Pour la Der internationale de la pulga argentine, Lionel Messi, la fédération argentine de football a organisé un jubilé à Estadio Mâs Monumental à Buenos Aires, en Argentine, le Mardi 06 octobre 2026 pour célébrer sa star. Cette rencontre qui a permis au monde du sport roi de vivre la dernière danse du natif de Rosario sous la tunique de la sélection Albiceleste s’est jouée face aux Guépards du Bénin. Logé à la 93è place du classement FIFA au moment où la rencontre se déroulait, l’équipe beninoise a présenté un visage plus qu’encourageant face aux champions du monde 2022 et vice-champions du monde en titre. Outre, le volet sportif, le Bénin a coché d’autres cases de sa révélation que certains avertis du sport béninois ont relevé au travers de cet article.
Mémo KOUTON, Chroniqueur sportif : « Les Guépards n’ont pas fait de la figuration »

C’était plus qu’un match amical. C’était une soirée d’adieu, une célébration, un moment suspendu dans le temps. Et au milieu de cette fête argentine, le Bénin a joué son rôle : celui d’un invité respecté, respectueux, digne, et surtout, d’une équipe qui a compris l’enjeu symbolique de sa présence. Face à une Argentine survoltée, venue rendre hommage à son dieu vivant, Lionel Messi, les Guépards n’ont pas fait de la figuration. Ils ont tenu leur rang, encaissé le choc, et surtout, ils ont appris.
Une présentation honorable du Bénin
Dans le chaudron du Monumental, devant plus de 80 000 supporters acquis à la cause de Messi, le Bénin a affiché une discipline tactique et une solidité défensive qui ont surpris. Certes, le score final (3-0) ne ment pas sur la hiérarchie. Mais il ne raconte pas tout (tant le contenu, le caractère, la volonté des acteurs ont séduit). Les Guépards ont résisté 45 minutes sans encaisser de but, ont limité les dégâts face à une armada offensive argentine, et ont même osé quelques contre-attaques bien construites. Les gardiens béninois ont été héroïques, réalisant plusieurs arrêts décisifs qui ont évité un score plus lourd. L’attitude a été professionnelle, sans complexe, sans provocation. Juste du football, joué avec cœur et humilité.
Les plus-values de ce match pour le Bénin:
Une expérience inoubliable pour les joueurs: affronter une sélection de ce calibre, dans un stade mythique, contre des joueurs de niveau mondial, c’est une leçon de football grandeur nature. Les jeunes Guépards ont pu mesurer l’écart, mais aussi constater que, sur des séquences, ils n’ont pas été ridicules.
Une visibilité internationale accrue: ce match, retransmis dans le monde entier, a offert au Bénin une vitrine exceptionnelle. Les noms de certains joueurs béninois ont été prononcés par des commentateurs internationaux. Des recruteurs ont pu les voir évoluer dans un contexte de haute pression.
Une préparation mentale pour les échéances à venir: ce type de confrontation forge le caractère. Les Guépards savent désormais qu’ils peuvent tenir 60, 70 minutes face à un géant sans s’effondrer. C’est un capital confiance précieux pour la suite, notamment en vue des prochaines compétitions africaines.
Un message envoyé à la sous-région: le Bénin n’a pas tremblé. Il n’a pas baissé les bras. Il a montré qu’il était une équipe structurée, capable de tenir son rang même dans l’adversité. C’est un signal fort envoyé aux voisins et futurs adversaires.
Un moment historique pour le football béninois: dans quelques années, on dira : « Tu te souviens, on a joué contre Messi, pour son dernier match, en Argentine. » Ce n’est pas rien. C’est une page d’histoire qui s’écrit pour le football béninois.
En résumé, je pourrai dire que le Bénin est rentré de Buenos Aires avec une défaite au compteur, mais avec beaucoup plus que ça dans les valises : de l’expérience, de la fierté, et la conviction que le chemin parcouru est réel. Les Guépards ne sont pas venus faire de la figuration. Ils sont venus apprendre, grandir et exister. Et sur ce plan là, la mission est réussie. Rendez-vous maintenant aux prochaines échéances. Le Bénin a prouvé qu’il méritait sa place sur la carte du football africain. Reste à la consolider.
François-d’Assise AMASSIWAN

Journaliste à A+ Bénin : « Pour le Bénin, cette rencontre représente une expérience sportive de très haut niveau. »
La défaite 3-0 ne doit pas faire oublier que le Bénin a livré une première période intéressante face à une Argentine supérieure sur le plan technique et collectif. Les Guépards ont fait preuve d’organisation, de discipline et de concentration, parvenant à maintenir le score à 0-0 à la pause. La seconde période a davantage révélé l’écart de niveau, notamment lorsque l’Argentine a accéléré et que la qualité individuelle de ses joueurs, à commencer par Lionel Messi, a fait la différence.
Pour le Bénin, cette rencontre représente néanmoins une expérience sportive de très haut niveau. Affronter des joueurs de cette dimension permet aux Guépards de mesurer concrètement les exigences du football international : vitesse d’exécution, qualité technique, intelligence tactique et capacité à résister à la pression.
La plus-value est également médiatique et symbolique. Le Bénin restera associé à la dernière apparition internationale de Lionel Messi avec l’Argentine, devant un Monumental rempli pour célébrer la « dernière danse » de la Pulga. Le geste de Sessi D’Almeida, qui lui a remis un cadeau et une lettre, ajoute une dimension humaine et fraternelle à cette soirée. Par ailleurs, nous avons tous vu, comment de façon amusante grâce à ses interviews, Mohamed Tijani est devenu la coqueluche du public argentin.
Cette exposition constitue aussi une opportunité pour mieux valoriser le football béninois et ses joueurs à l’international. Mais le véritable enjeu commence maintenant : il faut transformer cette visibilité ponctuelle en capital durable pour le football et l’image du Bénin. La valeur de ce match ne se résume donc pas au 3-0 ; elle réside aussi dans l’expérience acquise, la visibilité obtenue et la trace laissée dans l’histoire du football.
Marwane SALOU, Porte-parole du CNS-B, Acteur sportif béninois :

« Le Bénin s’est davantage révélé sur un seul match que sur beaucoup de décennies de pratique de ce sport »
En effet, le mardi 06 octobre 2026 fût un jour mémorable et historique pour le football beninois parce que jamais de mémoire collective, de mémoire de passionnés de sport, il n’y a eu autant de caméras sur une équipe nationale du Bénin. Depuis que le Bénin en 1963 à adhéré à la CAF et aux institutions internationales, jamais il n’a eu autant de caméras braquées sur lui. AS, El Mundo, Marca, BBC, Canal +, toutes les télévisions du monde entier étaient braquées pour voir la der de Lionel Messi. Tous étaient là pour voir un homme, une icône, un des plus grands, le deuxième dieu de l’argentine et pour tous ceux qui aiment le football, le plus grand sinon le deuxième plus grand, une icône qui est en train de sortir pour son dernier, tout le monde était là, tout était réuni pour projeter le Bénin.
Ensuite au-delà du score, il y a aussi cette réussite que le Bénin a connue à travers le gouvernement ou à travers les acteurs qui étaient autour de l’équipe. C’est savoir vendre la destination Bénin à travers ce que les joueurs ont arboré et ce speech qu’ils ont eu avec Lionel Messi en l’invitant également de venir visiter le Bénin et le courrier du gouvernement envers les Argentins. Je crois que tout ce qui a été mis en scène pour l’événement est totalement une réussite. Ça a mis le Bénin sur orbite. Le Bénin s’est davantage révélé sur un seul match que sur beaucoup de décennies de pratique de ce sport à ce que je sache.
Comme je le disais, la première plus-value, c’est les caméras braquées sur toute l’équipe. La seconde, c’est la destination Bénin que nous avons vendue. La troisième, c’est les jeunes béninois qui se sont mis en valeur, même si c’est pendant 45 minutes, ils ont regardé, comme on le dit, de façon vulgaire, dans une langue de chez moi, Fon (ndlr). Ils ont regardé dans la figure de ces Argentins. Ils ont presque fait jeu égal. Ils ont eu des opportunités même de marquer et de mettre cette équipe en doute. Je pense que, c’est des choses véritablement gagnées pour le Bénin. Et donc, derrière cette diplomatie qui permet aux gens de découvrir ou de connaître davantage le Bénin, c’est des possibilités pour que des touristes puissent connaître aussi le Bénin. Et donc, sans avoir pris du ristourne dans la vente des tickets, dans les droits TV, le Bénin peut bénéficier de cette soirée d’hier à travers la culture, à travers le tourisme. Donc, c’est tout bénéfique pour le Bénin, cette sortie-là. Moi, je ne voudrais pas commenter le score parce que le comportement des joueurs me fait déjà plaisir, tous autant. Il y a des fausses notes et j’espère que le coach et l’encadrement technique vont tenir compte de ça parce que l’objectif, c’est novembre. Ce n’est pas le match d’octobre. C’est les deux confrontations face à la Centrafrique et donc, il faut juste tirer leçon, s’appuyer sur ce qui a été la réussite. Rodolfo Aloko, Yamirou, Tamimou, le gardien de but, tous ceux qui sont sortis de notre championnat et qui ont réussi et qui ont prouvé que nous ne sommes pas si nuls que ça devant une équipe qui a fait les deux dernières finales du Coupe du Monde qui a remporté deux COPA AMÉRICA, ce n’est pas petit et surtout devant Lionel Messi, ils n’ont pas été médiocres et donc on a tout à gagner et il faut tirer profit et maximiser ce qui s’est passé hier.
Abib Ishola AROUNA, Journaliste Sportif A+ Bénin :

« Je ne sais pas si en termes de visibilité pour un pays, on pourrait espérer mieux. »
D’entrée, je voudrais dire que ce genre de match ne s’analyse pas principalement du point de vue du résultat. Parce que l’essentiel ou l’objectif principal était ailleurs. Célébrer un homme qui a marqué ou qui a réécrit l’histoire de sa discipline, l’histoire du football, peut-être l’un des meilleurs joueurs de l’histoire du foot. C’est un honneur que le Bénin ait été désigné. C’est un privilège même. C’est à la limite surréaliste que des plus de 200 pays qui composent la FIFA, que ce soit le Bénin qui a été désigné pour la dernière danse de Lionel Messi. Donc, à partir de ce moment-là, c’est un privilège et le résultat passe au second plan.Toutefois, quand on doit regarder le match, il y a des points positifs. Globalement, l’Argentine a logiquement dominé le match. Ça aurait pu peut-être finir par un 5 ou 6 buts à 0. Lionel Messi aurait pu s’offrir un triplé ou un quadruplé dans ce match parce qu’il y a des occasions pour peut-être sous le coup de l’émotion, il a été un peu maladroit et ça ce n’est pas tout déplaire aux Guépards. Mais on a constaté que l’équipe du Bénin à jouer sans complexe c’est à dire que c’est pas une équipe qui avait peur de l’adversaire en face. Les Guépards ont respecté l’adversaire mais ont crânement joué leur chance. C’est-à-dire à dire qu’on a pu voir par moment de belles séquences, on a pu voir par exemple des garçons comme Yamirou totalement décomplexé pour son jeune âge, ça c’est des points positifs sur lesquels on peut compter pour l’avenir. Mais comme je le dit l’essentiel n’était pas là. L’essentiel c’est de célébrer ce match, c’est un match dont on parlera pour l’histoire. Dans 20 ans, on en reparlera. Dans 30 ans, on dira c’est avec le Bénin que Lionel Messi a discuté sa dernière rencontre, après on se souviendra beaucoup moins du score.
En termes de plus-value, c’est d’abord une exposition mondiale inégalée. C’est-à-dire que je ne sais pas si en termes de visibilité pour un pays, on pourrait espérer mieux. Parce que pendant deux semaines, trois semaines, le monde entier, la planète foot ne faisait que parler du Bénin. Quel est cet adversaire ? Pourquoi avoir choisi cet adversaire ? Qu’est-ce que le Bénin avait de si particulier pour que l’Argentine, la fédération argentine décide de la choisir. Ça fait que peut-être qu’il y ait plus de recherches sur le pays qui n’en a jamais eu. Donc en termes d’expositions, ça c’est une grosse plus value. Pour les joueurs, c’est un prestige d’avoir joué Lionel Messi dans sa carrière et surtout au moment où il s’apprête à raccrocher avec l’équipe d’argentine. Ainsi pour moi ce sont les deux plus-values essentielles. Après le reste est-ce que ce match va permettre à révéler des joueurs, est-ce que ce match a mis en lumière un certain nombre de joueurs, est-ce que ce match va permettre aux recruteurs de suivre tel ou tel autre joueur du côté des Guépards là je suis un peu plus partagé, je suis très partagé parce que bon un match de football dans ces conditions malgré tout ce qu’on dit ça ne remplit pas les conditions total d’un match de foot donc est-ce que les recruteurs vont tirer beaucoup d’enseignements pour moi, non. L’encadrement technique du bénin, Oui. Ça peut montrer que les guépards restent décontractés, n’ont pas peur des adversaires après les recruteurs, je crois un peu moins parce que l’essentiel tout le monde avait la tête à la fête pour Lionel Messi.
Charles Titigoueti, Président Ligue Atlantique de football : » Le vecteur diplomatique du football est fortement activé. »

Ce match amical international qui a opposé le Bénin à l’Argentine et qui constituait le dernier match de Lionel Messi avec l’équipe nationale de l’Argentine qui s’est joué hier, pour ne pas dire tôt ce matin, ce match revêt plusieurs importances. Ce match, on peut l’analyser sur plusieurs angles. J’avoue qu’avant que le match ne se joue, on pensait que l’aspect diplomatique primait plus sur l’aspect sportif. Parce qu’il y a l’aspect diplomatique, l’aspect sportif, l’aspect économique et bien d’autres mais quand on regarde avant que le match ne se joue, on voyait ça que c’est beaucoup plus l’aspect diplomatique pour le Bénin parce que joué ce match devant près de 90 000 spectateurs et imaginer le nombre de que les spectateurs scotchés devant leur écran poursuivent ce match. Ça fait une forte communication pour le Bénin. Et là, le vecteur diplomatique du football est fortement activé. Le football comme un vecteur de diplomatie s’est fortement activé parce que pendant deux heures de temps, tout le monde entier parlait du Bénin et de Lionel Messi et sur ce plan, c’est une réussite et il n’y a pas son pareil en l’état pour le Bénin depuis que le Bénin joue au football, il n’y a pas son pareil pour le Bénin. Donc, c’est un coup réussi. Maintenant, après que le match ait commencé et après avoir vu les 45 premières minutes, on s’est tout de suite fait l’impression que l’aspect sportif, les avantages sportifs aussi constituent un enjeu pour le Bénin parce que pendant les 45 premières minutes, le Bénin a fait un match à plein, un match plaisant. Et ce qui a déjoué un peu les impressions qu’on se donnait, que le commun des béninois et des acteurs du football se disaient oui, le Bénin allait juste pour se faire connaître. Mais 45 minutes de match plein pour la première mi-temps, c’était très bien. Voilà c’est très bien il y avait du jeu, il y avait de l’engagement et là le staff doit tirer beaucoup profit du contenu des 45 premières minutes. Le staff a beaucoup à tirer comme un profit pour la prochaine journée FIFA, déterminante parce qu’il suffit que le Bénin gagne en aller-retour la Centrafrique et cela va faire un grand pas vers la qualification. Donc, ce match doit être capitalisé pour ça.
Sur le plan économique, je ne sais rien, je ne connais pas le contenu des accords pour l’apprécier, sinon un événement comme ça pourrait également dégager des avantages économiques pour le Bénin. Mais c’est un aspect délicat, tant que vous n’avez pas connaissance des actes, vous ne pouvez pas bien apprécier. Si on s’en tient aux informations lues et suivies dans la presse nationale et internationale, il n’y a visiblement pas grand-chose à tirer comme un profit du côté économique, sauf erreur. Mais bon, les deux autres avantages diplomatiques et sportifs sont des enjeux de taille. Et nous allons espérer, en tirant un grand coup de chapeau à tous ceux qui ont œuvré (le gouvernement, la fédération, la FIFA à la CAF) à ce que le Bénin soit retenu pour ce match-là. On va espérer que nous prenons ça comme un modèle de sortie, un modèle de préparation de notre équipe nationale de nos équipes nationales pour de meilleurs rendements.
Propos recueillis et transcrits par Jeraud LANGANFIN GLELE


