Ossatures à nu, murs effondrés, gravats : la ville compte de nombreux ouvrages communaux inachevés. Le maire doit passer des discours aux actes. Cela devrait commencer par « réclamer des comptes » !
Ils font désormais partie du paysage. Dans plusieurs arrondissements de Cotonou, des chantiers communaux restent à l’arrêt depuis des années : structures en béton exposées aux intempéries, murs effondrés, tas de gravats, emprises abandonnées. C’est le constat dressé par le maire, Luc Gnacadja, à l’issue de la tournée qu’il a effectuée du 5 au 10 octobre 2026 dans les arrondissements.
Un risque réel doublé de gâchis
Pour les habitants, ces ouvrages ne sont pas de simples verrues urbaines. Certains se dégradent au point de présenter un danger pour les riverains et les usagers. Les élèves sont les premiers exposés : plusieurs sites se trouvent à proximité ou à l’intérieur d’établissements scolaires, notamment à l’EPP Vedoko et à Tokplégbé. Chaque jour, des enfants longent ou traversent des structures susceptibles de céder.
À ce danger s’ajoute un gâchis. Ces chantiers ont mobilisé des fonds publics sans que le service attendu soit rendu. Salles de classe, équipements, espaces publics : ce qui devait améliorer le cadre de vie des Cotonois demeure inutilisable. Se posent aussi des questions sur les engagements contractuels non soldés et sur l’usage des avances versées, qu’il faut désormais vérifier.
Des responsables appelés à rendre compte
Dans cette affaire, deux fonctions se trouvent en première ligne. La Personne responsable des marchés publics (PRMP) assure ou coordonne le suivi administratif de l’exécution des marchés, avec l’appui des services techniques. Elle est censée rendre compte de l’état d’avancement, des difficultés rencontrées et des mesures prises. A Cotonou, il s’agit de madame GAZARD Chrystella. Le Secrétaire exécutif de la mairie, quant à lui, organise ce travail et en répond dans le cadre de ses attributions.
Le Maire de Cotonou parle beaucoup depuis son installation aux commandes de la commune la plus importante du Bénin. On l’a encore beaucoup entendu la semaine dernière sur ce qui doit changer. Mais il est venu le temps de passer aux actes. S’il veut crédibiliser sa parole Luc Gnacadja doit demander des comptes à la PRMP, madame Christella GAZARD et au Secrétaire Exécutif démissionnaire, monsieur Anges Paterne AMOUSSOUGA sur ce qui a été fait, par qui et dans quels délais, et, lorsque des mesures n’ont pas été prises, pourquoi. Il doit réclamer chantier par chantier l’état des contrats, les causes de l’arrêt, les pièces manquantes et des recommandations, avec un ordre de grandeur du coût d’achèvement ou de traitement. Les rapports sur l’exécution des marchés devront également être fournis.
Car les habitants, eux, attendent surtout des réponses : pourquoi tant de chantiers se sont-ils arrêtés, et pourquoi sont-ils restés en l’état si longtemps ?
Sécuriser sans attendre
Sur le terrain, l’urgence est la sécurité. Les sites dangereux doivent être balisés, clôturés et leur accès restreint, après évaluation technique et par des intervenants qualifiés. Quand une défaillance d’entreprise est établie, les usages en termes de bonne gouvernance exigent que des mises en demeure soient notifiées dans les formes prévues par les contrats. Pour l’instant, Cotonou attend toujours


