Le golfe de Guinée compte parmi les littoraux les plus peuplés et les plus exposés d’Afrique, mais les systèmes de prévision n’y sont pas encore pleinement opérationnels et efficaces. La deuxième édition de la Gulf of Guinea Ocean Sciences Summer School (GGOSSS) qui s’est tenue, du 3 au 9 octobre, a renforcé les capacités d’une cinquantaine de jeunes chercheurs venus de sept pays de la région à l’Université d’Abomey-Calavi.
Accueillie par la Chaire Internationale de Physique Mathématique et Applications (CIPMA – Chaire UNESCO), l’école a mobilisé des instructeurs de haut niveau venus d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Afrique. Pendant une semaine intensive, les participants, notamment des doctorants, étudiants en master et jeunes enseignants-chercheurs, ont appris à combiner données de terrain, observations satellitaires et modélisation numérique pour mieux comprendre, et à terme prédire, le comportement de l’océan dans la région.
Pour la Dr Babette Tchonang, fondatrice et présidente de GGOSSS, cette formation porte une ambition collective : « L’Afrique gagne des personnes qui renforcent leurs compétences, leurs connaissances, et qui viendront ensuite soutenir leurs institutions. Ils auront la possibilité de prédire ce qui peut se passer, ce qui peut aider à alerter les populations, à les déplacer si nécessaire, et à éviter la destruction des biens. »
Adopté en 2015, dans le cadre de l’Agenda 2030 des Nations unies, l’ODD 14 fixe une boussole politique mondiale pour la santé de l’Océan. Pourtant, il reste à ce jour l’un des moins financés et des moins avancés. Après une première édition tenue à Dschang, au Cameroun, du 25 au 29 août 2025, qui avait réuni 36 participants de six pays autour de douze instructeurs, GGOSSS confirme sa montée en puissance avec cette deuxième édition, soutenue par le programme OPERA porté par Mercator Ocean International, par l’IRD, et par plusieurs autres partenaires scientifiques internationaux, dont le Scientific Committee on Oceanic Research (SCOR).
L’Académicien Norbert Hounkonnou, Président de la CIPMA – Chaire UNESCO, a salué « l’occasion offerte à la jeunesse africaine d’apprendre et d’aller loin dans ce secteur », tandis que Romain Hounzandji, représentant du Recteur de l’Université d’Abomey-Calavi, a estimé qu’en accueillant GGOSSS 2026, l’établissement « confirme sa vocation de pôle scientifique au service du développement durable de l’Afrique de l’Ouest ». Stéphanie Dos Santos, représentante de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) au Bénin, nourrit l’espoir de « voir grandir ce réseau africain sur la question des océans, en particulier avec un outil comme cette école ».
La semaine s’est achevée par une table ronde consacrée aux carrières et aux parcours professionnels en sciences océaniques, réunissant des représentants du secteur académique, portuaire et privé de la région.
