Mardi 22 septembre 2026 à New-York, le Bénin a posé un acte historique en déposant son instrument d’adhésion à la Convention des Nations Unies sur la protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontières et des lacs internationaux, dite Convention sur l’eau de 1992. Une démarche qui positionne désormais le Bénin comme ambassadeur d’une vision, celle d’une eau qui unit. 

Si les violons s’accordent sur le fait que dans les décennies à venir, la guerre ne sera plus pour le pétrole mais elle sera pour l’eau et surtout dans une Afrique de l’Ouest où plus de 70% des terres dépendent d’une eau transfrontalière, le Bénin vient ainsi franchir un cap important pour l’avenir.  À travers cette adhésion, le Bénin réaffirme sa volonté de privilégier le dialogue, la coopération et la gestion durable des ressources hydriques partagées, avec pour objectifs de contribuer à la paix, à la sécurité hydrique et à la préservation des ressources au bénéfice des générations futures. Selon le gouvernement béninois, cette démarche revêt une importance particulière pour le Bénin, situé au cœur des bassins du Niger, du Mono, de la Volta et de l’Ouémé, qu’il partage avec plusieurs pays de la sous-région. « Elle ouvre ainsi de nouvelles perspectives pour renforcer la coopération avec les États riverains, notamment le Niger, le Nigéria, le Togo et le Burkina Faso, autour de la gestion concertée des ressources en eau » renseigne le site officiel du gouvernement.

Le Bénin entend faire de l’eau davantage qu’une ressource à préserver : un véritable levier de coopération, de développement durable et de solidarité entre les peuples. Une démarche qui consacre la volonté du pays de renforcer le dialogue autour des ressources hydriques partagées et de promouvoir une gestion concertée au service de la paix et du développement régional.

Le Bénin porte la vision d’une eau qui unit…

Alors que la démarche du Bénin est perçue comme l’un des actes diplomatiques les plus intelligents posés ces dernières années, elle matérialise surtout un engagement en faveur d’une vision, celle d’une eau qui unit. En effet, si la Convention de 1997 à laquelle le Bénin est également prône une utilisation équitable et raisonnable de l’eau, celle de Helsinki ou de 1992 se veut la réelle concrétisation de ladite vision. Elle se veut plus opérationnelle et oblige à prévenir, contrôler et réduire les impacts transfrontières, impose le partage de données, la notification préalable des projets, et offre un secrétariat, des organes de suivi et un soutien technique. Le Bénin complète donc un principe par un mécanisme.

 

Ainsi, le Bénin fait l’option de ne plus subir l’eau des autres, mais de la gérer avec les autres. Visiblement, la décision la plus souveraine de l’année, selon certains observateurs. Les premiers bénéficiaires reste des agriculteurs, éleveurs, pêcheurs. L’adhésion vise une réduction des risques de pénurie ou de pollution transfrontière et une meilleure coordination des ouvrages hydroélectriques ou d’irrigation.

Dans une Afrique de l’Ouest où 71% du territoire est couvert par des bassins transfrontaliers, où sécheresses, inondations et pression démographique s’accentuent, l’eau est devenue un facteur potentiel de tension, mais aussi un puissant levier de coopération. En adhérant à la Convention de 1992, le Bénin ne signe pas seulement un traité. Il fait un pari géopolitique : dans un siècle où l’or bleu vaudra plus que l’or noir, la puissance ne sera plus celle qui accapare l’eau, mais celle qui sait la partager.

« Vive l’eau qui unit », cette formule officielle du communiqué gouvernemental résume la doctrine béninoise, celle de faire de l’eau davantage qu’une ressource à préserver, un véritable levier de coopération, de développement durable et de solidarité entre les peuples.

M.M

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