À l’origine, le kiosque est un petit commerce de proximité. On y vend journaux, boissons, cigarettes ou divers produits de consommation courante. Mais à Cotonou, certains de ces espaces semblent progressivement changer de vocation. Derrière leur apparence ordinaire, ils peuvent désormais servir de points de vente, voire de consommation, de produits psychotropes.
Deux récentes interventions de la Police républicaine illustrent cette évolution. Fin août, un kiosque à Gbégamey avait été investi par les forces de l’ordre, avec à la clé la saisie de plusieurs centaines de comprimés et l’interpellation de cinq personnes.
Le vendredi 11 septembre, au quartier Gbèwa, une nouvelle opération a permis de démanteler un autre kiosque présenté comme un point clandestin de vente et de consommation de produits illicites. Douze personnes ont été interpellées et plusieurs plaquettes de produits psychotropes, communément appelés « Atinkinkouins », ont été saisies.
Ces opérations posent une question au-delà des seules saisies : que deviennent certains kiosques dans les quartiers de Cotonou ?
Quand le commerce de proximité change de visage
Facilement accessibles et implantés au cœur des espaces de vie, ces petits commerces constituent des points de proximité appréciés des populations. Cette accessibilité peut toutefois devenir une faille lorsque le kiosque est détourné de sa fonction première pour servir à la distribution de substances illicites.
Le phénomène est d’autant plus préoccupant lorsque ces espaces deviennent également des lieux de consommation. Le risque ne concerne alors plus seulement le commerce clandestin, mais aussi l’exposition des jeunes à des produits psychotropes dont l’usage peut avoir de lourdes conséquences.
Pour autant, le problème n’est pas le kiosque en lui-même. C’est son détournement qui interroge. Ces interventions policières invitent ainsi à renforcer la surveillance de ces points de commerce, sans perdre de vue leur rôle initial dans la vie des quartiers.
D’un simple commerce de proximité à une possible porte d’entrée vers les produits psychotropes, le changement de vocation de certains kiosques mérite désormais une attention particulière.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE

