Enfants à protéger, personnes vulnérables à accompagner, situations familiales à gérer, interventions à mener sur le terrain : le Guichet Unique de Promotion Sociale est au cœur de nombreuses urgences humaines. Mais derrière les portes de cette structure publique, une autre réalité se joue. Bâtiment vieillissant, personnel qualifié insuffisant, équipements informatiques en manque et surtout absence de véhicule de service : à Parakou, ceux qui sont chargés de répondre aux détresses sociales doivent composer eux-mêmes avec des moyens qui ne suivent pas toujours l’ampleur de leur mission.

Au Guichet Unique de Promotion Sociale (GUPS) de Ladjifarani, à Parakou, les urgences ne se ressemblent pas. Certaines arrivent sous la forme d’un enfant qu’il faut récupérer, d’une personne vulnérable qu’il faut accompagner ou d’un dossier qui exige une intervention rapide. Pour les agents, chaque situation appelle une réponse. Mais, pour répondre, encore faut-il disposer des moyens nécessaires.

C’est là que se trouve l’une des principales difficultés du centre

« Malgré l’étendue de ses responsabilités, le GUPS fonctionne avec des moyens limités », reconnaît Ekoué T. Rosalie, cheffe du guichet. Une phrase qui résume à elle seule, le paradoxe auquel la structure est confrontée : beaucoup de missions, mais des ressources qui demeurent limitées.

Le bâtiment fait partie des premières préoccupations. Selon la responsable, il est vieillissant. À cette contrainte s’ajoute l’insuffisance de personnel qualifié. Dans un service confronté à des situations sociales parfois complexes, cette faiblesse des ressources humaines peut peser sur la capacité d’intervention et de suivi.

Les équipements informatiques manquent également. Une difficulté moins visible, mais qui touche directement le fonctionnement quotidien d’un service où les dossiers doivent être traités, suivis et actualisés.

Mais parmi les contraintes soulevées par la cheffe du GUPS, une autre prend une dimension particulière : le centre ne dispose pas de véhicule de service. Or, le travail social ne se fait pas toujours derrière un bureau. Certaines situations obligent les agents à sortir, à se rendre auprès des bénéficiaires ou à intervenir dans l’urgence.

« Lorsqu’un enfant doit être récupéré d’urgence ou conduit devant une juridiction, les agents improvisent souvent avec les moyens du bord », explique Ekoué T. Rosalie.

Derrière cette phrase se dessine une réalité concrète : lorsqu’une intervention ne peut attendre, l’absence d’un moyen de déplacement adapté oblige les agents à chercher des solutions au cas par cas.

La difficulté est d’autant plus sensible que les missions confiées aux GUPS concernent précisément les populations les plus vulnérables. Les centres sont chargés de contribuer à la protection et à l’accompagnement de plusieurs catégories de personnes en situation de fragilité.

Pour la cheffe du GUPS de Ladjifarani, la réponse passe donc par un renforcement du soutien accordé à la structure. Les responsables espèrent « un renforcement du soutien de l’État, des collectivités locales et des partenaires techniques afin de répondre plus efficacement aux nombreuses sollicitations », souligne-t-elle.

Cette attente n’est pas seulement une question d’équipements ou de confort de travail. Elle touche directement la capacité du centre à répondre aux situations qui lui sont soumises. Car, derrière chaque déplacement rendu difficile, chaque équipement absent ou chaque poste insuffisamment pourvu, il y a une intervention sociale qui doit malgré tout être assurée.

Et c’est peut-être là que se trouve le plus grand paradoxe du GUPS : il est chargé d’aller vers ceux qui ont le moins de moyens, alors que lui-même doit parfois travailler avec des moyens insuffisants.

Les murs peuvent vieillir. Les ordinateurs peuvent manquer. Un véhicule peut faire défaut. Mais les détresses, elles, ne vieillissent pas et n’attendent pas. Au GUPS, les urgences humaines continuent donc de frapper à la porte.

 Fayçal DRAMANE

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