Le nouveau bureau du Conseil National des Patrons de Presse du Bénin ne veut pas perdre de temps. Quelques semaines après son élection, le CNPA-Bénin a entamé son plaidoyer pour sauver un secteur à bout de souffle. Son cheval de bataille : la refonte totale de l’aide de l’État à la presse.
L’organisation patronale, conduite par son président Clément Adéchian, a été reçue en audience ce lundi 6 octobre 2026 par la Direction de la Communication de la Présidence de la République. Une rencontre d’échanges et de prise de contact avec le Directeur de la Communication gouvernementale, Fiacre Vidjinnagni.
Une aide jugée opaque et inéquitable
Au centre des discussions, la très sensible question de l’aide de l’État. Cette enveloppe annuelle, censée soutenir les organes de presse en règle, est au cœur de tous les malaises. Montant jugé dérisoire, critères d’attribution flous, distribution concentrée entre quelques mains. Pour de nombreux promoteurs de journaux et de sites en ligne, l’aide actuelle ne joue plus son rôle.
Le CNPA-Bénin a donc plaidé pour une nouvelle approche. Il ne s’agit plus de se partager une petite enveloppe à la fin de l’année, mais de repenser tout le système. Le président Clément Adéchian et sa délégation ont demandé une refonte du mode de distribution pour qu’elle soit plus juste, plus transparente et plus inclusive.
Une demande qui a trouvé un écho favorable à la Marina. Selon des sources proches de la rencontre, Fiacre Vidjinnagni a lui-même reconnu que le système actuel doit être revu. Il n’est plus question que cette aide soit gérée comme par le passé par un groupuscule de personnes, a-t-il martelé. La Présidence veut une nouvelle orientation qui profite réellement à tous les organes en règle qui font des efforts de professionnalisation.
Des contrats à revaloriser et des conditions à remplir
Au-delà de l’aide, le CNPA a également évoqué les contrats de partenariat qui lient la Présidence aux médias. Des contrats dont les montants n’ont pas évolué depuis des années alors que les charges des entreprises de presse, papier, encre, électricité, loyers, ont explosé. Le CNPA a plaidé pour leur revalorisation.
Sur ce point, la Présidence s’est voulue rassurante. Le Directeur de la Communication a rappelé l’attachement du Président Romuald Wadagni à la presse. Il n’y a pas de développement sans la presse, a-t-il confié, traduisant la vision du Chef de l’État.
Mais cette main tendue a un prix. La Présidence pose deux conditions claires pour un partenariat durable. La première, c’est la formation des journalistes pour élever la qualité du contenu. La seconde, c’est l’amélioration des conditions de vie et de travail des journalistes par les patrons eux-mêmes, afin d’en finir avec la clochardisation du métier.
Le message est passé. Fiacre Vidjinnagni a invité le CNPA-Bénin à faire des propositions concrètes et convaincantes dans les prochains jours pour structurer ce nouvel accompagnement de l’État.
Th.A.


