminables avant que la situation ne se normalise temporairement.
L’analyse de la situation démontre ainsi que la crise actuelle est le produit de dysfonctionnements opérationnels et d’un manque de rigueur dans le suivi de la distribution. La fin de ce cycle exige un changement de posture réglementaire : passer des ultimatums d’urgence à des sanctions dissuasives permanentes contre les infractions.
C’est à ce prix que la continuité du service public de l’énergie cessera d’être une promesse sous pression pour devenir une réalité quotidienne.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE



